‹ Les armes et le duelChapitre 117 sur 219 · nÉFU'.XIONS Sl'R lks armes · texte numérisé non relu

nÉFU'.XIONS Sl'R lks armes

relise iemlance ; lieiireux ceux qui s'aperçoivent à leur début que cette fatale manière de faire des armes est en dehors do tout principe et enlève toute sécurité !

Un maître prudent indique les dangers de cette faute, et lorsqu’il fait travailler les redoublements, il a le soin de jirévonir l’élève que c’est dans le but unique de donner de la vitesse ii son liras.

Nous avons déjà dit cpie les hauteurs d’épée étaient relatives ; donc, il no faudrait pas redoubler avec une grande élévation de main sur celui qui aurait paré tierce ou quarte un peu bas, par la raison que vous laisseriez l’épée ennemie sous la vètre, ce <]ui serait un danger réel pour vous ; à plus forte raison si l’on a paré bas, seconde ou demi-cercle.

Il arrive que l’on juge d’avance qu’on pourra faire un redouhlement . Ouelquefois on en doute , alors on attend le moment favorable, qui est l’exagération d’une parade de l’ennemi sans riposte.

La remise ne doit (comme le redoublement) s’entreprendre que lorsqu’on a acquis la certitude que la riposte sera lente ou ne se fera pas. 11 faut savoir encore, alin de la faire avec silreté, quel est le défaut de la parade de celui que vous attaquez. Lorsque vous le connaissez, votre remise peut être bien faite si vous avez le soin d’avoii' une bonne tenue d’épée ; car il s’agit de déplacer celle do son adversaire ou de lui barrer le chemin.

Iji remise ne suppose pas un temps perdu ; celui qui la fait doit, au contraire, agir avec la plus grande vélocité ; car, dans le temps qu’il pcidrait entre son action et l’attaque (remise), il pourrait se faire toucher. 11 faut que la remise

R^FI.EXIONS SIR LKS ARMES, 3i)0

soit si rajiitlo que vous puissiez, comme par uii coup de temps, liarrer le cliemin à l’épée enuemie, dans le cas imprévu d’uuo riposte vive du tac au tac.

Je sais que l’oii fait avec succès dans les assauts des remises eu forme de coups de temps sur celui qui riposte ; cependant je ne conseillerai jamais celte témérité dans uu duel.

La remise, ainsi que le redoublement, peuvent venir quelquefois et heureusement de l’inspiration ; mais ces coups seront toujours plus dans la vérité lorscpi’ils proviendront du calcul et de l’observation scrupuleuse des règles de l'escrime.

Ou est qucbpiefois forcé de se répéter dans un ouvrage qui a pour but principal d’établir do bous principes qui peuvent sauver la vie ; je dirai donc encore : I.a remise se fait toujours par le coup droit. Le redoublement se fait dans la ligne opposée à celle où l’on a tiré.

La remise par une fausse retraite est très-bonne, si on la simule en sentant le fer, avec riulention première de parer la riposte et de ne renieltre l’épée au corps de l’adversaire que lorequ’on voit qu’il n’ose pas riposter.

Dans ce cas de fausse retraite, si l’adversaire dégage dans la ligne opposée à celle dans laquelle vous le tenez, vous pouvez lui prendre uu coup droit couvert au moment do son passage. 11 faut nommer cette action du nom qui lui est propre, c’est un coup de temps; mais il expose beaucoup trop. Il faut conuaîlre ces mouvements, mais ne pas les employer en duel. Ces coups de temps peuvent se comparer h ces mots qu’on apprend dans toutes les langues, mais qu’on ne vou-

300 RÉFLEXIONS SUR LES ARMES

lirait pas répéter en bonne compagnie, car ils compromettraient.

Je ne puis comprendre qu’il y ait des tireurs qui fassent la faute d’attaquerà dessein hors de la ligne du corps, dans l’espoir de placer ensuite une remise. D’autres, étant fendus, simulent des contres pour se les faire tromper et prendre des coups de temps.

Celui qui ne riposte pas s’expose aux redoublements, ainsi que celui qui parc et fait de trop grandes retraites de corps, ce qui ralentit ses ripostes.

Le redoublement ne se fait qu’après une attaque fort décidée, on le place sur rhoinine qui ne rijioste pas ou sur celui qui, en parant, fait une retraite de corps.

Ne tentez jamais de remise sur le tireur qui riposte du tac au tac et avec vitesse; vous lui donnez, en ne vous relevant pas, le temps nécessaire pour que sa riposte vous atteigne.

Avant de tenter une remise, il faut préalablement être convaincu que l’adversaire ne riposte point ou ne riposte pas vite, ou qu’il riposte en perdant un temps ou en quittant la ligne, ou que d’abord il fuit pour rentrer de suite en mesure ; ce dernier cas est plus certain que les autres.

Un bon amateur doit .savoir, avec la méthode, combattre toute espèce de jeux : un de ceux qui sont le plus difficiles à vaincre est celui des remises et des temps incertains. Exemple : on porte un dégagement dans les armes, et l’on gène votre riposte en voulant faire une remise ; évitez-la en parant une seconde fois quarte, ou après la première parade de quarte, croisez l’épée, ou tlanconuade.

RÉFLEXIONS SUR LES ARMES

Page 1