‹ Les armoiries de la ville de Paris: sceaux, emblèmes, couleurs, devises, livrées e céroemonies publiquesChapitre 32 sur 107 · ÉMAUX ET ORNEMENTS EXTÉRIEURS DES ARMOIRIES DE PARIS · texte numérisé non relu

ÉMAUX ET ORNEMENTS EXTÉRIEURS DES ARMOIRIES DE PARIS

SoMMAiRK. — Flmaux des armoiries de Paris. — Origine du champ de gueules de ces armoiries. — Les bannières paroissiales deviennent les bannières des communes. — La couleur de la bannière paroissiale est déterminée par la nature du saint patron. — Milices communales. — Milice communale parisienne. — Bannière parisienne au signe de la Ville. — Forme de la bannière de Paris ou étendard. — Blason des armoiries de Paris. — Enregistrement des armoiries de Paris à i'Armorial général de France. — Conséquences des variétés de forme des armoiries de Paris. — Ornements extérieurs des armoiries de Paris. — Couronne. — Supports ou tenants. — Emplois divers de ces armoiries.

Les émaux ou couleurs et métaux des différentes pièces qui composent les armoiries de Paris n'étaient point indiqués sur le sceau communal de cette ville. On sait, en effet, que la gravure et la sculpture n'ont commencé que dans les premières années du xvn^ siècle ^" à exprimer les couleurs et les métaux des diverses pièces meublant les écussons, pièces dont auparavant elles ne donnaient que le dessin ou la forme extérieure. Mais ces émaux paraissaient sur la bannière de la

Christophe Butkens , né à Anvers , religieux de l'ordre des Cîteaux, abbé de Saint-Sauveur, et mort en i65o , est le premier qui se soit servi de traits ou hachures , dirigés en certains sens ou combinés entre eux de certaine façon, poiu' représenter dans les armoiries for, l'argent, les gueules ou le rouge, l'azur ou le bleu céleste, le sable ou le noir, le sinople ou le vert, et le pourpre.

L exempie qu'il en donna , dans son ouvrage intitulé Annales généalogiques de la famille de Lyndeu, in-folio, imprimé à Anvers, en 1696 , ne tarda pas à être imité par les auteurs de son temps , et l'usage aussi simple qu'utile de ce procédé fut bientôt universellement adopté.

Il y a donc seulement un peu plus de deux siècles qu'on distingue les émaux par la direction des traits de la gravure. On se servait auparavant, dans le même dessein, des lettres initiales du nom de chaque couleur qu'on plaçait sur le champ et sur

les pièces de l écu, suivant l'indication du blason des armes. Cette heureuse innovalion fit en son temps beaucoup de bruit dans le monde héraldique, et Vulson de la Colombière essaya . mais en vain . d'en rapporter fhonneur au P. Petra-Santa.

On voit, par ia collection des sceaux placés dans le chapitre précédent, que ces hachures conventionnelles se trouvent seulement sur celui qui était en usage en 1789. Elles existent peut-être aussi sur les sceaux matrices de 1783 et de 173/1. Mais les empreintes dont nous donnons le dessin, p. 70. manquent de netteté, surtout dans les fonds, ainsi que toutes celles qui ont été obtenues de la même manière. Le mode de sceller assez fréquemment en usage à cette époque consistait h appliquer le sceau . non pas directement sur la cire, mais sur un petit papier qui la recouvrait. Nous nous sommes donc abstenu, dans le doute, d indiquer les hachures sur le dessin de ces deux empreintes.

Ville, sur les tapisseries et sur les ouvrages de décoration, où la peinture et la broderie pouvaient les reproduire.

Le champ des armes est de gueules, c'est-à-dire rouge, et le navire, dans toutes ses parties, corps, mâture, voilure, flamme et pavillon, est d'argent, ainsi que les ondes qui le portent. Assigner une origine incontestable au choix de ces couleurs, fixer la date de leur apparition, sen)ble une chose impossible.

On peut, il est vrai, être certain qu'avant l'adoption du chef de France le champ était déjà rouge, car les lois du blason interdisent de placer couleur sur couleur ou métal sur métal. Paris ayant donc dans son écu d'armes un chef d'azur semé de fleurs de lys d'or, on ne lui aurait point donné un champ de gueules, à moins d'une forte raison, qui alors serait connue et ferait de ces armoiries ce qu'on appelle des armes fausses ou à enquerre'^^\ tandis que l'inverse a pu avoir lieu. La règle est également violée; mais alors il y a force majeure, et, dans tous les cas semblables, naturellement assez nombreux, où il s'agit de patronage, le fait s'indique par le mot cousu. Ainsi, au lieu de dire simplement rr de gueules au chef d'azur, t on dira crde gueules au chef cousu d'azur,

