Bulletin thérapeutique
comparative de la médication stibièe et arsenicale dans le traitement de la chorée. Les cas publiés sont tous en faveur de la médication arsenicale.
En i8?9, un élève de Siredey reprit les mêmes conclusions dans sa thèse : De la médication arsenicale dans la chorée. C’était du reste le traitement employé par Trousseau, Grisolle et Jaccoud.
En 1880 parut sur la chorée une thèse d’un élève de Bouchut où d’appréciables résultats sont relatés. Celle de Pichenet en 1886 nous dit encore les avantages de l’arsenic dans cette affection.
A cette époque l’antipyrine éclipsa momentanément l’arsenic dans le traitement de la chorée, d’autant plus facilement que ce corps était plus maniable. Mais en peu de temps l’arsenic reprit sa place. Un élève de Marfan, sous l’instigation de son maître, publia une thèse où les résultats des deux médications sont comparés, ils sont nettement en faveur de l’arsenic. Del Pozzo, élève de Comby, conclut aussi dans sa thèse à la supériorité de l’arsenic et le maître lui-même, qui est un des défenseurs résolus de cette médication, l’emploie journellement avec succès dans son service des Enfants-Malades.
L'arsenic dans la tuberculose .
Desgranges, en 1806, apprit avec surprise que des médecins américains avaient osé donner de l’arsenic dans la phtisie et il essaya le traitement à l’hôpital de Lyon, mais sans résultat appréciable.
En 1849, Garin, dans le Journal de médecine de Lyon , a rapporté quelques observations de phtisie où il avait obtenu des succès très encourageants qui lui avaient permis de conclure en ces termes :
a Nos essais ont été faits sur des phtisiques et sur des malades atteints de catarrhe chronique du larynx. Chez les phtisiques, nous avons obtenu non pas des guérisons, mais tout au moins une suspension des accidents fort extraordinaire dans une maladie dont rien ne retarde la marche fatale. Nous avons vu la diarrhée se modérer, la fièvre hectique diminuer, la toux devenir moins fréquente, l’expectoration prendre un meilleur caractère, mais nous n’avons pas guéri. De nouveaux tubercules se formaient et se ramollissaient, et la mort venait, plus tard, il est vrai, mais elle venait, inévitable comme toujours. Toutefois, les résultats que nous avons obtenus sont pour tous des motifs d'encouragement, et rien n’empêche d’espérer que dans les affections peu étendues nous obtiendrons une rapide guérison. »
A cette époque où le diagnostic était fait d’une façon tardive, faut-il s’étonner que cette médication ait donné des résultats incomplets ?
C’est à notre époque qu’il appartenait de fixer le traitement de la tuberculose par l’arsenic après les travaux de M. Armand Gautier.
Néanmoins Jaccoud, Gubler, Trousseau appliquaient le traitement arsenical et Bretonneau croyait à la curabilité de la tuberculose par J arsenic.
Nous trouvons encore quelques discussions isolées sur le traitement de diverses affections par les arsenicaux.
Diabète
H était bien naturel que l’on essayât l'arsenic dans la glycosurie, et, quoiqu’ayant donné lieu à peu de travaux, du moins on peut trouver quelques essais et pas toujours infructueux si l’on en croit leurs auteurs. Il semble que ce soit en 1 834 qu’il fut pour la première fois question de l’arsenic dans le diabète. Le résultat fut assez misérable si l’on en croit Berndt professeur à Greifwald, qui en était l’auteur et qui traita sans aucun succès sept diabétiques par l’arsenic, l’opium et l’émétique. Dans The Lancet , en 1804, Owen Recs cite le cas d’un diabétique qui guérit par l’arsenic, après avoir résisté à tous les autres médicaments.
Trousseau nous dit que les résultats ne lui ont pas semblé défavorables, mais il ne va pas plus loin.
Dans le Bulletin thérapeutique , en 1870, Devergie proposa pour supprimer la glycosurie la médication arsenicale qui agit, dit-il, sinon dans tous, du moins dans un grand nombre de cas.
Gubler nous dit avoir constaté la diminution de la glycosurie, mais il l’attribue à la stéatose des cellules hépatiques, déterminée par le médicament.
Enfin, en 1882, Longevialle fait sa thèse sur le traitement du diabète par l’arsenie et nous montre
que bien souvent la glycosurie diminue sous son influence.
Les expériences récentes de Quinquaud semblent justifier son emploi. Cet auteur injectait douze à quinze gouttes de liqueur de Fowler sous la peau d’animaux ; il piquait ensuite le plancher du quatrième ventricule, et au lieu de l’abondante glycosurie constatée chez l’animal normal, il n’y avait qu’une glycosurie insignifiante. Aujourd’hui c’est surtout aux cacodylates que l’on a recours.
Névralgies périodiq ues .
Harles, dans son ouvrage, nous cite le cas d’un homme qui avait chaque matin de la céphalée qui avait résisté à l’opium, à la valériane et aux autres moyens. La douleur disparut brusquement dès qu’on ajouta à l’infusion de valériane et de calamus aromaticus, de l’acide arsénieux.
En 1828, Delioux, médecin chef de la marine et professeur à l’Ecole de médecine navale de Toulon, après de nombreuses observations relatées dans le Bulletin de thérapeutique , en i853, conclut ainsi : «Je l’ai vu enlever si rapidement et si complètement les retours périodiques de la douleur que j’ai été amené à l’employer en première ligne, contre les névralgies intermittentes. »
En i865, parut un article de Cahen qui fit prendre avec succès de l’acide arsénieux à soixante-cinq personnes atteintes de névralgies.
Isnard, dans un ouvrage qu’il publia la même année, produisit des résultats identiques (i).
Millet, dans son ouvrage ( Emploi thérapeutique de l'arsenic), préconise l’arsenic dans toutes les névralgies et il nous dit qu’il y a là un médicament qui sauvera bien des situations quand tous les anodins auront échoué. Il va même jusqu’à en faire un médicament héroïque dans les gastralgies ; et il nous cite plusieurs observations. Mais il semble que l’auteur a interprété les résultats un peu légèrement. Dans ses observations, les résultats satisfaisants étaient obtenus chez des jeunes filles de 16 à 20 ans, qui présentaient des symptômes de chlorose ou chez des femmes âgées nettement hystériques.
Ces faits nous rendent donc un peu sceptiques sur le traitement de la gastralgie par l’arsenic.
Dans les névralgies périodiques, Guéneau de Mussy préconisait les bains arsénicaux ainsi composés:
Pour un bain :
Carbonate de soude . 100 gr.
Arseniate de soude . 1 gr.
Asthme .
Pour le traitement arsenical de cette affection nous avons vu que l’antiquité nous avait précédés. Les médecins du xvie siècle employèrent l’orpiment. Plus tard Alexander prescrivait la liqueur de Fowler contre cette affection. Enfin nous connaissons les ciga-