‹ Les armoiries de la ville de Paris: sceaux, emblèmes, couleurs, devises, livrées e céroemonies publiques (volume 2)Chapitre 38 sur 157 · ARC TRIOMPHAL DU PONT NOTRE-DAME · texte numérisé non relu

ARC TRIOMPHAL DU PONT NOTRE-DAME

Au dessus de la corniclie ([ui regnoit par dessus le berceau el voullc de ce dict arc

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osloil mifj grand iiaviic d'argent, soubz laquelle se voyoit une rivière, a costé duquel navire, (|ui rcpresentoit non seulleinent la Ville de Paris, mais aussy tout le Royaulme de France (d'atiltant que la dicte ville est l'exemple auquel tous les autres se mirent), estoient les jumeaux Dioscures, qui sont les figures de Castor et Pollux, ressemblant de visaige au Koy et Monseigneur, faictes d'or et ayans chacun une estoille d'or sur leurs testes, iesquelz sousfcnoient ce navire comme l'ayant saulvé d'une grande tempeste et orage.

Kl lui cesto représentation prinse sur ce que Castor et Pollux sont estoilles de très heureuse rencontre, et certain presaige de temps calme quand ils apparoissent aux mariniers au plus fort de la tempeste. Aussv la pi'esence de ces deux grands princes frères nous signillie non seullement la salvalion du naufrage, mais toute asseurance de repos et trauquililé a l'advenir.

Au dessoubz duquel navire, en la table d'attente cy dessus specilfiée, estoit escripi :

Puisque ces astres clairs Dioscures nous sont Apparuz en ce lieu après si grand orage, Geste nef et les siens doresnavant pourront Voguer libres partout sans ci'ainte du naui'rage.

et a costé, dessoubz la figure de Castor :

Nobiliuni Castor quondani nioderator equoruni , Nuncque ratum gravis liœc quo salva régente carina.

et a l'aullre costé, dessoubz Pollux :

Duni geniinus geniino slabit cum Castore Pollux, Non metuit sœvas ratis hœc jaclala procellas.

Quand le navire, enseigne de Paris (France et Paris n'est qu'une mesme chose), Estoit de ventz et de vagues enclose Comme ung vaisseau de l'oraige surpris,

Le Roy, Monsieur, Dioscures espritz.

Frères et filz du Ciel, qui tout dispose. Sont apparuz a la mer qui repose Et la navii-e ont saulvé d.3 perilz.

De Juppiter les deux entTans jumeaux Ne sont la liault ny si clairs ne si beaux; Jamais Argon ne fut si bien guydée.

Autres Thypliis, autres Jasons encor

Amèneront la riche Toyson d'or

En nostre France , et non poinct de Medée. «

(Arcii. naliotiiilos, Rpgislrc du Biiri'aii fie In \illi'. Il 171^6, fol. i.'Sa.)

h'i LES ARMOIRIES DE PARIS.

(Voir loine I, pag-e 71, note 1.) BAA'QIET OFFERT À lA REINE À L'HOTEL DE VILLE LE 3o MARS iByi.

Doscriptton de la salle de rEvesclié, peinte cl accommodée par l'ordre et aux dépens de Messieurs de la Ville , ou la Reyne dina a la prière de Messieurs de la Ville.

Arrivée en ce lieu, (la Reine) se mist, et Ions ceiilx de sa suite, a contempler les singularitez d'icelle salle, en laquelle, oultre i'exellence de la tapisserie a personnages faicts de soye rehaulsée d'or et d'argent dont elle estoit tendue partout, y avoit une frize au dessus de six piedz de large, en laquelle estoient dix neuf tableaux spatiéz esgallement entre les pilliers en forme de termes soustenans le plat fond de ceste salle, lequel estoit d'une fine toille blanche de lin sur compartiment de feuilles de liarre en quadrature, enrichiz d'or cliquant, parmy lesquelz estoient plusieurs rozaces d'or eslevées, chiffres, devises et armoiries, tant de la dicte Dame que de la Ville.

En ce plat fond estoient aussi cinq grands tableaux deppendans des dix neuf cy dessus mentionnés, qui sont en tout vingt quatre, contenant une fort belle histoire non auparavant veue ne mise en lumière , laquelle fut extraicte du livre de Nonus, poète grec, dont la conclusion estoit comprise en ces cinq derniers tableaux, desquels le plus grand estoit au milieu, auquel estoit dépeint ung grand navire dans lequel Cadmus , représentant ung Roy ou Prince du ])euj)le, estoit avec son espouse Harmonie, qui est la Paix, gouvernant quatre autres navires par lesquels les quatre estalz estoient représentez mis es quatre coings du dict plat fond, tous cinq llottans en mer, apparoissant au naturel en ce hault qui donnoil fort bonne grâce et contentement a l'œil d'ung chacun , et atlachéz a quatre chaines qui deppendoient du grand navire susdict, l'une d'or, l'autre d'argent, une autre de cuivre et l'autre de plomb. A quoy sa Majesté et ceulx de sa suitte s'arresterent longuement, car, oultre la beauté du subject de ceste histoire qui fut trouvée bien a propos, ces tableaux avoient esté faictz par le premier peintre de l'Europpe'", de sorte que par la diversité d'iceulx on ne se pouvoit soulier de les regarder, ce cjui meritoit bien un livre a part; mais, pour n'ennuyer le lecteur, sont seulleinent icy rapportéz les distiques de chacun tableau faictz par Jehan Dorât, poète du Roy, duquel est cy devant faict mention

Et quant aux cinq navires flottons en mer dedans le plat fond estoit un plus grand estant au milieu.

