‹ Les Arthrites à méningocoquesChapitre 13 sur 30 · FAC LE AN · texte numérisé non relu

FAC LE AN

dorsale. Limitation de la flexion, extension à peine ébauchée. Atrophie surtout des extenseurs.

Séances de massage tous les jours. Le re avril l’abduction du bras droit est ébauchée, le 3 elle est à 4o degrés, le 6, la malade peut rompre son pain, couper sa viande, le 10, elle se coiffe seule, le 15 elle fait son lit. Le poignet droit a récupéré toutes ses fonctions. À gauche, l’'épanchement a diminué et les mouvements d'extension sont meilleurs.

Le 17 avril la malade quitte l’hôpital guérie de sa méningite et très améliorée quant à ses arthrites.

Elle continue par la suite le traitement massothérapique.

Le 14 mai on note : abduction passive complète du bras, disparition de l’épanchement du poignet gauche qui demeure

cependant un peu empâté. En bonne voie de guérison.

Cette observation nous paraît intéressante à plus d’un titre. Elle offre un type d’arthrite méningococcique apparaissant au même moment que la méningite. On pourrait objecter que la ponction n’ayant pas été pratiquée, l’explication donnée par la malade (chocs répétés du poignet le long de la paroi) est vraisemblable.

L'absence d’ecchymoses sur la peau, l'apparition postérieure d’autres localisations articulaires nous paraissent des motifs suffisants pour rejeter cette hypothèse.

L’arthrite de l’épaule, survenue au douzième jour de la maladie pouvait faire songer à un accident sérotoxique. Mais les arthropathies d’origine sérique sont loin d’avoir la ténacité de celle présentée par

Ne

notre malade. Elles n’amènent jamais d’atrophie musculaire, et s’accompagnent en général d'érythèmes ortiés-caractéristiques.

Une seconde particularité est la forme plastique qu'ont prises les arthrites. Elles se sont montrées tenaces, irréductibles au traitement sérique, seulement influencées par un traitement massothérapique prolongé. Elles. s’opposent par là aux arthrites mé- | ningococciques habituelles.

Enfin, il nous semble intéressant de noter, qu’au moment de l’acuité des phénomènes méningés, il n’a été possible de cultiver le méningocoque que dans le milieu T, les tubes de gélose ascite n’ayant donné naissance à aucune colonie. Le choix d’un milieu très électif n'est donc pas un facteur négligeable. .

Arthrites post-méningitiques.—L'arthrite consécutive à la méningite cérébro-spinale peut être :

1° Précoce;

2e Tardive.

1° Précoce et c'est le cas le plus habituel ; elle survient alors entre le quatrième et le sixième jour dela maladie.

L'observation de Vigot, qui nous a servi à décrire la forme suppurée de l'arthrite méningococcique, en montre un exemple typique. Lacaze et Eschbach rapportent des faits analogues.

A cetle période,la forme suppurée est la règle et là encore le genou est le plus fréquemment atteint.

Il n'existe pas de relation étroite entre la persis-

Pen: 100 | sem

tance ou la disparition du méningocoque dans le liquide céphalo-rachidien et l'apparition de la fluxion articulaire. Dans certains cas (Vigot, Lacaze) le dipiocoque de Weichselbaum a disparu des espaces sous arcachnoïdiens, dans d’autres (Lacaze) il y végète encore.

2° Tardives, elle apparaît à la période terminale de la méningite, parfois même lorsque le processus méningé est atteint ; c’est ainsi que chez un malade observé par Sainton, atteient de méningite légère et complètement guéri, survint au seizième jour une arthrite du genou. Lafosse a vu dans un cas l’arthropathie survenir très tardivement quinze Jours après les accidents sériques et plus d’un mois après le début méningé ; pourlant sa disparition rapide après injection,de 5 centimètres cudes de sérum dans l’articulation, en même temps que la régression des arthralgies sur les autres jointures, l'ont amené à penser qu’il s'agissait bien d’une manifestation méningococcique.

Elles sont parfois tellement tardives, que Netter et Durand, frappés de ce fait que la plupart du temps il est impossible d’y déceler le méningocoque, leur ont décerné la dénomination d’arthrites critiques, leur reconnaissant ainsi une origine toxique. Nous exposerons au paragraphe Pathogénie les raisons qui nous incitent à penser que ces manifestations articulaire ne sont pas d’un type spécial.

BA pe

$ 2. — Les Arthropathies évoluant sans méningite

Si les manifestations articulaires sont une complication, —. à la vérité fréquente — de la méningite cérébro-spinale, elles sont un des éléments les plus stables de la méningococcémie.

En effet, le tableau clinique de cette entité morbide -- récemment isolée — comporte le syndrome :

1° Fièvre à caractère souvent pseudo-palustre;

2° Eruptions papuleuses ou purpuriques ;

3° Arthropathies.

Elles apparaissent donc d'une façon constante dans les septicémies déterminées par le méningocoque, mais elles y revêtent deux types différents, la forme arthralgique et la forme suppurée.

