‹ Les arristes; comédie en quatre actesChapitre 51 sur 57 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

DE FRADETTES, GHRISTIANE, BERTHIER

(Berthier, concierge- gardien de l'hôtel, petit vieux au visage hypocrite, aux regards fuyants, introduit dans le salon Christiane suivie deFradettes, très pâle, concentré, souffrant visiblement.)

CHRISTIANE, duvemcnt à Berthier.

C'est à moi que vous devez rendre compte de tout ce qui s'est passé et de tout ce qui se passera

BERTHIER, obséquicux .

Je suis aux ordres de Madame. Par son amie, Madame a été si bonne pour moi!... On n'est pas riche, n'est-ce pas ?. .. j'ai des^enfanls à élever.

CHRISTIANE

Ne cherchez pas d'excuses... Je paie des services. . . rendez-les, voilà tout! Vous pouvez parler devant Monsieur comme devant moi, et répondre aux questions qu'il vous posera. Depuis quand cet hôtel est-il loué ?

BERTHIER

Il y a juste un mois.

CHRISTIANE

Sous quel nom ?

BERTmER.

Je sais pas si c'est le vrai... Monsieur a signé baron de Montpaze.

GHRISTEANE.

C'est lui qui vous a donné l'ordre de tout préparer aujourd'hui avec ces fleurs?

BERTHIER

Oui, Madame.

CHRISTIANE

Gomment?

BERTHIER

Par une dépêche.

CHRISTIANK.

Datée de Paris?. . .

BERTHIKR.

Non, d'une gare... (Cherchant.) Gare de, . . de...

DE FRADETTES, qui suit V interrogatoire avec anxiété. De Cernay ?

BERTHIER

Oui, Monsieur, c'est ça... Cernay.

CHRISTIANE

Et pour cet après-midi? On ne vous a pas indiqué d'iieure?

BERTHIER

Non, Madame.

DE FRADETTES.

M. de Montpaze est-il déjà venu plusieurs fois ici?

BERTHIER

Trois OU quatre fois.

CHRISTIANE

Avec une autre personne?. . une femme ?

BERTHIER

Je ne peux pas répondre exactement.

CHRISTIANE, agrcssive.

Parce que?

BERTHIER

Il y a deux entrées à l'hôtel. Une par la grande porte, et une par le jardin... Monsieur, qui a les clés, peut donc très bien, sans que je le sache, amener d'autres personnes, {Montrant la baie.) en les faisant passer par ici... il y a là un petit escalier qui descend au jardin.

DE FRADETTES.

Alors vous n'avez pas vu?

BERTHIER

11 aurait fallu pour cela que je reste tous les jours en observation... On a son travail, n'est-ce pas, Monsieur?

CHRISTIANE

Mais ici, dans l'appartement, vous n'avez pas eu d'indice pouvant vous prouver que Monsieur de Montpaze s'était déjà rencontré avec quelqu'un?

BERTHIER, apvès uu peu d'hésitation.

Non, Madame !

CHRISTIANE

Vous hésitez .. . prenez garde!

BERTHIER

C'est le mot prouver... je ne peux pas dire que j'aie eu de preuve !

DE FRADETTEs, soulagé par ce doute.

Ah!

CHRisTiANE, insistaut .

M. de Montpaze ne vous a jamais donné l'ordre de préparer l'appartement, par exemple. . . comme au jour-d'hui?

BERTHIER

Si, une fois, il y a une dizaine de jours.

CHRISTIANE, Satisfaite, regardant Fradettes. Ah!

DE FRADETTES.

Tout cela est bien vague!

CHRISTIANE

Combien M. de Montpaze a-t-il de clés du jardin?

BERTHIER

Deux.

CHRISTIANE

Et d'où pourriez-vous voir les personnes qui entreraient par là ?

BERTHIER

D'une petite fenêtre, derrière ma loge, qui donne de ce côté...

GHRISTIANE.

Avez-vous une sonnette, de votre loge à ce salon?

BERTHIER

Non, madame; mais de ma loge à rantichambre, il y en a une... On l'entend parfaitement d'ici.

Alors, VOUS allez descendre chez vous et surveiller attentivement la porte du jardin. Si une femme vient par là, vous sonnerez une fois et si c'est Monsieur, deux fois... (A de Fradettes.) Vous n'avez pas d'autres questions? (// fait un signe de dénégation. — A Ber^thier.) C'est bien. .. Allez !

(// sort en sHnclinant.)

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