Pour les villes, le champ des armoiries indique généralement la couleur de la bannière communale, de même que, chez les chevaliers, les écuyers bannerets et les bacheliers, il rappelle celle de leurs bannières et pennons. Les anciens héraldistes, qui tous donnaient aux émaux du blason une signification morale, ne seraient point restés silencieux devant la bannière rouge des Parisiens, s'ils avaient eu à expliquer cette couleur. Il leur eût suflit pour cela d'appliquer une règle établie par la plupart d'entre eux et formulée en ces termes par Hiérosme de Bara ^', dans son ouvrage intitulé Le Blason des Armoiries : cr Par loys expresses "il estoit ordonné des anciens que nul ne portoit de gueules en ses armes, frs'il n'estoit prince ou noble, ou par eux permis et octroyé. En blason d'armes, cfil signifie charité, et est pour marque de hautesse, magnanimité, vaillance et rr hardiesse, n

Ils en auraient conclu, suivant en cela la méthode des auteurs dont nous avons rejeté les ridicules inventions, que la Ville de Paris a une bannière rouge, ou un champ de gueules dans ses armes, parce qu'elle est comme une reine au milieu des autres villes , et qu'elle possède toutes les qualités dont cette couleur est l'écla-

C'esl-à-dire à la vue desquelles il faut s'en- Le Blason des Armoiries, par Hiérosme de

quérir de l'origine de la faute héraldique qu'elle Bara, in-4°, Paris, i58o, et in-fol. Paris, 1628. présente. Elle est ordinairement honorable.

(aiil eiiiblèiïie. Ils aurai(;nl ajouté (jiie le vaisseau d'argent indique sa richesse, sa beauté, sa fidélité, sa pureté, et lui promet la victoire, cai', selon de Bara. l'argent signifie tout cela. Les vei's suivants, écrits il y a trois siècles, prouvent combien est vraie notre conjecture :

Le cliel' d'azur de fleurs de lys seuid Montre Paris estre ville royale; La nef d'argent dans un champ enflammé Note qu'elle est des autres capitale'''.

Gilles Corrozet^^*, auteur de ces vers, aurait admis sans doute l'explication hélaldique que nous venons d'émettre sur les émaux de l'écusson de Paris, en suivantles errements deFavyn, de Vulson de la Colombière , de Paillot, d'EIopingus, (In P. de Varennes, etc. etc. Et pourrait-on s'étonner si, découvrant un jour un exemplaire d'une édition inconnue jusqu'alors de ce dernier, on l'y voyait s'écrier, en apostrophant la bannière parisienne avec cet enthousiasme dont nous avons plus haut donné un curieux exemple : rr Pourquoi ne maintiendrions-nous pas que, rr])our marcpie d'une si grande prospérité, le rouge et le blanc vous sont bien

rr dus ? T)

Mais malheureusement, en suivant les explications de notre héraut d'armes, toutes les autres couleurs nous donneraient, à peu de chose près, le même résultat; de sorte que si, au lieu du rouge et de l'argent, nous eussions eu sous les yeux du bleu (azur), du vert (sinople), de l'or, du pourpre ou du noir (sable), nos éloges symboliques eussent pu être tout aussi vifs. Rejetons donc toutes ces puérilités; n'essayons point non plus de rattacher, à cause de la similitude de la couleur, l'origine de la bannière de Paris à celle de l'Oriflamme; et, puisque nous sommes réduits, par le manque absolu de documents, à former des conjectures, cherchons à nous rapprocher le plus possible de la vérité historique.

En même temps que disparurent ou s'amoindrirent les municipalités établies sous la domination romaine, on vit en France se former peu à peu les paroisses, circonscriptions ecclésiastiques ayant pour centre, pour chef-lieu, l'église dont le clocher, jetant son appel au-dessus des habitations, réunissait les fidèles nonseulement pour la prière, mais aussi pour toutes les actions communes de la vie religieuse ou civile, pour les fêtes comme pour les deuils publics, pour l'attaque

Appendice VI, n° 5. — Les AiUiqiiitez, Histoire et Singularilez. de Paris, par Gilles Corrozet, édit. i56i,in-i2. — Page 98.

Origine (lu

rtiaïup de gueule? (les

arnuiiries de Paris.

comme pour la défense. C'est du clocher que sortait le signal de paix; cest delà que partait le signal de guerre.

Groupe de population plus ou moins important et formant l'unité collective de la grande famille chrétienne, la paroisse joua le même rôle dans la vie civile et militaire de la France, et fut, jusqu'en 1789, la base de la division territoriale. Chaque paroisse était sous l'invocation de la Vierge ou d'un saint. Les grands centres urbains composés de plusieurs paroisses avaient, outre les patrons particuliers à chacune d'elles, un patron sous la protection duquel ils étaient plus spécialement placés , et qui généralement était celui de la plus ancienne paroisse de la ville.

Les Au moyen âge, époque éminemment chrétienne, tout émanait de la religion,

bannières paroissiales

deviennent s'appuyait sur elle, se fortifiait à son contact, se revêtait de son caractère sacré:

les bannières

des conimanes. point d'iustitution , poiut de cor})oration, de confrérie, qui n'invoquât la protection de l'Eglise et ne se mît sous le patronage de Dieu, de la Vierge Marie et des saints. Tout suivait cette coutume, depuis les modestes corps de métier jusqu'aux plus puissants empires. Les armées de nos rois, après avoir marché sous la bannière de saint Martin, se pressèrent sous celle de saint Denis, l'Oriflamme'' . Quant aux milices communales, elles s'assemblaient et combattaient sous les bannières de leurs paroisses.

