ARMES DE HAST
Les armes de hast, usitées à la fin du moyen âge
Fig. 51. — Bâton de Pierre le Cruel.
et durant la Renaissance , ne sont guère, remarquables que par la bizarrerie de leurs contours.
Fig. 52. — 1, E:>toc royal de Gonzalve de Conloue. 2, Épée de don Juan d'Autriche. (Voy. p. 222.)
Voici d'abord trois spécimens du fléau d'armes, qui diffèrent entre eux notablement, et qui appartiennent au Musée d'artillerie. Le n° 7 (p. 251) est une masse sphérique hérissée de cinq pointes, assemblées à un long manche par une chaîne. — L'arme n° 6 est un véritable fléau. Un long manche de bois porte au bout d'une chaîne un bâton bardé de fer, cerclé de viroles d'où sortent dix pointes aiguës. — Dans le n° 1 * le bâton est remplacé par une barre de fer quadrangulaire. — Le n° 2 nous offre un marteau d'arme du quatorzième siècle. Le fer porte un bec de corbin d'un côté, de l'autre un maillet taillé à quatre pointes de diamant, et entre les deux une pointe. — Le n° 5 est l'arme qu'on appelle une corsesque. Elle a été en usage en Italie principalement vers le commencement du seizième siècle. Elle se compose d'un long fer de lance dans la direction du manche, et de deux lames tranchantes et recourbées, placées en fourche des deux côtés de ce fer. Dans l'arme que nous présentons ici, un mécanisme très-simple permet de rabattre les trois lames sur le manche. — Les n 0h 4 et 8 sont des spécimens de fawhards, cette arme terrible, et qui a joui d'une grande réputation au quinzième siècle. On la voit ici (n° 8) à son état simple et primitif, où elle apparaît ce qu'elle est, un fer de faux emmanché au rebours. Elle ne tarda pas à se compliquer et à prendre les aspects les plus divers:
on y ajouta généralement deux pointes (voy. p. 235, n° 1), une à la partie supérieure, et une autre à angle droit sur le dos de la lame. — Voyez, p. 273, n° 1, un fauchard ornementé; c'est un véritable objet d'art dû aux ouvriers italiens du seizième siècle. Parmi les ornements finement gravés ou damasquinés, on distingue les armes du cardinal Borghèse, pape Paul V.
La guisarme et la hallebarde sont ou le même outil ou deux outils bien proches parents. La guisarme portait un fer à double fin: fer de hache sur le côté, fer de lance en prolongement de la douille. (Voy. p. 251, n 0i 12 et 15.) Ajoutez sur l'autre côté, à l'opposite de la hache, un croc, un marteau ou un biseau, ou une autre hache, et vous aurez la hallebarde.
La pertuisane se compose d'un fer de lance large et aigu, garni de deux ailerons à sa base (n°ll).
Mais, il faut le dire, il est souvent difficile en face de certaines armes de décider lequel de ces trois noms de guisarme, de hallebarde et de pertuisane lui convient le mieux.
La figure de la page 235 est une pertuisane ornementée du seizième siècle.
Les Chinois et les Japonais sont bigarres dans toutes leurs armes, ou au moins nous paraissent tels; niais plus encore dans leurs armes de hasl
Fig. 53.— 1, 6, 1, Fléaux d'armes.— % Marteau d'armes.— 3. Hache d'armes. —4, 8, Fauchards.— 5. Corsesque.— 9, Fourche de guerre.— 10, Hallebarde.— il, Pertuisane. — 12, 13, Guisarmes.
que dans leurs épées et leurs sabres, pourtant si singuliers. Le trait commun à toutes les armes de hast chinoises, c'est quelles sont portées sur un manche long et fort, qui doit les rendre pénibles à manier. Jamais le bois de nos pertuisanes, hallebardes, guisarmes, etc., n'a eu de pareilles dimensions. Généralement aussi, ce manche se termine par une rondelle débordante, dans laquelle est implanté le fer de l'arme. Parmi les formes si diverses que les Chinois ont données à ce fer, il en est qui rappellent nos armes ; par exemple, le fauchard (voy. p. 234, n° 7); seulement, ici, la lame a des dimensions relativement exagérées. Mais il y a d'autres formes en plus grand nombre dont on ne trouve pas les analogues chez nous; ainsi, une espèce de cimeterre monté sur une longue hampe et implanté dans une rondelle comme celle dont nous parlions tout à l'heure (n° 1). A la place du cimeterre, il y a, dans une autre arme (n° 8), une très-longue épée, large au talon et progressivement rétrécie vers la pointe, comme les glaives du onzième siècle, mais avec de bien plus grandes proportions, ainsi qu'il convient à une arme chinoise ; ailleurs , c'est une fourche de fer aux branches largement courbées et écartées, avec une pointe entre deux terminant la hampe (n° 6) ; ailleurs des croissants tranchants, dont la convexité est tournée tantôt en dedans, tantôt en dehors (n° 3).
L'arme qui offre cette dernière disposition a l'air d'un grand rasoir curviligne. On s'explique mal sa
Fi". 54.— Armes chinoises.
destination, à moins qu'elle ne serve à trancher les jarrets des chevaux.
Fijy. 55. — 1, Fauchard (voy. p. 250). — % Perluisane ornementée.