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L’ART DES ARMES

THEORIE

Si Ti» |tora belliim.

L’art est une révélation, mais l’on peut être initié à ses niyslëres ; en escrime, les principes sont certains ; nos maîtres nous en ont dicté les lois. Ils se résument en peu de mois; les voici :

Juger promptement des moyens intellectuels et physiques de son adversaire, et déterminer l’emploi qu’il sait en faire ;

Se convaincre si c’est un homme de tète, et par suite difficile à émouvoir ;

Pénétrer ses intentions et combattre son jeu ;

Profiter des avantages qu’offre sa garde si elle est irrégulière ;

Savoir reconnaître s’il est pareur ;

Rechercher si sa force et son adresse s’appliquent à la défensive ou à l’offensive ;

Enfin s’il donne au hasard ou si tout ce qu’il fait est calculé et contenu dans l’ordre normal.

L’ordre logique, suivi régulièrement dans la lliéorie, rendra facile la concepliou de ces règles : en les suivant avec méthode, on pourra conquérir une supériorité réelle.

Nous devons ajouter, toutefois, qu’à un grand sang-froid il faut joindre une extrême vitesse pour exécuter les mouvements conçus, heaucoup d’aplomb sur les jambes, et une souplesse qui permette au corps de se développer facilement. Parer sans emportement, et pourtant avoir assez de force et de tenue pour éviter le coup de sou adversaire; feinter avec une vitesse calculée, de manière à ce que, dans les mouvements accélérés, l’épée ne vous expose pas à rencontrer celle de votre antagoniste, <pii aurait cherché à en suivre les mouvements.

Enfin la perfection des armes consiste en cinq qualités nécessaires qui sont insé'parahles, savoir : la connaissance, la justesse, la vitesse, l’œil et la niain.

TEMH i.’CpCe.

Pour tenir avantageusement l’épée, il faut que le pouce soit allongé sur la poignée à .six lignes de distance do la coquille ou garde, l’index sous la partie inférieure de la monture et à même distance que le pouce; le majeur, l’aiinulaire et l’auriculaire end)ra.ssent aussi la poignée et ne doivent jamais la quitter, comme le prétendent plusieurs professeurs.

Lorsqu’on prend une arme pour défendre sa vie, il faut en être maître ; je n’ai jamais pn comprendre que l’oii mit l’index

THÉOKIE.

à une certaine distance du doigt du milieu; toute division de force est nuisible; bkhant un seul doigt, vous perdez la tenue et la pointe tombe. Avec ce vicieux procédé, on ne peut conserver la ligne, et la parade niampie de vigueur.

Toutes ces considérations n’ont ]ias empêché l’école moderne de dire qu’il faut ubandonuer l’index.

I.A même école veut encore qu’on ouvre la main lorsqu’on développe un coup ! Cela n’est pas croyable, mais cela est.

Ou doit éviter l’o-xcès contraire. Serrer son épée constamment avec force, énerve et paralyse la tlexibilité. 11 faut donc avoir l’art de bien maintenir son arme ; mais si l’on exagère la tenue dans un sens quelconque, nous croyons la force préférable.

nr i.A G.cRDi:.

C’est être couvert dans la ligne (pie l'adversaire a prise, c’est-à-dire se maintenir, avec tenue d’épée, dans la direction de son corps.

On doit placer le corps droit, la tête et les épaules bien effacées, les bras flexibles et le long du corps.

La main gauche sur le fourreau de l’épée, les deux talons l’im contre l'autre formant l’éipierre.

On détache la main droite en arrondissant le bras, et on la fait passer devant le corps en la reportant à droite, mais ouverte, et à la hauteur de l’épaule, le bras étendu ; ce mouvement indiipie à l'adversaire ipi’on va mettre l’épée à la main.

On arrondit de nouveau le bras droit du haut en bas, en

portant la main droite sur la poignée, la main gauche sur la lame, et l’on arrondit les deux bras au moins à la hauteur do la tète; là, on laisse le bras giuche dans la position où il se trouve, formant un demi-cercle de l’épaule au bout des doigts, très-effacé et soutenu avec grâce.

Le bras droit se place devant le corps, le coude ployé et rentré en dedans, le pommeau <à la hauteur de la poitrine, la pointe de l’épée bien soutenue par les doigts placés dans la ligne de quarte, vis-à-vis l’œil droit de l’adversaire.

Le talon du pied droit sera à la distance de deux semelles environ (les pieds n’étant pas toujours proportionnés à la taille), et vis-à-vis le talon gauche, les pointes des pieds forment un angle droit, les deux genoux ployés également, le corps bien soutenu dans une ligue perpendiculaire au plan horizontal.

Mêmes observations pour les gauchers.

Être en garde ne veut pas dire seulement avoir les bras ou les jambes ployées, mais bien aussi se couvrir du cêté où se trouve l’épée de l’adversaire.

Il y a deux gardes, celle de quarte et celle de tierce ; on n’occupe jamais que l’une ou l’autre; c’est un tort que de ne pas enseigner à se mettre en garde ii partir des huit positions connues.

La garde de quarte couvre le dedans des armes, celle de tierce couvre le dehoi's.

La garde défensive doit être la première, la garde offensive ne doit passer qu’ après.

Les hommes d’une petite taille doivent avoir la garde trèshaute, à la hauteur de leur cou.

THËORIK.

Ceux d’une taille ordinaire doivent la placer un peu audessus du milieu du buste.

Les hommes d’une grande taille doivent la prendre au milieu du buste.

Bien qu’on ait dO prendre une garde selon sa taille, il faut savoir la varier, car il y aurait un danger réel à no pas régler sa hauteur de garde sur celle de son adversaire.

Ces règles appellent, en raison de la conformation différente des élèves, quelques modifications. Aussi en effaçant le corps, le buste, un peu en arrière, donne plus de grâce, mais fait présenter le bas-ventre, ce qui est fort dangereux. La position inverse expose à des coups moins meurtriers. Elle ne gène en rien les parades ni les attaques, et ne peut nuire au jugement, ainsi que le pensait, chose incroyable, un maître étranger dont j’ai l’ouvrage sous les yeux.

Je n’admettrai jamais l’aphorisme : il ne faut pas contrarier les indications de la nature; car les arts ont certaines exigences qui peuvent singulièrement modifier les habitudes corporelles ou les tendances de l’esprit. Devrait-on, en escrime, laisser agira leur gré, ou suivant leur conformation, ceux qui se montrent prédisposés à courir sans réflexion ou à parer sans utilité, à ne pas garder la position effacée, à se tenir la poitrine rentrée ou à quitter les lignes, etc. î Certainement non, car souffrir ces infractions aux principes, c’est ne pas gêner leur tendance à mal faire, c’est se rendre complice des fautes inévitables qui en résulteraient.

COROF I.AIRES DK LA GARDE.

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