OBSERVATION XI
M... Marcel, 15 ans (Sanatorium Vancauvenberghe). Ostéoarthrite aiguë suppurée de la hanche.
Dans les antécédents héréditaires du petit malade, on note que la mère est morte de tuberculose pulmonaire quand l’enfant avait deux ans. Le père a été tué à la guerre.
Enfant maigre.
Antécédents personnels : L'enfant n'a jamais été gravement malade. Il aurait été mordu dans son jeune Âge par un chien enragé et il aurait été soigné à l’Institut Pasteur de Lyon. Un peu avant la maladie actuelle, l’extrémité inférieure du tibia à été le siège d'une suppuration d’assez courte durée.
Histoire : L'affection qui a motivé son admission au Sanatorium a débuté il y a deux ans. Un soir, en rentrant de l’école, il est pris brusquement de violentes douleurs qui l’obligent à se coucher. Il ne dort pas cette nuit-là en raison de l'intensité des douleurs. Le lendemain et les jours suivants, il reste au lit, son membre inférieur droit lui refuse tout service et les symptômes généraux apparus avec les premières douleurs sont d'emblée très graves. La fièvre est élevée, l'enfant est en plein délire. La région de la hanche est le siège d'un gonflement marqué,
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Quelques jours (?) après le début, un médecin fait une incision au bistouri : du pus s'écoule en abondance, la fièvre tombe, mais la suppuration persiste.
Le jeune malade entre à l’hôpital d'Annonay où il est opéré six mois plus tard (nous ne savons pas quel genre d’intervention il à subi). La plaie opératoire se referme, mais il se forme dans la fosse iliaque externe droite un abcès encore fistuleux aujourd’hui.
Il fait ensuite un séjour de deux ans et demi au Sanatorium de Mindin (Loire-Inférieure).
Examen : Le 24 décembre 1923. Le membre inférieur droit est fléchi à 30° environ, il est en adduction légère et rotation externe. Raccourcicement 2 cm. 5. La racine du membre est un peu tuméfiée ; on perçoit à droite et à gauche l'existence de ganglions inguineux, mais ils sont plus nombreux et plus volumineux du côté malade. Sur le côté externe de la cuisse on voit une cicatrice déprimée. Il existe une petite fistule bourgeonnante en dedans de l’épine iliaque antéro-supérieure droite, à 2 cm. environ du dessus de l’arcade de Fallope.
À travers les parties molles de la cuisse on sent l’extrêmité supérieure du fémur (région trochantérienne et sous-trochantérienne) assez fortement hyperplasiée et un peu douloureuse à la pression.
La hanche est ankylosée.
Le membre inférieur est atrophié. L'état général est assez bon. Les incisives sont érodées, usées. Canines crénelées.
Le 29 janvier 1024, la fistule fémorale cicatrisée à l’arrivée se rouvre et pendant plusieurs mois donne issue à du pus par intermittence ; chacun de ces réveils infectieux s'accompagne d’une élévation thermique à 38°, alors que le malade est apyrétique.
En septembre, on prescrit un traitement spécifique (benzoate de mercure) en raison de l'aspect radiologique de l'os. Ce traitement ne peut être poursuivi plus de quelques jours par suite de l’intolérance du malade.
Pendant les derniers mois de 1024, les foyers osseux se réveillent plusieurs fois. La température s'élève, l'enfant vomit, la suppuration devient très abondante. On constate dans l’urine la présence de quelques traces d’albumine.
Le 22 décembre 1924, intervention par M. le Professeur Le Fort. Incision des téguments au niveau de la partie antéro-
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externe du fémur. On arrive sur de l’os dénudé et on découvre le foyer au niveau duquel les fistules communiquent. On fait une large brèche osseuse dans la partie externe du fémur. Le trochanter est réséqué ainsi que la plus grande partie du col. On enlève de nombreux séquestres irréguliers et assez gros. Contre ouverture et drainage.
En janvier 1925, la fistule iliaque qui s'était refermée s'ouvre à nouveau. Le foyer tibial suppure en avril.
Au mois d'août, le malade se plaint d’une douleur assez vive au niveau de la partie moyenne de la crête iliaque, qui est également douloureuse à la pression. On note une légère tuméfaction en cet endroit. Pas de température.
Cette douleur et cette tuméfaction ont disparu un mois plus tard.
De nouvelles poussées fébriles accompagnées d’une augmen-
tation de la suppuration surviennent encore à plusieurs reprises et les fistules fémorale, iliaque et tibiale entrent en activité.
Deux gros drains sont installés, l’un dans le cotyle, l’autre en avant et en dedans, vérs les adducteurs, où se trouve un abcès. L'examen de la tête fémorale montre que celle-ci est peu malade comparativement à l’os coxal. Il s’agit d’une ostéomyélite de l’os coxal.
Suites : On installe une traction continue et on fait des lavages dans les drains avec la liqueur de Labarraque.
La température reste élevée, elle décrit de grandes oscillations entre 37° et 30°, parfois 40°. L’hémoculture montre la présence de staphylocoque doré dans le sang.
Le 23 avril, on injecte un auto-vaccin et on continue la vac-
cinothérapie les jours suivants (une injection tous les deux jours). On ouvre à plusieurs reprises des foyers purulents.
Pendant deux mois environ, la température oscille entre 37° et 30°. L'état général reste grave.
Le 29 avril, on ouvre à nouveau le foyer, d’où s'écoule un demi-litre environ de pus. Drainage.
Le 4 mai, on constate que de l’urine s'échappe par la plaie opératoire. On place une sonde à demeure dans la vessie.
L'écoulement d'urine cesse le 18 juin. La température tombe quelque peu : elle oscille entre 37° et 38°, puis reste à la normale,
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Le 23 juillet, la malade qui avait quitté le service, revient avec un volumineux abcès de la cuisse droite. Cette tuméfaction a débuté 8 jours avant l’entrée et s’est accompagnée de l'émission d’urines purulentes. L'abcès occupe toute la face antéro-externe de la cuisse droite. Incision sous anesthésie à la novocaine et drainage postérieur. Il s'agit d’un vaste abcès urineux. Sonde urétrale à demeure pendant 8 jours.
Le 11 août, on ouvre une nouvelle collection dans le triangle de Scarpa.
La malade sort le 26-8-18 pour retourner en France non occupée. La suppuration a diminué, la température est de SE en moyenne.
Elle entre le 2 octobre 1919 à l'hôpital Saint-Sauveur (service de M. le Professeur Le Fort).
Depuis son départ de la Charité, elle continue à perdre ses urines par la plaie fessière. En janvier 1010, les mictions jusqu’alors normales deviennent plus fréquentes, plus impérieuses, et en mars 1919, elle est dans l'impossibilité d’uriner sans aller en même temps à la selle. Elle souffre en urinant, ses urines sont troubles et contiennent par moment un peu de sang.
En janvier 1026, l’état est stationnaire. Le traïtement spécifique est repris et cette fois il est mieux toléré.