‹ Les armoiries de la ville de Paris: sceaux, emblèmes, couleurs, devises, livrées e céroemonies publiquesChapitre 52 sur 107 · COULEURS ET LIVRÉES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

COULEURS ET LIVRÉES EN GÉNÉRAL

Cependant on joignait, parfois, aux couleurs de sa livrée particulière, par défé- <;aions.

éch.Trpf ou cocîiivle

rence pour les princes elles grands seigneurs dont on était parent, ou desquels i/,Sriuc

on dépendait, soit une petite bande, un galon, de la livrée de ceux-ci, soit une ' "f^p?rpnr!"ei'c.''' écharpe, une cocarde à leurs couleurs. Cet usage subsiste encore en partie chez la plupart des peuples de l'Europe; en effet, les gens de livrée portent communément à leur chapeau la cocarde du pays auquel appartient leui- maître.

De même qu'il y avait des devises permanentes, héréditaires, et des devises de uvrées permanentes

ou héréditaires

circonstances, il v avait aussi des couleurs et livrées qui étaient héréditaires ou ,. ,

^ livrées de circonsiance.

permanentes, et d'autres de circonstance. Ainsi, dans les tournois, dans un carrousel, dans une fête quelconque, on prenait des couleurs particulières, celles de Eiempi-s. sa dame, par exemple. Les ducs de Bretagne, dont les armes étaient d'hermines, avaient une livrée permanente noire et blanche; cependant, lors du mariage de Marie de Bretagne avec Jean III, vicomte de Rohan, en i/i55, la livrée du duc Pierre II, oncle de cette princesse, était de satin et damas violet, fourré d'agneaux noirs ^'l

La livrée des rois de France, branche de Bourbon, était tricolore, blanc, incarnat et bleii^^^ : le bleu, à cause du fond des armes de France, ancienne couleur des rois '^'; l'incarnat ou rouge, à cause du champ de gueules des armes de Navarre

Histoire de Bretagne, par doni Lobineau, t. 1, p. 660. (Appendice LVIIL )

Voyez y Abrégé méthodique des principes héraldiques ou du véritable art du blason , par le P. C. F. Me'nestrier, de la Compagnie de Je'sus; Lyon, 1678, in- 12. On y lit, p. 38 : n-Le colonel rrde l'infanterie met (derrière Técu de ses armes) (T quatre ou six drapeaux des couleurs du roy, (Tsçavoir : blanc, incarnat et bleu.n

Voyez aussi la Nouvelle méthode raisonnée du blason ou de l'art héraldique, du P. Menestrier; Lyon, 1770, p. 3i3.

M. Cbe'ruel, dans son Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France, dit au mot Chaperon : rrEn 1857 et i358, les partisans ffdu Prévôt des Marchands, Étienne Marcel, porrrtaient des chaperons mi-partis, cest-à-dire de ffdeux couleurs, rouge de Paris et bleu de Navarre, ff parce que le roi de Navarre, Charles le Mauvais, (rétait l'allié d'Etienne Marcel.'' Au mot Armes de France, le même auteur répète encore cette expres-

sion de bleu de Navarre. La Navarre avait, comme Paris , pom' couleur le gueules ou rouge du champ de ses armes. Le bleu était la couleur du roi de France, et c'est pour cela qu'Etiemie Marcel la joignait à celle de la ville, parce que, tout en combattant l'administration royale, il n'attaquait point son existence et prétendait, au contraii-e, défendre les intérêts de la royauté.

Saint-Foix , dans ses Essais historiques sur Paris, t. n, p. 198, indique un autre motif, qui ne déti'uit pas la raison que nous venons de donner, mais qui prête , au contraire , plus de force à l'introduction du rouge dans la livrée royale. rrOn demandera rrsans doute, dit-il, pourquoi il y a aussi du blanc fret du rouge dans la livrée royale : parce que le fr blanc, comme je l'ai dit, étoit de temps imff mémorial la couleur générale et désignative de la rrnation; à l'égard du rouge, parce que nos rois, "lorscpi'ils tenoient cour plénière, étoient vêtusd'une grande soutane rouge sous un long manteau rr bleu semé de fleurs de lys d'or, n

et le blanc, parce qu'il était de temps immémorial la couleur propre de la nation ''l

