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(l'honneur et les lois du combat leur défendent d'enfoncer leur arme dans le corps de leur adversaire plus avant ([u’elle n'est entrée dans le bois. L’on n’a pas d’exemple que la loyauté ait jamais été violée, et que l’adresse exlraordinaire de ces boniines ait transgressé les conventions.
» Ces paysans ont encore une autre sorte de duel qui se conroit plus facilement. Chacun des deux combattants tient dans la main droite un de ces redoutables couteaux, et de la gauche saisit fortement le poignet droit de son adversaire ; ainsi chacun s’efforce de détourner le coup (pii le menace et tâche de frapper. Ce duel, qui tient de la nature de la lutte, convient ii d(,>s montagnards, chez les(|uels la force corporelle et l’agilité sont des qualités qui doivent avoir la préémimiiience sur toutes les autres. »
Toujours fidèle au point de vue sous lequel nous envisageons notre travail, nous citerons certains exemples dans le but de chercher à diminuer le duel par les circonstances mêmes (|ui en sont les funestes corollaires, ou dont les solutions le ramènent aux proportions delà houlfonnerie.
Loi s(pic, vers la lin du onzième siècle, l'ermite Pierre lit entendre sa voix puissante et conviait toute la chrétienté à voler il la délivrance des lieux saints, les combats singuliers étaient en laveur. Godefroy de Pouillon, Tancrède, le duc de Normandie, Piichard Coeur-de-lion, Albéric Clément, le premier maréchal de France, et tant d’autres illustres guerriers, se signalèrent par la valeur qu’ils déployèrent dans leurs rencontres isolées avec quelques chefs des infidèles. Mais ces luttes n’ont que peu de ressemblance avec le duel proprement dit. Les joutes courtoi.ses ou sérieuses, aux-
LE DLEL.
(liielles donnait naissance la couluino des tournois, avaient aussi un caractère tout spécial, résultant des idées chevaleresques de l’époque. Le véritable duel était le jugement de Dieu.
Tout le monde a trop présente l’iiisloire du chien de Montdidier, forçant le chevalier Macaire, assassin do son maître, à confesser son crime ; nous n’entrerons dans aucun détail sur ce fait où justice fut rendue et où le combat fut réellement un jugement divin.
Nos anciens rois, malgré le titre de très-chrétiens qu’ils prenaient constamment dans tous leurs actes, encourageaient le duel par leur pré.scnce. Un mot imprudent do Henri 11 ranima la fureur des rencontres particulières, a 11 est bien singulier, dit un jour ce prince, que l’on vienne me demander justice, lorsqu’on porte ii son côté l’épée à l’aide de lat|uello on peut se la faire. » Mais, après le duel de Jarnac et do la Chafaigneraye, Henri regretta cette parole. Sous son règne, en sa présence et devant toute la cour, le capitaine Panier fut tué, au bois de Vincennes, par Honoré d’Albert, seigneur de Luynes.
O fut à l’entrée de la rue des Tournellcs, dit Sainle- Foix (t), où aboutissait alors un des côtés du parc, vis-à-vis lie la Bastille, ijuc Maugiron, Quélus et Livarot se battirent en duel, à cinq heures du matin, le 27 avril 1578, contre d’Eiilragues, Ribérac et Sebomborg. Maugiron et ce deruier, qui n’avaient que dix-huit ans, furent tués raide; Ribérac mourut le lendemain ; Livarot, blessé à la tète, fut six se-
(I) hii^toriquPft sur Taris, t. T, p.