‹ Les armes à feu portatives, trChapitre 6 sur 133 · CHARRON · texte numérisé non relu

CHARRON

Pondre pour arquebnses

» de chasse

Les charges étaient en outre très-fortes, environ V3 du poids du projectile.

Lorsque l'usage de la poudre fut devenu général, sa préparation devint un privilège des mattres armuriers (Bûchsenmeister) qui recevaient le droit de maîtrise après un certain nombre d'années d'apprentissage et après avoir subi certaines épreuves. Ils entraient alors au service et à la solde de l'État et s'engageaient par contrat à prendre soin de l'artillerie, tant en temps de paix qu'en temps de guerre, à former des apprentis, etc. Plus tard, la fabrication de la poudre devint un monopole des gouvernements.

Malgré tous les essais faits depuis l'invention de la poudre, on n'a trouvé jusqu'à présent aucune force motrice qui puisse la remplacer, ce qui fait que les substances qui entrent dans sa composition (le salpêtre, le soufre et le charbon) sont restées les mêmes.

Les modifications auxquelles on a soumis, soit le dosage des matières premières, soit le mode de fabrication, ont donné des résultats plus ou moins favorables ; les proportions du dosage varient aussi suivant l'usage auquel la poudre est destinée (pour tir ou pour mine).

La poudre de guerre est restée encore aujourd'hui composée à peu près de 75 % de salpêtre, 10 7© de soufre et 15 V© de charbon.

Les progrès mécaniques ont facilité le perfectionnement de la qualité de la poudre en permettant d'obtenir une plus grande régularité de consistance.

Si l'on considère que, déjà quelques siècles après J.-C, on connaissait un mélange de salpêtre, de soufre et de charbon qui produisait une détonation, on voit que la découverte de sa puissance, comme poudre à tirer, est restée à l'état de sommeil pendant près de 1000 ans.

Mais, quel progrès gigantesque présente, — -en revanche — la période qui s'est écoulée du XV"* au XIX"* siècle, depuis que la connaissance de la poudre et de ses effets ont été compris de la population de l'Europe !

La poudre à tirer et les armes à feu sont devenues de puissants leviers de civilisation dans le monde. Les progrès qui ont été faits dans l'art de la guene, par la race européenne, l'ont placée bien avant les autres peuples et les ont forcés à reconnaître sa supériorité. C'est avec l'arme à feu qu'elle a pénétré dans les parties du monde nouvellement découvertes et qu'elle en a conquis avec un succès et une rapidité étonnante les contrées et les habitants, pour les faire jouir des bienfaits de la civilisation.

Les anciens peuples de l'Asie auraient de même été moins disposés à s'associer au mouvement de réforme, qui s'introduisait pai-tout, s'ils n'avaient pas été considérablement surpassés dans le perfectionnement de leurs engins de guerre.

Cette supériorité morale de la race européenne ne se fait pas sentir uniquement dans les grandes actions, mais aussi dans les plus minimes, car nous avons vu les hardis pionniers de la civilisation se rendre partout, comme chasseurs ou comme colons, le fusil au dos, défrichant les forêts vierges, ou cultivant le sol. La poudre n'a pas seulement constaté, à la guerre, ses succès par l'emploi intelligent de sa propriété conduc-

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