La couleur Dans les fêtes religieuses, dans les cé

de la

bannière paroissiale jours au culte chrétien leurs plus grai

Rey, dans son ouvrage intitulé Histoire du drapeau delà moiiarcliie française , parle longuement et savamment de la chape ou bannière de saint Martin.

Voici comment il explique, tome I, page i55, l'abandon qu'on en fit pour prendre l'Oriflamme : -Les premiers rois de la troisième race, dit-il, (rn'ayant plus conservé de l'Anjou et de la Tourr raine que la suzeraineté , et commençant d'ailleurs (fà affectionner la résidence de Paris, la dévotion à ffsaint Martin fit insensiblement place à celle qu'on c: s'habituait à avoir pour saint Denis, qui devint à pson tour le patron du royaume. C'est alors que (fia chape, tout en restant la bannière de l'abbaye frde Noirmoutiers, comme le prouve le curieux acte (rde 1 2 0.5. cessa cependant d'être le principal éten-

émonies publiques qui empruntaient tondes pompes, brillaient la bannière et les

irdard de dévotion de la France. La confusion qui iT régna sous les derniers Carlovingiens et les faibles rr commencements de la troisième race firent néfrgliger par la nation divisée plusieurs usages réffvérés jusque-là, et celui de l'étendard fut du

"nombre

frSi nous avons dit que la dévotion à la chape cr cessa insensiblement, c'est parce qu'à une aussi rfgrande distance de temps on ne peut affirmer ffque la chape ait été tout à coup abandonnée ff lorsque l'oriflamme sera devenue l'enseigne préffféré. Il est même possible qu il y ail eu un morrment oii elles flottèrent conjointement dans les rr rangs, ou bien une époque durant laquelle on ne rrvit ni l'une ni l'autre.»

couleurs du saint patron, telles que les règles liturgiques les déterminaient et les déterminent encore aujourd'hui. Ces couleurs sont celles des ornements portés par le prêtre pendant qu'il célèbre l'office divin en mémoire du saint, c'està-dire le rouge pour les inartyj's, le blanc pour les vierges, le bleu, le violet t't le vert pour les confesseurs et les pontifes. Ajoutons encore le bleu, qu'un antique usage attribue à la Vierge, mère de Dieu, à cause de la couleur traditionnelle de son manteau céleste.

Les bannières paroissiales, celles des abbayes, des corporations, suivaient généralement la même règle. La bannière de l'abbaye de Saint-Denis était rouge; celles de Saint-Victor de Marseille, de Saint-Julien de Brioude^^', de Saint-Pierre à Rome, de Saint-Marc à Venise, de Saint-Georges^', de Saint-Maurice ou de Savoie, l'étaient aussi; la chape ou bannière de Saint-Martin de Tours était bleue, etc.

(fsL ilétei'inince par la qualité liu saint patron.

A partir du xi^ siècle, époque à laquelle les communes commencèrent à s'établir en France, les paroisses perdirent une partie de leur importance dans la vie civile des cités, des bourgs et des bourgades; mais, de même que le clocher servit encore et presque toujours de beffroi, de même la bannière de l'église, devenue bannière communale, cessa d'être essentiellement pacifique et parut dans les combats. Si le comte fut toujours l'intermédiaire entre le pouvoir royal ou suzerain et les nobles, l'évêque le fut encore aussi entre ce même pouvoir royal et les non-nobles ou bourgeois et gens de roture. C'est à l'évêque que furent constamment adressées, aux xn% xni'^ et xiv*" siècles, les rr lettres royaux i- concernant les levées des gens de guerre fournis par les communes et les paroisses; c'est lui qui réglementait et faisait exécuter ces levées

rrAu commencement du xu" siècle, dit M. Rey Philippe ^^ à travers des tf égarements inhérents à la faiblesse humaine, mais qui n'en sont pas moins con-

Milices coiiimuiiaii!

Guillebert de Metz, auteur du xv' siècle, parlant de roriflamme. dit, après [\aoul de Pi'esles : rrSi est la banière vermeille en la reniembrance du rr glorieux mai tir ou marlirs monseigneur saint rr Denis et ses compaignons, qui premiers apporta (fia foy en France pour laquele il et ses compaignons furent martirisiés. n [Description de Paris sons Charles VI , dans l'ouvrage intitulé : Paris et ses historiens aux .iir' et xv' siècles, documents et écrits originaux recueillis par Le Roux de Linaj et L. M. Tisserand, p. i5o.)

Bannière des comtes d'Auvergne.

Étendard des dauphins de Viennois.

Voyez, comme exemple, les lettres adressées le 9 octobre 1 3o3 par le roi Philippe IV à l'évêque de Paris , pour la levée de six sergents à pied par chaque cent feux. [Ordonnances des rois de France de la troisième race, t. I, p. 383.)

