RÉSUMÉ ET FIN ))E L.\ LEÇON
Je crois devoir terminer ici cette leçon écrite avec mes souvenirs et mon expérience ; mais le public comprendra facilement que, dans la position que l'on a voulu faire aux professeurs d'escrime, nous avons dû conserver aussi quelques-uns des secrets de notre enseignement, puisque nous sommes entourés d'une concurrence souvent pernicieuse, non-seulement pour nous qui pourrions la souffrir, mais pour les élèves.
Analyser une leçon entière avec toutes les combinaisons qu'elle peut présenter, remplirait un volume, et nous conduirait à tomber dans les défauts que nous avons reprochés nous-mêmes à certains ouvrages du genre de celui que nous écrivons aujourd'hui.
Nous avons insisté sur l'harmonie complète qui devait exister entre les mouvements du maître et ceux de l'élève, nous avons appelé l'attention du maître sur le besoin continuel de parler à l'intelligence de son écolier.
392 HÉFLEXIONS SLR LES AUMKS.
Mais pour qu'une leçon soit profitable , il y a encore une exigence à laquelle le véritable professeur doit obéir; c'est un sacrifice bien entendu de Tamour-propre, c'est une abnégation momentanée de la satisfaction (jue peut éprouver le fort tireur. Certes , je n'admettrai pas qu'un maître doive laisser prendre sur lui un avantage trop marqué ; mais je ne voudrais pas qu'on se laissât influencer dans le clioix d'un professeur dont le mérite consisterait seulement dans une exécution brillante et rapide. C'est à la leçon et d'après les résultats des élèves que l'on doit juger celui qui enseigne; c'est se fourvoyer que de prendre un guide d'après un assaut dont la vivacité a fait tous les frais.
Ce conseil, dicté par la prudence, se trouve résumé dans les paroles de l'illustre M. de la Boëssière à son disciple Saint- Georges :
— Vous touchez, lui disait-il quelquefois, parce que vous ave/ 1(^ dt'partdi' la niaiii d'untî vilesso extraonlinuire, mais votn^ coup est très-mal fait. — Saiut-Ceorges, reconnaissant la vérité de rohservalioii de son niaîtn), parvint, en suivant ses doctes avis, à cciU) pertèclion id(''ale ([ui, malgré certaines prétentions, no pourra jamais être cgali'C.
Puissent mes lecteurs, mes (Hèves et surtout mes confrères voir dans les pi'inci|)es (jue j'ai exposi's le dt''S!r(|ui nf a conslanunent animé, cehii d'être utile et de reproduire les lerons qut; je suis Ikmuvux d'avoir reçues et tpie je veux transm(»ttrc à celui ([ue mon aiïection appelle à me seconder et i\ continuer un jour l'crnvre ({U(^ j'ai conunenc(''e.