I.RTTItKS \ M. cni'ir.li
Mï Dearest,
Je viens de lire avec iin bien vif plaisir le manuscrit que vous m’avez confié, et vous le renvoie avec mes sincères remerciements.
Vous m’avez rendu un véritable service, car vous m’avez réconcilié avec les ouvrages didactiques. J'ai été, comme tous mes contemporains, la victime de ce que l’on nomme renseignement universitaire, et Dieu sait ipielle indigeste pâture est ce que l'on nomme le Faüii/tmi anivii. Tenez, je m’y laisse encore prendre, et j’écris des mots latins. 11 est vrai ipie j’ai une excuse auprès de vous, j’ai rencontré d’heureuses et savantes citations dignes en nu tnot du livre dans lequel elles sont plaei'-es.
Il y a bien longtenqjs, mon cher maître, (jue j’ai entendu prononcer votre nom pour la première fois, j'étais loin de me douter, on l’an do grâce 18-20, (jue j’aurais le plaisir de me rencontrer vingt-six ans plus tard avec vous, et que ce môme Grisier, dont je prononçais le nom dans uti couplet retraçant la Journée d’un dandy de l’épocpie, était celui que j’aurais un jour à conqilimentcr comme auteur d’un ouvrage aussi sagement pensé qii’élégamment écrit , aussi profond et instructif que plein d’intérêt et do charme.
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.'iSS. I.KTTRKS V R. CHISIKII.
Avant de me trouver léuni à vous, avant d’avoir [lu en pressant avec sympalliie votre main noblement mutilée dans la mienne, ([ui répondit avec tant d’alTection à votre chaleureuse étreinte, j’avais eu encore un souvenir de celui que je ne connaissais ([ue [)ar X Oracle de lu Mode. Un de nos amis communs , riioinme t[ue nous aimons tous deux également, Alexandre Dumas, m’avait rappelé deux fois votre nom, aujourd’hui si glorieux et désormais impérissable, car votre enfant d’adoption, notre bon Eugène, en soutiendra dignement l’éclat, j’en ai lu conviction, et tout Paris partage ma croyance. 11 s’est appliqué, grâce à vos enseignements précieux et de chaque jour, la devise : A'oè/ewe oblige. 11 gardera son cri d’armes.
Alexandre avait publié Pauline el ces fameux Mémoires d'un maître d'armes, que Janin vous reproche toujours d’avoir donnés. J’étais alors au nombre de ces aventureux soldats que le coup d’éventail donné par Hussein-Dey à M. Deval, avait jetés sur la plage africaine. Dans la subdivision d’Orau, la fermeté du général Boyer nous avait procuré quelques loisirs, et loin de la France, nous nous reportions au souvenir du pays en lisant les œuvres de ceux qu’il salue avec orgueil du nom de grands poètes et de grands écrivains.
Vous savez, mon ami, combien j’admire Dumas, vous m’avez vu pour ainsi dire suspendu à ses lèvres, lorsque de sa bouche éloquente découlent ces phrases harmonieuses, ces mots partant du cœur et allant droit à l'ànie ; vous devez donc penser que sous l'ombre du figuier de Barbaiù;, ou sous la tente, je