Histoire du drapeau, des couleurs et des insignes de la monarchie française, par M. Rey, 2 vol. in-8°, Paris, iSSy, t. I, p. i58. Jean Rey, riche manufacturier, membre de la Société royale des antiquaires de France, de la Société de l'histoire de France, de l'Institut historique, etc. mort à Paris en 1837.

ffdamnables, entreprit, pour contenir les seigneurs de son temps, une organisation ffque Louis le Gros, son fils, continua avec autant de fermeté que de succès, et fr qui avait pour but de remédier à des vexations et à des abus devenus intolérables fret aux citoyens et à la puissance royale.

tr Jusqu'alors les baillis, les comtes, les châtelains, etc. levaient seuls lt!s troupes cr et formaient les contingents pour l'armée. L'autorité que ce privilège leur donff nait tournait trop souvent au préjudice de ceux qu'ils auraient dû protéger, el rrleur fournissait même quelquefois le moyen de résister à la volonté du souverain rr et de mettre son existence politique en problème.

«Philippe et son fils, dans leurs domaines immédiats, changèrent une dispoffsition qui, de jour en jour, devenait plus dangereuse pour la monarchie. Ils et ordonnèrent que les évêques s'entendraient à l'avenir avec les bourgeois des villes rf [)our lever les milices par communes ou paroisses; que les troupes fournies ainsi tr par les bourgeois marcheraient leurs curés en tète, qui ne seraient pas là tt comme combattants, mais comme guides spirituels, et avec la bannière de l'éffglise^'l Le roi de France et le duc de Normandie allèrent durant le carême assiéce ger Breherval et furent deux mois à ce siège. Là les curés, avec leurs paroiscr siens, portèrent leurs bannières; les abbés y vinrent aussi avec leurs vassaux

ftCe que ces princes avaient institué dans leurs propres domaines ayant paru rt utile aux grands vassaux de leur couronne, les comtes de Champagne et de îT Flandres, les ducs de Guyenne et de Normandie et d'autres encore, même en rt Savoie et en Angleterre, l'adoptèrent pour leurs domaines particuliers, mais avec rr l'assentiment du roi. Ils le firent, dit le père Daniel, par les mêmes raisons, tr c'est-à-dire parce que leurs vassaux n'étaient pas plus faciles à gouverner qu'euxrr mêmes ne l'étaient à l'égard du souverain, el parce qu'à la faveur de ce système rrils pouvaient en peu de temps lever un grand nombre de soldats Arrangement rr merveilleux, en effet, en ce qu'il convenait à tout le monde : au roi, dont il rr affermissait l'autorité; aux communes, qui acquirent par ce commencement rr d'affranchissement une existence politique, eurent un maire, des échevins, une

Le résultat de la formation des communes fut, ment seigneuriales et sans aucune communauté

dans le cas particulier des levées d'hommes pour d action avec la ville qui les avait fournies , el qui

le service militaire, de former des corps de troupe se trouvait elle-même conqilétemenl dans la main

conservant, pendant toute la durée de leur exis- de son seigneur.

tence et de leur emploi, la trace de leur origine Orderic Vital , //«s<. de Normandie , 1. V llI, XI,

urbaine, tandis qu'au()aravant ces mêmes hommes XII. — Art de vérifier les dates, t. V, p. 5 18. tirés des villes, au lieu de constituer des milices Daniel, Milice française,]. III, ch. ni. — Hé-

communales, composaient des troupes essentielle- naull, Hist. de France, I, 169.

a juridiction, une maison de ville; au clergé, qui par là vit croître son influence rret sa considération, et qui, régulateur de ces levées, se garantissait mieux des cf vexations dont il avait été victime pendant le temps que les seigneurs avaient eu ffla levée des milices; et enfin aux grands vassaux eux-mêmes, par les motifs que rr nous avons rapportés, n

C'est avec les milices des églises et des communes que Louis le Gros (i 108- 1 187) prit et rasa le château de Crécy; qu'après trois ans de siège il s'empara de celui du Puiset; qu'il réduisit ceux de Meung, de Roucy, de Rochefort, de Corbeil, de Coucy et de Montlhéry.

Ce sont ces mêmes troupes communales qui grossirent son armée dans la guerre contre Henri ^^ roi d'Angleterre, et formèrent durant trois cents ans l'infanterie française.

Tant que les milices des communes entrèrent dans la composition des armées, c'est-à-dire jusqu'au milieu du xv*" siècle, elles marchèrent sous les bannières des j)aroisses^^'. En ces temps de ferveur religieuse, ces bannières, dites de dévotion, étaient les meilleures enseignes de guerre qu'on pût choisir. Quel autre étendard, en eiïet, pouvait exciter davantage la valeur du soldat, que cette bannière bénie qui, portée vaillamment dans le combat, semblait assurer la protection du sainl patron, et qu'on ne pouvait abandonner sans joindre à la honte du soldat vaincu celle du chrétien sans courage pour la défense de Dieu et de ses saints?

