DATE
L'exploration du foyer de fracture montre un état gan-
gréneux de l'os, il semble que l'état des lésions doit con-
duire, dans la suite peut-être, à une amputation de cuisse.
31 janvier. — La lempérature (39°) s'explique par l'existence de fusées purulentes de la cuisse.
2 février. -: Depuis quelques jours, l’état du blessé périclile. La température s'élève, le pouls oscille entre 100 et (10, le teint est pâle, terreux. Le blessé est couvert de sueurs. [la maigri de façon notable.
Localement il existe de l'œdème de la cuisse, et on pense un instant à une diffusion dans les muscles du pus articulaire.
En raison de l’état général du blessé, de la résorption qui se fait au niveau du foyer de fracture, Landis que l'élat local n'indique aucun drainage, on décide de ne pas remuer l'infection par une revision du foyer de fracture et de l'arthrotomie, on pratique une ampulation de cuisse au quart inférieur.
L'incision du cul-de sac sous-tricipital est comprise sur le trajet du tracé de l'incision. On pratique une amputalion circulaire classique infundibuliforme.
Deux fusées dans les muscles vaste externe -et vaste interne semblent assez bien limitées et ne sont peut être que deux culs-de-sac sous-tricipitaux extrêmement étendus. Des incisions longiludinales débrident ces fusées purulentes. Le lambeau est créé infundibuliforme, mais ces incisions de décharge en permettent létalement parfait. On laisse tout ouvert.
L'examen de la pièce anatomique monte:
|° L'arthrostomie du genou draine de façon très satisfaisaute, seuls les culs de-sac latéraux sous-tricipitaux contiennent du pus dont l'évacuation se fait mal.
Pas de fusée poplitée.
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La bourse séreuse du jumeau interne communique avec l'articulation. Elle est enflammée, fongueuse, non rompue. Malgré l'incision postéro-interne, qui convenait parfaitement au drainage d’une fusée venue de là, il n'y avait pas encore de pus dans cet espace celluleux. Pas de pus par lincision de drainage externe.
?° Le foyer de fracture est très infecté, rempli de bouillie osseuse, grisâtre, d'odeur fétide. Le plateau tibial externe est fissuré par des refends articulaires et l'infection s’est faite directement par cette voie.
6 février. — Analyse d'urine: ni sucre, ni albumine. Quelques urates.
20 février. — Excellent état général et local. Le moignon n'aura sans doute pas besoin d'être régularisé.
Ultérieurement, le blessé évacué donne de ses nouvelles. Il est complètement guéri au mois d'avril.
OBSERVATION Il
(Due à l’obligeance de M. le docteur Paul Bonnet, chef de clinique chirurgicale à la Faculté de Lyon.)
Plaies multiples par éclats de grenade. — Entre autres blessures : fracture du tibia au tiers supérieur. — Arthrite infectieuse secondaire. — Arthrotomie, puis amputation de cuisse. — Guérison.
Th... François, 20 ans. |
Blessé le 14 janvier, à 5 heures ; entré à l'hôpital le même jour, à 17 heures. |
Le blessé est dans un état lamentable. Il est couvert de blessures, dont quelques-unes sont déjà le siège d'une infection .gangréneuse.
2 fe
1° Membre inférieur droit :
a) Plaie pénétrante du genou droit.
Fracture de la rotule. Arthrite suppurée du genou. b) Trois plaies pénétrantes de la jambe droite.
c) Plaie pénétrante du mollet droit.
2" Membre inférieur gauche :
a) Plaie pénétrante de la cuisse gauche, sur le trajet des vaisseaux fémoraux. | b) Plaie pénétrante de la région latéro-rotulienne ne paraissant pas articulaire.
c) Transfixion de la masse musculaire du mollet. Lésion probable des vaisseaux tibiaux postérieurs. Phlegmon gazeux.
d) Séton infecté de la loge antéro-externe de la jambe.
e) Plaie tangentielle profonde de la région rétro-malléolaire interne, avec lésion possible des vaisseaux tibiaux postérieurs.
f) Séton de la face postérieure du cou-de-pied, allant du tendon d'Achille à la gouttière calcanéenne, sans lésion apparente des vaisseaux
g) Plaie pénétrante de la face dorsale du pied. Petit abcès gazeux.
h) Plaie pénétrante de la région libiale ERA ieure, fracture du libia. Infection gangréneuse.
