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I.es ouvrages que j’ai lus m’ont fuit faire ces réflexions

508 U BAÏu.N.NErrt.

qui seront appréciées des premiers niailres d’armes de l’armée.

Je ne comprends pas un auteur allirmant qu’il faut avoir le fusil ])laeé horizontalement, les bras al!onp;és et l’arme appuyée sur les cuisses.

11 serait plus juste de tenir l'arme avec les bras ployés, ce qui donne pins de force pour parer et plus d’élasticité pour porter les coups.

On trouve dans le texte placé sous nos yeux ;

Étant en garde, la pointe de la baïonnette doit être placée plus haut (pie la crosse du fusil.

i\ous répondrons :

11 faut toujours placer la pointe de l’arme en face du but que l'on veut frapper ; il y a donc un contre-sens lorsque l’on dit qu’il faut placer la baïonnette dans la figure du cavalier; la tète de celui-ci est à la place la plus éloignée, et par conséquent la plus difiicile à touelu.‘r; il fallait dire cela pour le fantassin seulement.

Une garde ne peut être avantageuse qu’autant qu’elle couvre un des côtt-s du corps, il sera donc toujours mauvais de conseiller le contraire ; il est si facile de comprendre (pie lorsqu’un côté est couvert, on n’a plus que le côté opposé à défendre.

Être en garde, signifiant être couvert du coup que peut vous porter l'adversaire dans la ligne ([uc vous occupez, il es évident (pi’il ne peut exister aucun vide lorsque l'on est exactement en garde.

Les engagements et les feintes suilout n’ayant aucun rappoi t avec les parades, je ne puis comprendre quelle coïuci-

l.A UAÏO.NNKITK. .'lOît

(lence railleur a voulu établir entre ces niouveuieuts eu disant que, lorsqu’on savait engager et feinter,’ on devait savoir jurer parfaitement.

J'ai cherché vainement comment on pouvait faire pour jurer tierce en levant l'arme avec la main gauche sans que le coude quille le corps, et surtout lorsque l’on commande par le même mouvement de frapper celle de l'adversaire pour le repousser ; j’avoue ijue je ne comprends pas cela.

Puisque l’auteur regarde les contres comme une des choses les plus imjiortantes, il aurait di'i dire à rinstructeur de ne pas oublier les contres oppost's ijui se font ainsi ; étant engagé de tierci* , jiarer quarte et le contre de ijuarto, etc.

11 serait impo.ssible, contre un homme à cheval cl armé d’une lance, de prendre jamais l’ofl'ensive.

Si la science n'indique jus (ju’il faut se déranger quand un cheval court sur vous, la jirudence le dit clairement ; il serait donc jilus logique do démontrer siniplcmeut le moyen de résister à l’attaque brusque, eu ne jiarlant pas d’une retraite que le n.aturel crée au moment du danger.

l'u autre ouvrage commence par les feintes ; nuis couiiiienl l’auteur ne sait-il pas qu’à toute arme il ne faut recourir aux feintes ijue lorsqu’on ne peut faire autrement, et qu’ alors tout combat, comme toute démonstration, doit commencer par ce qu’il y a de plus simjde ?

J’ai lu dans un de ces ouvrages sur la baïonnette (et je le garde soigneusement pour le montrer aux incrédules) : « Vous êtes engagé de quarte, l’adversaire vous porte uu coup dans cette ligne, il faut parer prime. » Je ne crois pas qu’il se pré-

51 0 LA uaiu.a.nkiie.

sente jamais un profossenr ou un amateur amiuel il prenne fantaisie de soutenir la possibilité de cette folie.

Il y aurait encore bien des choses à dire, bien des critiijues à faire ; mais je n’ai voulu tjue dire un mot sur cette arme, et jmis je ne me suis pas chargé d’inoculer la science à ces nouveaux et tristes fabricants de leçons de baïonnette. Je garde ces réllexions pour mes élèves on pour les soumettre à ceux qui penseront avec Napoléon que dans les .sciences comme dans les arts il faut des hommes .si)éeiaux.

Dans tout ce que j'ai lu sur la baïonnette, je n’ai absolument rien trouvé de remanpiable, je ne vois pas d’explications, pas de jeu, pas de combats, pas d’enseignement.

Si ceux (pu écrivent de telles méthodes ne savent pas les armes, ils doivent bien rire d’avoir été pris au mot pour professer ; s’ils savent quelque chose, ils doivent dire : Celui qui nous crititpie a raison, il nous rend service. Qu’ils attendent encore, et un jour, peut-être, je me déciderai à publier un examen général et critique de tous les ouvrages faits sur cette arme.

Ce tpie je tenais surtout ii constater, et les hommes sérieux seront de mon avis, c’est ipie l’étude de la baïonnette est d’une importance réelle pour le succès de nos armées, et que l’on n’arrivera à un résultat favorable qu’autant que la formation d’instructeurs pour les régiments aura été faite par des professeurs capables ipii, dans une école ou gymnase, enseigneraient la science des armes d’après les principes basés sur l’expérience et la raison.

Déjà des modifications importiintes ont été faites dans les

LA nvlONSKTIK. ail

régiiiioiits. Des essais oui élé tentés, notaiiiment au 17' de lij,'iie, à Amiens, d'après la méthode de M. le lieutenant Yaltier, auteur d'une théorie des feux de preniiei' rang. (Changeant les positions autrefois prescrites, il est parvenu à faire comprendre que les trois rangs devaient aniver ii présenter un triple dard à hauteur de ceux qui les attaquaient, et à former, par la solidité de la résistance, une redoute vivante bien cliHicile à entamer.

Nos ha'i'omicttes ont arrêté les mameluks d’Egypte, le cavalier d’Ahd-el-Kader n’ose point les all'ronter. Il faut que les Kuropéens trouvent dans la manière dont nous nous en servons une nouvelle marque de notre supériorité militaire.

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