Les Parisiens, à cause de l'importance de leur ville, capitale non-seulement du royaume, mais du domaine particulier du roi, devaient fournir un contingent considérable aux armées royales des premiers Capétiens, dans leurs luttes continuelles contre les vassaux de la couronne et dans leurs guerres contre l'étranger. Ils joignaient à ce devoir militaire le glorieux privilège de donner, pour la garde personnelle du roi, deux bourgeois d'élite de leur bonne ville qui se tenaient constamment au frein de son cheval, lorsqu'il marchait à la tête de son armée et durant le combat^^^ C'est à ce poste d'honneur qu'en i3o^, à la bataille de Monsen-Puelle, Jacques Gentien fut tué, ainsi que son frère, aux côtés de Philippe le Bel*^'. L'ancienne et noble race des Gentien était d'origine bourgeoise; après

Daniel, Milice française , \. III. de PhilipjJe le Bel. Le roi, qui allait se mettre à

Mémoires ou Chroniques d'Olivier de la table, eut à peine le temps de s'armer; mais son

Marche. courage et sa présence d'esprit le sauvèrent et

^' On sait qu'à cette joitrne'e les Flamands, ayant furent, en ranimant le courage des siens, une des

surpris le camp français, parvinrent jusqu'à la tente principales causes du succès complet de celle fa-

Milice communale parisienne.

avoir donné des Prévôts des Marchands et des Échevins à la Municipalité parisienne, après avoir brillé dans l'histoire de la Ville, elle s'est éteinte vers la fin du wif siècle

En i3i5, les bourgeois de Paris fournissent à Louis le Hutin Zioo hommes de cheval et 2,000 hommes de pied pour la guerre de Flandres en iSai, sous

meuse bataille. C'est au moment où Jacques Gentien présentait au roi sa cotte d'armes fleurdelysée, pour qu'il la revêtît par-dessus son armure, que ce fidèle serviteur fut tué.

Cette famille, dont le nom s'écrit aussi Gencien et Gencian , est originaire de Paris et comme depuis le commencement du xiv' siècle, époque à laquelle elle occupait déjà un rang élevé dans la bourgeoisie de cette ville. Elle a produit entre autres : un poète, qui vivait en i3o6 et dont les œuvres ont été conservées dans la Bibliothèque des airieiuc ; un écbevin de Paris, en iZoh et i3o5; liois prévôts des Marchands de la même ville, le premier en 1 Sa 1 , le second en 1 358 et le troisième en 1 4 1 1 et 1 6 1 3 ; trois généraux des monnaies et un trésorier de France, de la tin du xiv" siècle au commencement du xvi'; un religieux de l'abbaye de Saint-Denis, auquel on attribue l'Histoire de Charles VI , traduite et commentée par Le Laboureur; des conseillers au Parlement, à partir de l'an lioo; un maître des eaux et forêts de Meaux et de Crécy, vivant en 1691, etc.

Les Gentiens se sont alliés aux familles Baillet, de Biencourt, Boucher, Braque, Budé, Chassemare, du Fay, Le Borgne de Rouvroy de Saint- Simon, Le Fèvre de Caumartin, Malenfant, Marcognet, de Mauregard, d'Orgemont, Peschart, Thieslin, etc.

A la fin du xvii' siècle, cette famille avait pour chef Joachim Gentien , chevalier, seigneur d'Erigné , de Meurs et du Jau en Anjou , terres et seigneuries fpii furent unies et érigées, en sa faveur, en marquisat, par lettres patentes du mois de juin 1687, en considération de fancieimeté de sa noblesse et des services recommandables que Jacques Gentien . l'un de ses ancêtres (celui qui donne lieu à cette note), avait rendus au roi Philippe le Bel, et dont le dévouement à Mons-en-Puelle fut récompensé, disent ces lettres patentes , par la permission , donnée à sa postérité, d'ajouter sur ses armes, qui étaient d'argent à trois fasces vivrées de gueules , une bande d'aziu" chargée de fleurs de lys d'or, représentant un lambeau de la cotte d'armes royale.

La Roque, dans son Traité de la noblesse, cile, page 107, cette concession d'armes comme un exemple d'anoblissement par les armoiries.

La famille de Malenfant, dans laquelle s'est fondue une branche de celle des Gentien, a écartelé son écusson des glorieuses armes de cette dernière.

