‹ Les armes et le duel, ouvrage agrééChapitre 16 sur 197 · DE LA GARDE · texte numérisé non relu

DE LA GARDE

C'est être couvert dans la ligne que l'adversaire a prise, c'est-à-dire se maintenir, avec tenue d'épée, dans la direction de son corps.

On doit placer le corps droit, la tète et les épaules bien effacées, les bras flexibles et le loncf du corps.

La main gauche sur le fourreau de l'épée, les deux talons l'un contre l'autre formant l'équerre.

On détache la main droite en arrondissant le bras, et on la fait passer devant le corps en la reportant à droite, mais ouverte, et à la hauteur de l'épaule, le bras étendu ; ce mouvement indique à l'adversaire qu'on va mettre l'épée à la main.

On arrondit de nouveau le braS droit du haut en bas, en

portant la main droite sur la poignée, la main gauche sur la lame, et l'on arrondit.les deux bras au moins h la hauteur de la tête; là, on laisse le bras guiche dans la position où il se trouve, formant un demi-cercle de l'épaule au bout des doigls, très-effacé et soutenu avec grâce-

Le bras droit se place devant le corps ^ le coude ployé et reilifé en dedans, le pommeau à la hauteur de la poitrine, la pointe de Tépée bien soutenue par les doigts placés dans la ligne de quarte, vis-à-vis l'œil droit de l'adversaire.

Le talon du pied droit sera à la distance de deux semelles environ (les pieds n'étant pas toujours proportionnés à la taille), et vis-à-vis le talon gauche, les pointes des pieds forment un angle droit, les deux genoux ployés également, le corps bien soutenu dans une ligne perpendiculaire au plan horizontal.

Mômes observations pour les gauchers.

Être en garde ne veut pas dire seulement avoir les bras ou les jambes ployées, mais bien aussi se couvrir du côté où se trouve l'épée de l'adversaire.

Il y a deux gardes, celle de quarte et celle de tierce ; on n'occupe jamais que l'une ou l'autre; c'est un tort que de ne pas enseigner à se mettre en garde à partir des huit positions connues.

La garde de quarte couvre le dedans des armes, celle de tierce couvre le dehors.

La garde défensive doit être la première, la garde offensive ne doit passer qu'après.

Les hommes d'une petite taille doivent avoir la garde trèshaute, à la hauteur de lew cou.

Ceux d'une taille ordinaire doivent la placer un peu audessus du milieu du buste.

Les hommes d'une grande taille doivent la prendre au milieu du buste.

Bien qu'on ait dû prendre une garde selon sa taille, il faut savoir la varier, car il y aurait un danger réel à ne pas régler sa hauteur de garde sur celle de son adversaire. -14

Ces règles appellent, en raison de la conformation différente des élèves, quelques modifications. Aussi en effaçant le corps, le buste, un peu en arrière, donne plus de grâce, mais fait présenter le bas-ventre, ce qui est fort dangereux. La position inverse expose à des coups moins meurtriers. Elle ne gène en rien les parades ni les attaques, et ne peut nuire au jugement, ainsi que le pensait, chose incroyable, un matlre étranger dont j'ai l'ouvrage sous les yeux.

Je n'admettrai jamais l'aphorisme : il ne faut pas contrarier les indications de la nature; car les arts ont certaines exigences qui peuvent singulièrement modifier les habitudes corporelles ou les tendances de l'esprit. Devrait-on, en escrime, laisser agira leur gré, ou suivant leur conformation, ceux qui se montrent prédisposés à courir sans réflexion ou à parer sans utiUté, à ne pas garder la position effacée, à se tenir la poitrine rentrée ou à quitter les lignes, etc. ? Certainement non, car souffrir ces infractions aux principes, c'est ne pas gêner leur tendance à mal faire, c'est se rendre- complice des fautes inévitables qui en résulteraient.

COROrXAlRES DE U GARDE.

ÏM FORT ET IM FAIBI^

Le fort est la partie de Tanne la plus rapprochée de la monture. — Le faible est la partie qui en esl la plqs éloH

Opposer sans cesse le fort de son épée au faible de celle de Tennemi est un des secrets de l'art des aroies; il est certain qu'alors on exerce une puissance continuelle, car, dans aucun cas, le faible ne peut lutter contre le fort : c'est pour cela que je recommande sans cesse de placer dans les lignes hautes le poignet un peu au-dessus de celui.de l'adversaire, afin de dominer son épée.

Pour les lignes basses, je conseille d'avoir le poignet plus bas que celui de l'adversaire, par cette même raison qu'il faut toujours placer le fort de Tépée dans la position la plus avantageuse.

11 est bien entendu que tous ces conseils s'adressent à celui qui veut faire des armes dans les bons principes, car comment pouvoir agir ainsi sur des ferrailleurs qui, dans leur manière de tirer, exagèrent toutes les positions de la main ?

Page 1