‹ Les armes et le duelChapitre 162 sur 219 · LEÇON · texte numérisé non relu

LEÇON

Les maîtres nourris des faux principes de cette méthode vicieuse ne savent pas donner l’épée, il la présentent et disent : Faites telle parade.

De cet enseignement incorrect, il résulte un état perpétuel de gène. La conséquence de ce manque de savoir est que l’élève s’effrayant de la vue de l’épée qui vient le menacer, est tout à fait inhabile aux parades, en prend une au hasard, et lorsqu’on lui dit trop tard celle qu’il devait (prendre, il n’entend plus, ne voit plus, s’étourdit, perd la tète et se dégoûte justement d'un art qui embarrasse ses idées et paralyse ses mouvements.

L’élève doit être prévenu d’avance, et le mouvement d’épée doit suivre la parole, ainsi que dans l’assaut l’exécution doit suivre la pensée. Tandis qu’avec ce qu’ils nomment audacieusement leur méthode, c'est la pensée qui suit l’action, lorsqu’il y a une pensée. Croyant qu’ils retiendraient mieux en leur parlant le langage du poète, je leur ai dit souvent :

Dans toutes les affaires

La tète doit toujours agir avant le bras.

Elèves eux-mèmes de maîtres sans méthode certaine, ils enseignent et font exécuter avec mollesse ou dureté des coups

ÜEUX METHODES COMPARÉES.

dont ils ignorent la valeur réelle. La position prise par leur écolier n’est jamais modifiée par eux, et, prétendant qu’il ne faut pas contrarier la nature, ils ajoutent : Il est bâti comme celai

Enfin ce qu’ils appellent leur leçon n’est jamais précis, clair ni lucide ; c’est un radotage fatigant et une monotonie qui endorment; tout s’y embrouille dans la plus admirable confusion.

Il faut exécuter les coups avec précision et calcul, sans dureté, sans faiblesse, avec grâce et facilité ; alors on comprendra que ;

Dos coups aisément faits sont rarement aises.

Il faut toujours donner aux élèves une situation normale et leur dire : Dans le cas où vous vous trouvez, pour favoriser telle combinaison il faut tel coup, telle parade et telle riposte ; dans telle circonstance employez telle feinte, car elle trompe infailliblement l’adversaire.

Enfin il faut contrarier souvent l’élève qui veut opposer sa volonté seule aux bons principes, et l’on doit absolument combattre autant que possible les défauts donnés par la nature ; les arts gymnastiques nous prouvent tous les jours que l’on peut arriver à d’heureux succès en ce genre.

PRIME

Ils enseignent à parer prime sur tous les coups et à riposter par un coupé, dont ils ont si mal compris la marche et la ligne, qu’il vient dans les assauts frapper huit fois sur dix la

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tôle OU le corps de l’adversaire, ainsi qu’ou le ferait avec le coupant d’un sabre.

La riposte de prime ainsi faite est inquiétante, en ce sens que les coups que l’on reçoit font grand mal ; mais ils ne sont pas dangereux.

SECONDE

Ils font exécuter très-souvent le coup de seconde, soit dans cette position, soit dans celle d’octave, lorsqu’ils jugent que l’on doit tirer dans les lignes hautes, parce qu’ils s’imaginent qu’au moment où il se baissent et tirent, le coup de l’adversaire passera par-dessus leur tôle.

Si ce coup est manciué, on risque d'avoir la tôte traversée, leur objecte-t-on ; à cela, ils répondent miïvement : On fait ce coup dans les assauts, mais pas en duel.

Cette manière d’enseigner, qui a si peu do rapports avec les armes, doit amener l’élève à dire : Alors vous croyez que j’apprends à faire des armes pour savoir jouer du violon le jour où je devrai me battre î

Tierce, quarte, demi-cercle, toutes les parades enGu sont faites dans les lignes parfaitement inconnues à la raison.

Ils font travailler avec une certaine vanité les parades en pointe volante, ainsi que la risposte qui sc fait en jetant le coup droit de revers et en faisant décrire un cercle quelconque à la pointe de leur épée.

Parer en pointe volante habitue la main à des écarts dangereux. Jeter la main do si loin unit à la justesse.

Pourquoi donc décrire des cercles lorsqu’on peut suivre une ligne droite ?

DEUX METHODES COMPARÉES

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