‹ Les armes et le duel, ouvrage agrééChapitre 15 sur 197 · L'ART DES ARMES · texte numérisé non relu

L'ART DES ARMES

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L'art est une révélation, mais Ton peut être initié à ses rayslères ; en escrime, les principes sont certains ; nos maîtres nous en ont dicté les lois. Ils se résument en peu de mois ; les voici :

Juger promptement des moyens intellectuels et physiques de son adversaire, et déterminer l'emploi qu'il sait en faire ;

Se convaincre si c'est un homme de tête, et par suite difficile à émouvoir ;

Pénétrer ses intentions et combattre son jeu ;

Profiter des avantages qu'offre sa garde si elle est irrégulière ;

Savoir reconnaître s'il est pareur ;

Rechercher si sa force et son adresse s'appliquent à la défensive ou à l'offensive ;

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Enfin s'il donne au hasard ou si tout ce qu'il fait est calculé et contenu dans Tordre normal.

L'ordre logique, suivi régulièrement dans la théorie, rendra facile la conception de ces règles : en les suiyant avec méthode, on pourra conquérir une supériorité réelle.

Nous devons ajouter, toutefois, qu'à un grand sang-froid il^t joindre une extrême vitesse pour exécuter les mouvements conçus, beaucoup d'aplomb sur les jambes, et une souplesse qui permette au corps de se développer facilement. Parer sans emportement, et pourtant avoir assez de force et de tenue pour éviter le coup de son adversaire ; feinter avec une vitesse calculée, de manière à ce que, dans les mouvements accélérés, l'épée ne vous expose pas à rencontrer celle de votre antagoniste, qui aurait cherché à en suivre les mouvements.

Enfin la perfection des armes consiste en cinq qualités nécessaires qui sont inséparables, savoir : la connaissance, la justesse, la vitesse, l'œil et la main.

TENIR l'épée.

Pour tenir avantageusement l'épée, il faut que le pouce soit allongé sur la poignée à six lignes de distance de la coquille ou garde, l'index sous la partie inférieure de la monture et à môme distance que le pouce ; le majeur, l'annulaire et l'auriculaire embrassent aussi la poignée et ne doivent jamais la quitter, comme le prétendent plusieurs professeurs.

Lorsqu'on prend une arme pour défendre sa vie, il faut en être maître ; je n'ai jamais pu comprendre que Ton mît l'indei

à une certaine distance du doigt du milieu; toute division de force est nuisible ; lâchant un seul doigt, vous perdez la tenue , et la pointe tombe. Avec ce vicieux procédé, on ne peut conserver la ligne, et la parade manque de vigueur.

Toutes ces considérations n'ont pas empêché l'école moderne de dire qu'il faut abandonner l'index.

La même école veut encore qu'on ouvre la main lorsiHÉ^on développe un coup ! Cela n'est pas croyable, mais cela est.

On doit éviter l'excès contraire. Serrer son épée constamment avec force, énerve et paralyse la flexibilité. 11 faut donc avoir l'art de bien maintenir son arme ; mais si l'on exagère la tenue dans un sens quelconque, nous croyons la force préférable.

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