On trouve aussi plusieurs personnages remarcpiables du nom de Gentien , qu'on ne peut rattacher d'une manière certaine à la famille de ceux dont nous venons de parler, mais qui ont probablement la même origine et dont plusieurs se confondent peut-être avec quelques-uns d'entre eux. Ce sont : Pierre Gentien , qui était , en 1 2 96, maître de l'écurie du roi , charge qui devint plus tard celle de grand écuyer de France; Jean Gentien, tils du précédent, qui obtint, en i3i5, confirmation de la fondation d'une chapelle en l'église de Saint-Jean-en-Grève , à Paris , faite par son neveu , lils de Pierre Gentien ; Jacques Gentien, nommé, en 1298, ainsi que Denis de Melun , en cpialité de maître de l'écurie du roi ; Nicolas Gentien, lils du précédent, qui était mort en i3o5 ; Guillot et Marie, ses enfants, eurent pour tuteur Gentien Tristan, huissier du roi, et passèrent, en i3i5, un acte de partage avec leur tante, Jeamie Gentien, veuve de Jean Bourdon. (Histoire des grands officiers de la couronne, par le P. Anselme, t. \I, p. 3/ii, t. VII, p. Sod, t. VIII, p. i64; Grand dictionnaire historique de Moréri , au mot rt Gentien ;ii Histoire générale des rois de France, par Bernard Girard du Haillan, p. 679; Dictionnaire généalogique, héraldique, historique et chronologique de La Chesnaye des Bois, au mot ff Gentien;') Histoire des conseillers au Parlement de Paris, par Blanchard, p. i3; Recherches sur les Jleurs de lys et sur les villes, les maisons et les familles qui portenl des Jleurs de lys dans leurs armes, au mot rfGentien;n Dictionnaire véridique des origines des maisons nobles ou anoblies du royaume de France , par Lainé , aux mots ff Gencien « et ff Gentien,» etc. )

Ordonnances des rois de France de la troisième race, t. 1 , p. 602.

Charles le Bel, ils lèvent 200 hommes d'armes pour la guerre de Gascogne en 1828, ils accordent à Philippe de Valois une aide de Zioo hommes de cheval pour la guerre de Flandres'^'; en iSBg, la Ville de Paris s'engage pour elle et la vicomte du même nom à entretenir Goo glaives, 600 archers et 1,000 brigands En 1^11 5, avant hi bataille d'Azincourt. Paris ollVil au roi 6,000 hommes de milice bourgeoise qui furent refusés Sous Louis XI, <jui voulait montrer aux seigneurs mécontents l'appui que pouvait lui donner cette ville en cas de guerre, 60 à 80,000 bourgeois, âgés de seize à soixante ans, dont moitié bien armés et en état de service, comparurent en hoqueton rouge, avec la croix blanche, à une montre d'armes ou revue militaire'^'.

Une ordonnance royale du mois de juillet i3i5 nous apprend sous quelle bannière marchait alors la milice parisienne^'''. Il y en avait une pour les gens de pied, une autre pour les hommes à cheval; mais loutes deux portaient l'emblème

Oi-doHuances des roisde France , etc. 1. 1 , p. ySf). c^) Ibid. t. II, 1). 20.

Ihid. t. III, prclace, p. Lxxxvij. La brigandine était une espèce de corselet de fer, oh cuirasse , composé de lames de fer jointes ensemble. Les archers en étaient souvent armés et portaient alors le nom d'archers en brigandine.

On appela brigands des corps de troupes qui en furent revêtus; et, comme c'était l'armure la plus commune, les ravages commis par les gens de guerre sous Charles V et ses deux successeurs firent donner au mot rfbrigandn la signification de voleur et de pillard, qu'il a encore de nos jours.

Chroniques de Saint-Denis , année iiii5.

Le parti d'Orléans repoussa également les troupes offertes par le duc de Bourgogne. Il voulait avoir seul le mérite et le profit de la victoire , sur laquelle il comptait.

Histoire de Paris, par doms Félibien et Lobineau , t. II, p. 858. Par lettres données à Chartres, au mois de juin 1/167, Louis fit des gens des métiers de Paris une véritable armée : il les rangea sous diverses bannières, détermina le mode de nomination des officiers, l'armement, l'habillement, la nature du service de ces bannières ou compagnies, qui étaient au nombre de 61.

L'article II de ces lettres ou ordonnances royales , en laissant à la Ville la facidté de choisir, pour ces bannières, les emblèmes ou armoiries qui devaient

les décorer, exige toutefois qu'au milieu se trouve une croix blanche.

Voici cet article :

ffEt que en chacun desdicts mestiers et com])aiffgnies y aura une bannière armoryée et figurée trchascune d'une croix blanche au milieu, et de rf celles enseignes et armoii'ies que lesdicts mestiers rret compaignies adviseront. 15

{^Recueil général des anciennes lois françaises, depuis l'an à^o jusqu'à la révolution de lySg, par MM. Isambert, Jom-dan etDecrusi; Paris, 1825, in-8°, t. X, p. .S 2 9.)

Ordonnances des rois de France de la troisième race, t. I, p. 6o3. Le même renseignement est fourni par une ordonnance royale d'octobre 187/1, citée par La Roque, chap. iv, p. 2 85, du Traité du ban et de l'arrière-ban, et par Alexandre de La Borde , dans Paris mmiicipe , ou Tableau de l'administration de la Ville de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, i vol. in-8''. i833.