Opération immédiate (D' Bonnet) : -
1° Membre inférieur droit :
a) Arthrotomie du genou droit, avec suture de la synoviale aux téguments : arthrotomie par la méthode de
Tixier.
Curettage du foyer de fracture de la rotule.
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Extraction du projectile inelus dans l'articulation.
b) Débridement de la plaie du mollet. Extraction du projectile.
2" Membre inférieur gauche :
a) Débridement de la plaie pénétrante de la cuisse. Le projectile n’est pas recherché. Il n'y a pas de lésion vasculaire.
b) Débridement dela plaie latéro rotulienne. Extraction du projectile qui n'a pas pénétré dans larticulation.
c) Large débridement du phlegmon gazeux du mollet.
d) Débridement de la loge antéro-externe de la jambe.
e) Asepsie de la plaie rétro-malléollaire.
f) Asepsie du séton du cou-de pied.
g) Débridement de l’abcès gazeux de la face dorsale du pied.
h, Débridement large de la plaie de la région libiale. Curetlage du foyer de fracture, d'où sort, avec du sang nou. une boullie osseuse yrisâlre d'odeur qangréneuse.
En l'absence de radiographie, on ne poursuit pas la recherche du projectile. Ea lésion osseuse conduit dans la direction du plateau Ubial, mais 1l n’y a pas'de signe clinique de pénétration articulaire.
Lavage au Dakin de toutes les plaies.
Immobilisalion des deux.:membres dans une gouttère métallique.
Le blessé a bien supporté l'opération qui a été conduite aussi rapidement que possible.
Le 19 janvier. Cinquième jour de la blessure.
L'état général est toujours lrès grave.
On s'aperçoit que le genou gauche est le siège d’un épanchement. À la ponction : hHquide hémopurulent. Il est évident que la fracture du bibia a intéressé l’articula -
LAS ton. On pratique séance tenante l’arthrotomie du genou.
Lavage de l'articulation à l'éther.
On se reporte vers: le foyer de fracture dont on agrandit l'orifice d'entrée; le curettage ramène une bouillie osseuse grisàtre, gangréneuse.
Le projectile n’a pas été découvert.
On profite de l’anesthésie pour faire la revision de toutes les plaies. Le foyer de fracture de la rotule droite présente un aspect gangréneux. On pratique l'ablation de la rotule fragmentée. On institu: une surveillancede tous les instants. On note ce jour-là : on sera vraisemblablement conduit à une amputation de la cuisse gauche demain.
Cependant, l'élat général semble, pendant quelques Jours, rester stationnaire.
Le 30 janvier. — L'état général décline. Le pouls est rapide à 120, la température axillaire se maintient à 39, le teint est blafard. En raison des phénomènes de résorpion qui sont la cause de cet état septicémique, on pratique l’amputation de la cuisse gauche.
Ampulation circulaire au quartinférieur. — La ligne d'incision ouvre un abcès collecté de la cuisse dans lequel siège le projectile entré à la face antéro-interne de la cuisse. Une fente interne, agrandissant l'incision ancienne de débridèment de la gaine des vaisseaux, débride cet abcès et transforme le procédé circulaire en procédé en raquette.
Section rapide des muscles. On réalise au total une amputalion à section plane.
L'état général s'améliore nettement à la suite de l'amputation. La température tombe; du jour au lendemain,
RARE NL de 39 à 38 degrés, et le surlendemain à la normale; le pouls descend de 120 pulsations à 90.
Cependant, pendant un mois encore, le blessé est dans un état de faiblesse extrême, entretenue par larthrite, suppurée du genou droit, el on envisage le moment où l’on sera obligé, pour le sauver, de se résoudre à une ampulalion de la cuisse droite.
Une immobilisation plus parfaite, solidarisant la cuisse au bassin, etpermeltant les pansements sans ablation de la goutière plâtrée, aboutit à une amélioration rapide.
Le blessé estévacué, en bonne voie, à la fin d'avril, et ses nouvelles, au 5 juin, sont excellentes.