SCÈNE V
Les mêmes, MARGELLE.
CHRISTIANE, remontant et allant à Marcelle. Vous veniez nous chercher, chère amie ?
MARCELLE
Au contraire, tout le monde revient, le Ministre a reçu une dépêche qui le rappelle d'urgence à Paris. Le baron va l'accompagner.
CHRISTIANE
Ce soir?...
MARGELLE
Oui, mais rien de changé pour notre dépHrt demain. . . du moins d'après ce qu'on a dit. . .
(Christiane va sur la terrasse, au devant du ministre.)
DE FRADETTEs, à MarcelU.
Vous paraissez souffrante ?
MARCELLE
Un peu de fatigue de cette longue journée, voilà tout.
DE FRADETTES.
Il n'y a que ça ?
MARCELLE
Gomment ?
DE FRADETTES.
Je craignais que vous ayez une préoccupation... une inquiétude?
MARCELLE
A propos de quoi une inquiétude ?
DE FRADETTES.
Je ne sais pas, je cherche... Vous savez que je m'alarme très vite de la moindre chose qui vous touche. Pourquoi ne resteriez-vous pas ici, pendant
ces deux jours. .. seule avec moi? Ce serait du repos... puisque vous êtes fatiguée?
MARGELLE
Justement, je tiens à rentrer chez moi...
Rien d'indispensable ne vous y appelle ?
MARGELLE
Si, j'ai écrit à la couturière pour demain précisément, et puis votre tante doit venir me voir. . .
DE FRADETTES.
Aucune obligation dans tout ça... Gela me ferait plaisir de vous garder!
MARGELLE
C'est de l'enfantillage!... Nous ne nous quittons pas pour un siècle... Quelle raison donner à ces dames, que je dois accompagner ?...
DE FRADETTES.
La raison que cela vous plaît de rester avec votre mari?...
MARGELLE, agacéc, s'éloignant.
Ce serait ridicule !
(De Fradettes, maîtrise avec peine
un mouvement de colère.)