I.F.TTRKS A M. r.RISIKR
iuliiiirc, üiil voulu contribuer ii sou admission dans le monde, numas, Méry, Roger de Beauvoir, E. de Reauinout, ont mis la main à votre ouvrage : c’est un nmgniilqiie tableau qu’entourent des arabesques d’or.
Courage donc, mou ami ; la plume à la main, vous êtes grand comme à l’épée, comme sur le champ de bataille. J'ose concevoir une espérance, cette distinction si noble et que vous avez si bien méritée, cette croix que le respectable comte Desl'ourncaux demandait pour vous en 1815 au maréchal Davousl sous les murs de Paris assiégé, ce ruban rouge que toute la garde nationale serait heureuse et Gère de vous voir, parce qu’au moment où grondait l’émeute, vous étiez mutilé dans ses rangs, on la donnera peut-être à l’écrivain.
Le Ministre de l’Instruction publique, M. de Salvandy, qui cherche encore sous sa toge l'épée qu’il a portée noblement, se souviendra, en voyant votre nom, que celui {]ue la volonté du roi pourrait, en vertu des lois sur les récompenses décernées par la patrie, appeler demain à siéger parmi les pairs du royaume (1), réalise le mot des anciens : Vir probits dicendi peritiis. Homme probe, habile à bien dire.
(1) M. Grisier, qui a reçu une récompense nationale en venu de la loi du 25 juin tSJ9, se trouve compris dans la catégorie des personnes qui peuvent être élevées A la p.airie. I.a loi du 29 décembre 1831 dit ; Le roi peut choisir parmi les notabilités suivantes
fl ks citoyeni à qui, par une loi et à raison d’éminenls senicfj, aura été uominatiremenl dreernée une réeompense nalionale. (Note de l'Editeur.)
LF.rrRES A M. GRISIEH,
iiSS
Adieu encore ; pardonnez mon bavardage ; niais je suis si bien avec vous, que j’ai peine à vous quitter; cependant le général me rapjielle, je Unis en vous serrant la main.
A vous maintenant et toujours,
Comte li. n’H***.
I'.ourbcvoii>, G décembre.
LETTItES A M. ÜIIISIEII.
Mon cher maître,
Vous souvenez -vous que vous m’avez dit souvent : notre siècle va bien vite ! Je me souviens, moi, de votre air d’étonnement et d’admiration à la vue de ce tourbillon qui emporte hommes et choses, qui élève aux nues pour les engloutir aussitôt dans l’oubli, les découvertes, les inventions, les théories, les systèmes, les couronnes, les républiques. A ces moments j’ai toujours regretté, l’idée est singulière, de ne vous avoir pas vu le jour que la première locomotive détrôna la routinière diligence. C'est ipie vous êtes si jeune que vous avez des étonnements d’enfant. Kt cependant vous avez vu tant de jours qu’il pourrait bien y avoir, derrière cette admiration naïve à la surface, un petit jeu de votre malicieuse bonhomie. 11 me semble ipren disant : notre siècle va bien vite, vous sous-eiitendez un bout de votre pensée ; vous vous arrêtez au moment d’ajouter : va-t-il toujours bien loin?
Grave question, maître. 11 faudrait tous vos souvenirs et toute votre votre (lue expérience pour la résoudre.
C'est pounpioi nous, jeunes gens, prôneurs du temps présent, plus riches, direz-vous peut-être, d’assurance que de science, nous voudrions bien la trancher. Vous nous enseignez mille choses : d'abord à ne pas nous laisser tuer ; l’art non moins jirécieux de tuer les autres le moins possible; comment on sauve, dans les occasions délicates, son honneur et sa dignité, comment on traverse un ruisseau sans se salir.
LKTTIlIiiS A M. UKISIKII.
ÔSHI
Mais vous aurez de bien la peine à faire (pie nous ne soyons pas jeunes.
J'aurais donc bien envie de crier ipie nous allons vite et loin tout ensemble. Que de belles choses trouvées dans notre siècle ! En partant de ce principe ipie pour aller quelque part, il est plus court de marcher que de rester sur sa chaise, vous, grand artiste en logique, vous ne refu.serez par d'admettre qu’il est plus court de prendre l’omnibus que d'aller àpied, il condition... — Savez-vous la définition de romnibus? Une voiture qui vous conduit où vous voulez aller, pourvu que vous vouliez alleroù elle conduit. — Je continue mon raisonnement. Le fiacre vaut mieux ipie l'omnibus, ipiand le cocher n’est pas trop gris. Autre chose : le chemin de fer vaut mieux que la diligence de patriarcale mémoire, et je suis sûr que dans peu d’années, en dépit de votre prudence, malgré les cris que vous poussez au mot de ballon, malgré ceux des aéronautes qui se cassent les jambes, dans peu d’années ce sera bien autre chose ! Pour peu que l’électricité s’en mêle... Mais je ne veux rien inventer.
Voilà, sans compter les canons rayés, les balles explosibles et autres menus agréments, les trouvailles de notre siècle.
Maisinalgré mon envie bien arrêtée d'aller toujours en avant, je suis forcé de reconnaître ipi’il n’est pas que de courir pour arriver. Le lièvre de la fable courut de bonne .sorte; mais la tortue fit mieux ; elle arriva. Et quoi qu’il m’en coûte de me laisser faire la let,-on par le vieux fabuliste, je conviens qu’il a du bon quelquefois.
Je vous avouerai même en confidence quelques tribulations que j’ai essuyées à l’endroit du progrès, et que je suis de-