Le peintre dont il est question est Nicolas Labhé, peintre du Roi. Nicolas et son fils Camille passèrent un marché avec le Prévôt des Marchands et les Echevins pour les travaux de peinture de cette salle, le lundi 8 janvier iSyi. (Heg-. II 1786, fol. 92 , Arcli. nationales.) — Le chroniqueur de l'Hôtel de Ville de Paris oublie, dans son enthousiasme, en l'appelant le premier peintre de l'Europe, que le Tintoret, le Titien et Paul Ve'ronèse vivaient alors.

Le 98 septembre 1570, Ronsard et Dorât, rr poêles François très doctes et excellens es langues ff grecque, latine et Françoise , -n s'étaient engagés , par contract passé avec rr Messieurs de la Ville, pour rrla composition des vers, ordonnance et devis de la f perspective, sculpture et peinture, dont ils dévoient rf s'acquitter avantageusement lors de l'entrée du roy rr Charles Neuf et d'Elisabeth d'Autriche." (Reg. H 1786, Fol. 7^, Arch. nationales.)

L'UN DES ENFANTS D'HONNEUR DE LA VILLE DE PARIS . à l'entrée Solennelle du roi Charles IX. (1571)

(Reproduction d une gravure contemporain-e ).

APPENDICES. lif>

Au premier estoient ces vers :

Duni tecum, Altitonans, Juiio formnsa quiescit, Fulmen Amorve Jovi clam sun ipit, amie Typhœus?

Dii metuunt sua lela (imenda Giganlibiis olim , Nec celiim sed terra tonat, stellis sola pugnanl.

Consultant Superi, placet hœc sententia tandem : Furacein Cilicem furalior opprimât arcus.

Gadme, relinque ratem, pastoria sibila finge; Fas superare dolo quem vis non vincit aperta.

Incautam volucrem sic cautus deripit auceps, Fistula fulminibus potitur, pastorque Gigante.

Plaudite pastori qui vicit fraude Typhœum; Plaudile iMercurio qui fmium a fure recepit.

Redduntur sua tela Jovi; servare mémento Tela , pater , ne niox subeas graviora pericla .

Excussus somno, quœril cum fulmine furem Mercurium Cadmus , nebulœ sed servat amictu.

Frustralus vanas exercet barbarus iras;

Vastat agros ciliées, nyniphas fugat arva colentes.

Advocat auxilio socios ad bclla (Jigantes; Immanes coeunt fratres, diis bella parantur.

Monlibus ingesli montes ad sidora surgunl; Tela trabes lïunt, et monlibus eruta saxa.

Semiferi invadunt coeluni; Irepidantia reiro Sidera diiïugiunt; it saxeus imber in altum.

JupiliT ollciisiis (lign;is Jove concipit iras; l|»?e sua vicUis tiinmlalur inole Typhœus.

Ecce Jovi Siiperi leclum pseaiia caneiiles Victori diiciuit, cœlo plaudente, triunipluim.

JaiH Nyraphœ el Satyri saltant; jain pasciia sallii El segeles gaiulent , pulso terrore Typli.x'i.

ÎNavigat in Tliraceni Cadiiius; caducifer adslal, Et Pito Harnionia ihalaiimm pe(it arle faveiiteni.

Apparent arces Thracis donnis Eniatiiionis, Electi'teque liospes Cadnius venit et gêner iliit.

Est opus arle deœ Veneris Suadaeque favore, Nobilis Harmoniae vir ut ignotus sit et hospes.

Eesla celebrantur connubia, Juppiler adstat; Musa canit. diis terra frequens est alter Olympus.

(Jiialuor una régit navis slans iirmn per illas : (loncordeni Harmomani vebit ors qua provida (lad'iii.

A celin ou osloit represcnlée la Religion:

Hœc Sejuelen vebit et Baccbum Jovis igne creafnni. Rebgiosa cobors sacra cui sunl orgia curœ.

A celiiv ou cstoit représentée la Justice:

Pentbeus bac vebitur Siiperuin vindex et Agave, Vindex justiciœ quœ nec sua pignora novit.

A rnnlrc ou estoit représentée la Noblesse:

Hœc vebit Autonoen agitatorenique ferarum, Acteona notât quœ nobilis ordinis arma.

Kt ;i l'autre représentant la Marchandise :

Uac Inno vebitur maris et cui cura Palœmou

Quae niercatorum est vaga per maris œquora lurba.

(Arch. nationales, Registre du Bureau fie la \ illo. Il 1 ySfi, fol. ifii.)

PRÉSENT D'ORFEVRERIE

OFFERT AU ROI CHARLES IX PAR LA VILLE DE PARIS, a l'occasion de son eiiti'e''c Solennelle^ ( I B 74 ).

( Reprodu jlion d av\e gravure coi-\tempûPain el

(Voir tome I, pajc 71, note t.)

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