‹ Les Arthrites de la Hanche dans l’Ostéomyélite aiguë de l’adolescence et de la seconde enfanceChapitre 51 sur 59 · OBSERVATION XXXII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXII

D... François, 11 ans (Hôpital Saint-Sauveur). Ostéomyélite de la branche ischio-pubienne, avec réaction passagère de l'articulation de la hanche. Guérison sans ankylose.

Un jeune garçon de 11 ans entre le 10 janvier 10921 à la clinique chirurgicale infantile parce qu'il éprouve des douleurs dans la hanche gauche s’accompagnant de fièvre et troubles de l’état général.

Histoire : T1 y a huit jours, le petit malade qui, jusqu'alors, avait toujours été bien portant ressentit de vives douleurs dans la hanche gauche. La marche fut rapidement difficile. L'enfant présentait des troubles de l'état général, des frissons, de la fièvre, de l’anorexie, de l’insomnie l’obligeant à garder le lit.

Examen : L'état général est sérieusement atteint, Le faciès est terreux, les pommettes rouges, les lèvres sèches, la langue saburrale. La température est de 3895, le pouls est rapide.

Sur le thorax et les membres supérieurs, les téguments desquament. L'enfant affirme n'avoir pas été malade avant d’avoir présenté les troubles qui ont motivé son admission. D'après lui, cette desquamation aurait toujours existé.

Le malade placé dans le décubitus dorsal présente l’attitude suivante : la cuisse droite est fléchie sur le bassin en légère abduction et rotation externe. Aucun mouvement n’est possible dans l’articulation de la hanche. L'enfant ne peut soulever son talon au-dessus du plan du lit. La cuisse ne peut être placée en extension complète, et la flexion ne peut être augmentée. L’abduction et l’adduction sont douloureuses. Les mouvements imprimés à la cuisse provoquent une vive douleur. Néanmoins, une mobilisation douce de la cuisse permet de déplacer celleci sans entraîner le bassin. Ces mouvements sont limités. L'enfant peut encore marcher mais péniblement. Il boite, déplace

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en même temps la cuisse et le bassin, place le pied en équinisme.

La partie supérieure de la cuisse est tuméfiée et cette tuméfaction est surtout manifeste au niveau de la partie supérointerne de celle-ci. Dans cette région, on constate une légère élévation de température locale. La fesse droïte paraît plus volumineuse, tuméfiée; le pli fessier paraît abaissé du côté malade. La région périnéale est éalement tuméfiée, principalement à droite.

Au niveau du pli inguinal, un ganglion dur, du volume d’une noisette, un peu douloureux à la pression est perceptible.

La pression exercée sur l'épine iliaque et sur le pubis nest pas douloureuse. Par contre, on provoque une vive douleur en appuyant sur l’ischion et surtout dans la région périnéale. La palpation du col fémoral est indolore. Le toucher rectal n’est pas très douloureux.

Le 12 janvier, injection de 1 cc. de stock-vaccin antistaphyloccocique. Le 13 janvier, deuxième injection de vaccin. Pansement humide au niveau de la région inguinale.

Le 13, une radiographie montre une lésion de la branche ischio-pubienne. Un peu au-dessous du pubis, on voit une solution de continuité osseuse avec,semble-t-il,un petit séquestre osseux isolé dans la perte de substance. Au niveau de l'articulation coxo-fémorale, l’interligne articulaire est flou.

On continue à faire des injections de vaccin antistaphylococcique jusqu’au 18 janvier.

La tuméfaction a augmenté. Les téguments sont rouges, douloureux à la pression.

Intervention le 19 janvier, par M. le Professeur Le Fort. Incision dans le pli génito-crural.

T1 s'écoule un pus grumeleux jaune verdâtre dont la quantité peut être évaluée au contenu d’un verre à bordeaux. Quelques petits séquestres osseux sont éliminés avec le pus. La lésion osseuse est curettée. Drainage.

Suites : Le 27 janvier, la température s'élève à 40°. Cette élévation thermique est passagère. La suppuration diminue progressivement.

Le 9 février, suppression du drainage.

L'enfant quitte le service le 26 février, guéri.

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