SCENE VI
DE FRADETTES, MARCELLE, MONTPAZE, LA VALADE,
Le Maire, TOURAILLE, BI>CHEREAU, VAUDREUIL,
GRIVELLES, LE MINISTRE, CHR1STIANE.
LE MiTsisTRE, rentrant avec Christiane.
Rien de grave, baronne, ne vous inquiétez pas !. . . Une simple échaufîourée au Congo... quelques nègres qui se sont révoltés. . .
CHRISTIANE
Ne soyez pas trop sévère pour ces malheureux, monsieur le ministre, la civilisation leur est quelquefois un peu rude!...
LE MINISTRE
Comme on reconnaît à vos paroles d'indulgence et de charité la bienfaitrice que tous les humbles acclamaient aujourd'hui. Vous êtes leur bon génie, leur Providence !
CHRISTIANE
N'est-ce pas toujours le rôle de la femme d'aimer et de guérir ?
LE MINISTRE, galant Malheureusement elle ne nous guérit pas toutes les fois que nous l'aimons !
DE MONTPAZE, S* approchant une seconde de Marcelle. Vous ne m'avez pas répondu ?. . . Est-ce oui ?
MARGELLE, brièvement^ la voix sourde.
Oui, j'irai. . . mais j'ai votre parole que vous apporterez ?. . .
DE MONTPAZE.
Tout! c'est convenu, juré!... et je serai sage!... (Très vite, à mi-voix, en s' éloignant.) Ah ! que je vous aime !
(A ce moment éclatent les premières pièces du feu d'artifice dont les lueurs illuminent tout le château. On crie; on applaudit.)
Bravo I... Ravissant !
GRIVELLES.
Mme d'Allèves avait allumé la fusée de signal avec une maestria !
M°ie d'allèves.
C'est si facile de mettre le feu aux poudres.
le ministre.
Vraiment superbe ! un décor d'opéra!
TOURAILLE.
Une apothéose !
DE MONTPAZE, Œu ministre.
Monsieur le ministre, puisque vous voulez partir, l'heure du train ?. ..
Lli MINISTRE.
Oui, oui, certainement!... (A Christiane.) Hélas! le devoir toujours. On voudrait retarder le plus possible!... (La saluant.) Au revoir, Madame!... (// serre les mains qui se tendent, répand aux saluts, puis remonte avec Montpaze.)
LE MAIRE, regardant, hypnotisé, le feu d'artifice, à La Valade.
Que qu'ça représente, cette figure ?
LA VALADE
Danaë !
LE MAIRE
Ah ! oui, je sais, une dame qui se baignait dans des pièces d'or?... Ça ne lave pas beaucoup !
LA VALADE, Hant.
Au contraire !
CHRISTIANE, s'appTochant de Fradettes qui reste à l'écart. Est-ce que par hasard vous auriez changé d'avis?
DE FRADETTES.
Parce que ?
CHRISTIAN E
Parce que... il me semble!... Je ferai toujours demain une visite à M"^« d'Allèves. . . Ça ne me dérange pas.
M"^« d'allèves, au milieu du groupe d'hommes. Eh bien, et le tour de valse ?
VAUDREUIL
Ah ! non, par exemple I
LA VALADE
La mort sans phrases, alors ?
GRIVELLES.
Vous voulez notre peau décidément?
M™^ d'allèves.
Qu'est-ce que j'en ferais ?
Ah! ça, en quoi êtes- vous donc?... en acier? .. en platine ?
M'"" d'allèves.
Non, en pâte tendre. . . c'est ce qui résiste le plus !
(Rideau.)