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LES ARTÈRES SPINALES

Les artères spinales n'ont pas toujours été décrites de la même manière, et la description qu'en font les modernes diffère de celle des auteurs anciens.

Conceplion ancienne. — Les anciens anatomistes considéraient la moelle comme irriguée par deux artères principales, la spinale antérieure et la spinale postérieure, nées des vertébrales, qui suivent la moelle sur toute sa hauteur, contenues dans un véritable ligament pie-mérien. A tous les étages, elles envoient des rameaux qui s anastomosent avec les branches terminales des rameaux spinaux des artères intercostales ou lombaires. Elles gardent à peu près leur calibre sur toute leur hauteur, et même augmentent légèrement de volume à la région lombaire ; car elles sont renforcées, au niveau de chaque segment, par des branches artérielles venues directement des rameaux spinaux, et que fournissent successivement, et de haut en bas, la vertébrale, la cervicale ascendante, les intercostales, les lombaires et les sacrées latérales.

C'est ainsi que les considéraient Cruveilhier (1), Sappey (2), Testut (3), Farabeuf (4), et la plupart des anatomistes du xixe siècle. |

D'après cet exposé, ies artères spinales antérieure et postérieure jouent le principal rôle dans l'irrigation de la moelle.

Conceplion moderne. — Actuellement, à Ja suite des travaux de Rauber, Adamekiewiez (5), Kady1(6), Charpy (7), l'on décrit (2) (3) Analomie descriptive.

Article: Moelle, anatomie. — Dict. Dechambre, €. VIT, p.297.

) (4) (5) Comptes rendus de l’Académie des Sciences de Vienne, t. LAXXV, p. 114. (6) (7)

les artères de la moelle épinière comme des artères segmentaires. Chacune d'elles correspond à un segment, ou mieux, à un métamère médullaire. Chaque artère spinale, branche de bifurcation dorsale des artères intercostales ou lombaires, pénètre par le trou de conjugaison, et aborde le nerf mixte au point de réunion des deux racines. Là, elle donne une branche à chaque racine : l’une est radiculaire antérieure, l’autre radiculaire postérieure. Ces branches envoient dans l'intérieur de la pie-mère des artérioles, et vont, sur la ligne médiane, renforcer les troncs spinaux antérieur et postérieur. Aussi, est-ce à ce titre que les auteurs précités considèrent les spinales antérieure et postérieure non comme des troncs artérlels prolongeant les vaisseaux de même nom venus de la vertébrale, mais comme des /roncs anastomotiques, considérablement développés en vue de leur fonction, qui réunissent entre eux tous les étages de la moelle, et sont renforcés au niveau de chaque segment médullaire par les branches qu'ils reçoivent des artères correspondantes. C'est ce que semble bien admettre Charpy, quand il écrit dans le tome [I du Traité d'Anatomie de Poirier, à la page 251 : « On a, jusqu’à présent, décrit le système artériel de la moelle, comme essentiellement fourni par les vertébrales, dont les branches collatérales, dites spinales antérieure et postérieure, descendraient verticalement jusqu'au bout de la moelle, en se renforçant à différents niveaux, de branches émanées des artères voisines. Mais il y a tout lieu de croire que les vaisseaux ont une disposition segmentaire, comme la colonne vertébrale, et comme la forme primordiale de l'organe lui-même, et que, par conséquent, les troncs d'origine sont aussi nombreux et aussi distincts que les racines nerveuses, et que les vaisseaux longitudinaux sont les ramufications anastomotiques d'artères radiculaires indépendantes. Aussi l'artère spinale antérieure, loin d'aller en diminuant à partir de son origine, est-elle au contraire plus volumineuse à la région lombaire ».

Pour cet auteur, par conséquent, et pour les auteurs allemands dont il a analysé les travaux, les spinales antérieure et postérieure ne représentent que des troncs anastomoliques, aboutissant tous deux, en haut, aux petites branches spinales

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