Livrée» La livrée de la maison d'Harcourt, dont les armes sont de gueules à deux

(le quelques familles

françaises. fasccs d'or, est rouge et jaune ; celle de Goyon-Matignon , qui porte d'argent au lion de gueules couronné d'or, est blanche et rouge; celle des Gossé-Brissac, dont les armoiries sont de salîle à trois fasces d'or denchées par le bas, est noire et jaune. Les Tournemine de la Hunaudaye, dont l'écu est écartelé d'or et d'azur, avaient une livrée jaune et bleue; celle des Marcel, illustre famille bourgeoise de Paris, portant d'argent à la croix de Lorraine de sable, était blanche et noire.

Les Boufflers, dont la livrée verte n'a aucun rapport avec les couleurs de leurs armoiries, y ajoutaient un galon blanc chargé de molettes et de croix rouges recroisetées, couleurs et meubles de leur écusson; les Bonnières-Souastres, dont la livrée jaune est empruntée à leurs armes, qui sont un vairé d'or et d'azur, y joignent un galon vairé de ces dernières couleurs ; la famille bretonne de la Rivière-Mur, portant d'azur à la croix engrêlée d'or, a pour livrée un galon bleu chargé de petites croix jaunes sur un fond rouge; les Hotman, ancienne famille de la haute bourgeoisie parisienne, avaient une livrée verte, dont le galon, formé d'un émanché d'argent et de gueules, était la reproduction de leurs armoiries. Ges exemples nous j)araissent sutlisants.

Causes ordinaires On pourralt citer encore quelques famUles dont la livrée et les armoiries sont

des

PM-eptions à la règle saus aucune analogie entre elles. Ce désaccord paraît au premier abord n'avoir

générale ^ ^

sur la composilion poiut d'autrc orifîiue que le caprice; toutefois il est bon d'énumérer les causes

lies livrées. J OIT'

les plus ordinaires de ces exceptions à la règle générale que nous avons donnée. Quand une maison s'éteignait, et que l'héritière, par son alliance, apportait dans une autre famille des biens considérables, il arrivait souvent que cette famille prenait la livrée de la première, tout en conservant ses armes, ou du moins modifiait sa propre livrée. Le même fait se produisait encore pour des considérations

Hititoire du drapeau, des couleurs cl des insignes Ircr son érudition, joignit, dit-on, à son refus de

de la monarchie française, par M. Rey ; Paris, 1887, conserver le drapeau tricolore, en \ 8ili:Je ne veux

9 vol. in-8°, t. II, p. il 5, 6/19 et /i58. (Voyez point, rëpoiidit-il, /«/re « la France l'ajfroni de lui

aussi la note précédente.) imposer mes couleurs; reprenons le drapeau blanc,

C'est ce qui donna lieu au mot plein de (inesse qui est le sien. Mais il n'y avait plus d'héraldistes

que le roi f^ouis XVIII , toujours heureux de mon- eu France; le mot du roi ne l'ut pas compiis.

COULEURS ET LIVRÉES EN GÉNÉRAL. 201 particulières de piété, de reconnaissance, de souvenir envers des ancêtres maleinels (|U(' leurs vertus, leur courage, leuis grandes actions avaient illustrés, ou dont on avait reçu de grands bienfaits. On abandorniait aussi parfois sa livrée de famille, pour prendre celle de personnes éminenles auxquelles on était allié, marquant, par cet abandon, l'honneur que l'on tiiait de cette alliance et l'espérance qu'on avait dCii obtenir une puissante protection. Enfin, la nécessité de distinguei- entre elles les nombreuses branches d'une même maison a souvent fait introduire, dans la livrée de cette niaison, des couleurs étrangères à celles de l'écusson d'armes.

Ces notions générales étaient nécessaires, parce qu'elles se rapportent aussi bien aux livrées des villes, des corporations et des communautés, qu'à celles des particuliers. 11 nous reste maintenant à examiner les couleurs propres de la Municipalité parisienne.

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