OBSERVATION XXII
H... Hector, o ans (Hôpital Saint-Sauveur). Ostéomyélite irochantérienne avec réaction articulaire passagère de la hanche. Guérison avec liberté des mouvements de la hanche.
Antécédents : Parents vivants bien portants. Ils ont eu trois enfants. Le premier est mort en bas âge, le second est celui qui fait l’objet de cette observation, ie troisième est en bonne santé.
Rien à signaler dans les antécédents personnels du malade.
Le début de l'affection qui a motivé son admission à l’hôpital Saint-Sauveur, semble devoir remonter à plusieurs années. Le 15 novembre 1918, le patient ressentit un matin, au moment d'aller à l’école, une douleur intense dans la hanche droite, sans traumatisme initial. Il se trouve dans l'impossibilité absolue de marcher, et doit se coucher immédiatement. En même temps que la douleur apparaît un peu de fièvre, quelques frissons. L'enfant n’a pas d’appétit, il a des nausées, de la diarrhée.
Un médecin appartenant à une formation sanitaire cantonnée dans le voisinage est appelé aussitôt, et voit l’enfant lc jour même. Il parle de coxalgie, prescrit un traitement médical en raison de la gravité des phénomènes généraux qui avaient seuls attiré son attention, mais n’institue aucun traitcment local. La fièvre et les divers troubles de l’état général persistent sans la moindre atténuation pendant environ une semaine. L'enfant garde toujours le lit.
Huit jours après le début des accidents, un nouveau médecin porte encore le diagnostic de coxalgie aiguë et applique un appareil à extension continue. Très rapidement les phénomènes généraux s’amendent; bientôt l'enfant ne souffre plus de sa hanche. Six mois après, l'appareil à extension est cnlevé et le petit malade peut marcher sans la moindre difficulté, nc boitant nullement.
Complètement guéri en apparence, l'enfant fréquente l'école et joue, avec ses petits camarades sans jamais se ressentir, pendant environ deux ans et demi, de la maladie qui avait nécessité une immobilisation prolongée.