Un inventaire de l'artillerie se trouvant en l'Hôtpl de Ville de Paris, fait par Jacques Rebours, procureur de cette ville, par ordre du Prévôt des Marchands et des Echevins, le 4 septembre i5o5, mentionne ffdeux étendards et une bannière de tafifetas ffà la devise de la Ville. « La copie de cet inventaire se trouve dans V Histoire de l'Hôtel de Ville de Paris , par Le Roux de Lincy, 2° partie, p. 21, et l'original est aux Archives de l'Empire, sous la cote K 982.

de la Ville : cr Que lidit soudoier aient et portent deuz bannières, dit l'ordonnance, cr c'est assçavoir cil de cheval une et cil de pié l'autre, teles comme les genz de ff Paris bailleront au signe de la Ville, v

L'ordonnance ne dit rien de la couleur de ces bannières; mais, pour affirmei' qu'elles étaient rouges, il nous suffît de remarquer que la bannière communale était ordinairement celle du patron de la Ville, et que le patron du diocèse de Paris est saint Denis, martyr Le signe de la Vdle, c'est-à-dire le navire d'argent, placé sur cette bannière rouge, forme exactement l'écusson d'armes de Paris. Telle est, selon nous, l'explication la plus naturelle, la plus logique, qu'on puisse donner du champ de gueules de cet écusson.

p„,„j^ Quanta la forme de la bannière parisienne, elle fut probablement, dans i'ori-

la bannière , le Paris gine, aualoguc à Celle de toutes les bannières paroissiales dont nos églises ont

ou

étendard. conservé jusqu'à ce jour le modèle; mais, par suite de la nécessité d'en faire une arme dans l'occasion puisqu'on la portait en guerre, et pour qu'elle fût d'un usage plus commode dans la marche et le combat, on la fixa directement sur sa hampe, comme les étendards et pennons seigneuriaux, et en particulier comme la célèbre Oriflamme, qui, ainsi qu'elle, n'était d'ailleurs qu'une bannière de Saint-Denis. Cette Oriflamme, enseigne de dévotion, qui fut pendant long- :emps l'étendard national de France, était composée d'un morceau de taffetas couleur de feu, sans broderie, sans aucune figure, mais orné quelquefois de houppes de soie verte et fendu de manière à former trois pointes. Il flottait suspendu au bout d'une lance dorée

Voyez la note i de la page 76.

La bannière étant un signe de ralliement , ainsi |ue les enseignes romaines et nos drapeaux, ne •onstituait pas réellement une arme de guerre et deait constamment flotter au-dessus des combattants ; nais, dans un cas de péril extrême, il fallait cepen- Jant qu'elle pût servir à sa propre défense, ("est tour cela que la bannière était toujours terminée oar un fer acéré qui permettait, au besoin, à celui jui la portait, de faire lance de sonpennon.

«La est la bannière vermeille «Que la gcnl l'orillambe apele.s

sOriflambe est une bannière nDe cendal roiijoiant et simple «Sans [jortraicture d'autre afaire.»

n L'oriflambe

« estoit au vent baloiant ,

cDe cendal simple roujoiaiit.

(Guillaume Guiart, Chroniques, branche des rotjaux lignages.) «Vexillum simplex, cendato simplice textum

itSplendoris rubei -n

(Guill. le Breton, Philipp. chant XI. )

rr Oriflamme d'un vermeil samit, a

rrguise de gonfanon à trois queues, et avoit entour rr houppes de soie verte."

( Chroniqiies de Flandres. )

trEt si portez seul roi et si singulièrement l'oriff flambe en bataille, c'est assavoir un glaive tout fr doré ou est atachié une banière vermeille , etc. v (Raoul de Presles , avocat du roi Charles V.) «Tantôt après, sans longue demorée, rOnt l'oriflambe seur une ante levée,

/ KMAUX KT ORNEMENTS EXTÉIUKUUS. 87 Telle devait être, avec le sijjiie de la Ville en plus, la bannière communale de Paris").

Cette bannière, ainsi (|ue nous l'apprend l'anonyme de Saint-Denis, était appelée Vétendard et mise sous la «jarde du Prévôt des Marchands. Elle n'était arborée que sur son ordre, lorsque les bourgeois prenaient les armes

Les exemples suivants donneront à notre conjecture toute la force d'une vérité historique. Agen, Amiens, Angers, Bazas, Bordeaux, Gahors, Grespy, Dijon, Limoges, Lyon, Nantes, iNarbonne, Roye, Saintes, Séez, Senlis, Soissons, Toulouse, Vannes, etc. dont les armes sont en champ de gueules, ont toutes un saint martyr pour patron de la ville ou de l'église principale.

On pourrait sans doute citer un grand nombre d'exemples paraissant infirmer noti e opinion ; mais cette contradiction ne sera généralement qu'apparente. Ou les patrons de ces villes auront été changés, ce qui avait lieu fréquemment'^*, ou les armoiries seront postérieures au xv'^ siècle, époque à laquelle les bannières paroissiales disparaissent des ai'inées avec les milices communales, et où la cou-

it Forte à un fer dont i'alemelle est lée «Et moult tranchant, car bien est acérée,

tt

nAloris lini l'fnsaigne au fust doré , kA l'anstc roide et au fer acéré.))

(Adenès, Roman des enfances d'Ogier.)

Voyez l'ouvrage intitulé : Paris et ses Historiens au xiv' et xv' siècles, documents et écrits originaux recueillis par Le Roux de Lincy et L. M. Tisserand, }). 957.