Forme arthralgique. — De beaucoup la plus fréquente a été bien décrite par P.-L. Marie, Postret, Brette, Sainton.

Elle est caractérisée par des douleurs assez violentes exacerbées au moment des accès fébriles,

localisées d'ordinaire aux poignets, aux chevilles, aux | genoux, aux coudes. Souvent les petites articulations des extrémités sont. touchées. Au niveau des jointures atteintes, la peau conserve son aspect habituel, parfois trahit une légère coloration rosée, souvent il est possible d’y noter quelques éléments éruptifs papuleux ou purpuriques. Le malade immobilise

son articulation, mais la gêne fonctionnelle est peu marquée. La pression et la mobilisation de la jointure exagèrent les phénomènes douloureux. A l’ordinaire il n’est pas possible de déceler un épanchement, cependant dans les cas observés par Portret, les jointures présentaient un gonflement léger.

Il n’est pas rare, l’accès terminé, de voir disparaître ces arthralgies, elles sont en effet très fugaces.

Mais l’accès suivant les ramène soit aux mêmes jointures soit à d’autres articles. Durant les périodes d’accalmie, le malade éprouve une sensation de lassitude, d’épuisement, comme s’il avait été roué de coups.

L'évolution et la durée de ces manifestations articulaires sont les mêmes que celles de la méningococcémie. Méconnue, celle-ci se prolonge parfois très longtemps (trois mois et même plus) à moins qu’une méningite ne survienne et commande une thérapeutique spécifique. Parfois aussi, le méningocoque se fixe sur une articulation et y détermine une suppuration rapide dont le diagnostic peut être plus aisément posé.

Forme suppurée. — Elle apparaît à tous les stades de la septicémie, souvent au début. La symptomatologie ne diffère en rien de celles des arthrites suppurées au cours de la méningite cérébro-spinale et dont nous avons donné les caractères essentiels.

En voici plusieurs observations :

OBSERVATION VI(Faroy et May, résumée).

Ch..., quarante et un ans, pris brusquement vers les 4 mars de frissons, courbature, vomissements. Entre à l'hôpital le 5 pour des douleurs généralisées. La température est à 4o°7, le pouls à 120. Pas de Kernig ni de raïdeur de la nuque ; l'examen est négatif sauf une bande de submatité à la base droite avec quelques râles sous-crépitants.

Hémoculture : après quarante-huit heures fertilisée par un méningocoque type A.

6 mars. — Amélioration de signes généraux. Apparition d’une douleur intense au niveau de l'articulation du médius droit.

7 mars. — Les articulations du médius droit sont rouges et gonflées. Apparition de douleurs au-niveau du poignet gauche, puis du genou et du pied droits. Une nouvelle hémoculture reste stérile. On injecte 4o centimètres eubes de sérum antiméninigococcique sous la peau.

8 mars. — Même état général sans signes méningés. Une ponction lombaire retire un liquide clair, non hypertendu, contenant de rares lymphocytes; l’albuminurie est normale.

L'examen direct et la culture ne révèlent aucan microbe,

Les symptômes articulaires se sont intensifiés, le genou droit est globuleux, la synoviale est distendue, mais la peau ne présente ni rougeur ni œdème. La jointure est le siège d'une vive douleur réveillée par le moindre mouvement, survenant même au repos, sous forme de paroxysmes.

Ponction de l'articulation : liquide purulent, filant, assez fluide et remarquable par sa couleur verdâtre, riche en

polynucléaires altérés ; pas de microbes, culture stérile. L'en-

MR +, si

semencement du mucus rhino-pharyngé permet d'identifier un méningocoque A.

Injection sous-cutanée de 60 centimètres cubes de sérum.

9-10 mars. — Etat stationnaire. Injection quotidienne de 5o centimètres cubes de sérum sous la peau.

11 mars. — Etat précaire, malade amaigri, au facies tiré, La ponction lombaire montre un liquide céphalo-rachidien normal, stérile. Les arthropaties sont en régression, sauf celle du genou. On y injecte 2 cmce. 5 de sérum après ponction de 20 centimètres cubes de pus de même aspect que précédemment. La culture et l'examen en sont négatifs ;ilen sera de même lors de toutes les ponctions suivantes. Cette injection intra-articulaire, comme celles pratiquées ultérieurement, ne détermine aucune réaction locale ou générale.

12 mars. — Injection intra-articulaire de 7 centimètres cubes de sérum et de 30 centimètres cubes intra-veineux.

13 mars. — Amélioration, 30 centimètres cubes intraveineux de sérum.

14 mars. — La température a baissé, le malade plus reposé comme l’arthrite du genou ne régresse pas, on le dirige sur le service de chirurgie. La ponction de l’article retire 80 centimètres cubes de pus, puis on injecte quelques centimètres cubes d’éther.

Les jours suivants les accidents articulaires disparaissent. Le malade guérit, mais vers le 19 mars une angine banale élève à nouveau la courbe thermique et se traduit par un tableau inquiétant.

Bientôt tout rentre dans l’ordre ; le 27 mars le malade est

guéri.

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