Le poëme d'Abbon sur le siège de Paris par les Normands, en 886, mentionne une bannière jaune sous laquelle combattaient les défenseurs de la Ville. rrMars s'agite, dit-il (livre 1), et déploie alors ses ff fureurs avec plus de violence; deux porte-enseigne "accourent de la bonne ville et montent à la tour, rrportant sur leurs lances le drapeau couleur de saf'fran, si redoutable aux yeux des Danois. «

Il est impossible de dire quelle est l'origine de cette enseigne, combien de tem[)s elle fut en usage, quand elle disparut. En citant cette phrase du moine Abbon, nous avons dit tout ce qu'on sait d'elle.

L'anonyme de Saint-Denis, racontant la sédition cabocbienne de i3i/i, dit, après avoir donné les noms de ceux qui en étaient les chefs : rrlls rravaient déjà forcé par leurs clameurs lesEchevins rrde Paris à déposer, conmie il a été dit plus haut, trie Prévôt des marchands, Pierre Gentien, prési-

adent de la monnaie royale, sous prétexte qu'il ff avait altéré la nouvelle monnaie d'or et d'argent, fret ils avaient fait nommer à sa place un notable rr bourgeois, nommé André d'Eperneuil (alias rrAndri d'Espernon). Afin de poursuivre leurs pro- Tjets, ils allèrent trouver ce nouveau magistrat, rrse firent malgré lui remettre la bannière de la Ville, rr qu'on appelait étendard, et obtinrent l'autorisation rr d'inviter les cinquanteniers et dizainiers à se rendre rr en armes sur la place de Grève , avec les hommes rrqui étaient sous leurs ordres. Ils auraient exécuté iret mené à fin leur sinistre dessein, sans le courage rrdu clerc de la Ville, qui refusa à plusieurs reprises rrde signer l'écrit du Prévôt. Cet homme ne céda ni rraux menaces ni à la violence, se contentant tourrjours de répondre avec douceur qu'il ne fallait rrrien précipiter, et qu'on savait bien que le Prévôt, rrles Échevins et les principaux défenseurs de la rr Ville avaient juré à monseigneur le duc de Guyenne rr de ne point faire prendre les armes aux bourgeois rrsans lui en avoir donné avis auparavant.)) (Chronique des religieux de Saint-Denis , contenant le règne de Charles V, de i38o à iâa'2 , publiée en latin pour la première fois et traduite par M. L. Bellaguet, Paris, i8/i/i,t. V, liv. XXXIV, p.9.)

La sainte Vierge, par exemple, a souvent été substituée à une patronne ou à un patron plus ancien.

leur du champ des armoiries municipales n'est plus déterminée que par la voionté du prince qui les concédait. Ainsi les villes de Saint-Etienne , de Saint-Jeand'Angély et de Saint-Quentin, toutes trois sous le patronage d'un saint martyr, ont toutes trois aussi un champ d'azur ; mais les armoiries de la première de ces villes sont d'une date relativement récente, et les deux dernières portent dans ce champ d'azur, avec le chef de leur patron, l'une trois fleurs de lys, l'autre un semé de fleurs de lys d'or, particularité qui explique parfaitement l'exception qu'on pourrait nous opposer, et enlève à ces exemples toute valeur probante contre notre assertion.

Quant aux émaux du chef et des fleurs de lys qui décorent les armes de Paris, ils sont naturellement les mêmes que ceux de l'écu de France, azur pour le premier, or pour les secondes.

lason des armoiries Maintenant que nous connaissons exactement la nature, la position relative et

de

la Ville de Paris. les éuiaux des difi"érentes pièces qui les composent, nous pouvons donner le blason des armoiries de la Ville de Paris qui porte : de gueules, au navire équipé d'argent, voguant sur des ondes de même, au chef cousu d'azur, semé de jleurs de lys d'or, ou au chef cousu de France ancien.

Quelques auteurs blasonnent autrement ces armoiries. Les uns, tels que Favyn''* et de Varennes disent que le navire est fretté et ar^mé d'argent, c'est-à-dire qu'il est d'argent dans toutes ses parties; d'autres, tels que le père Ménestrier qu'il est habillé d'argent, pour indiquer que ses agrès sont de ce métal. Mais toutes ces expressions sont contenues dans celle de navire équipé d'argent, que nous employons et qui est plus appropriée à l'objet qu'elle qualifie.

Par la même raison qui nous fait dire navire au lieu de vaisseau, terme impliquant une idée de grandeur, ainsi qu'une forme spéciale propre à la navigation maritime, ce qui éloigne davantage du bateau originel, nous rejetons cette autre expression assez souvent en usage, voguant sur une mer et nous adoptons celle-ci voguant sur des ondes, qui convient à tous les cas. La Seine n'est pas la mer; mais, comme celle-ci, elle a des ondes.

Enregislrcnient. Noti'e blason est d'ailleurs le même que celui qui a été légalement fixé, le

Théâtre d'honneur et de chevalerie , t. 1, p. 16. Nouvelle méthode raisonnée du blason, p. ^89.

Le Roi/ d'armes, p. i83.

Sceaux , Armoiries et Couleurs

DE LA Ville de Paris.

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ans

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