ARR
COXALGIE EN ÉVOLUTION DE L'ADULTE
grave. Une stricte immobilisation permet de les éviter pendant les 5 ou 6 premiers mois qui sont en somme les mois dangereux, puisque ce sont les mois de remaniement du greffon, quelle que soit d’ailleurs la nature exacte de ce remaniement.
À une période plus tardive Delahaye distingue deux ordres différents de fractures du greffon. Dans un premier ordre de faits la fracture a une symptomatologie nette, elle survient à l’occasion d’un mouvement violent, d’une chute (obs. 26) chez un malade qui avait repris la marche depuis plusieurs mois mais dont la hanche très mobile au moment de l'intervention n’est encore maintenue en ankylose que par le greffon. La fracture du greffon est alors douloureuse, elle ne saurait passer inaperçue. La conduite logique à tenir est d’immobiliser le malade dans un plâtre ; un délai de 40 à 5o jours serait suffisant pour Delahaye à amener la constitution du cal. Si la radiographie vient en témoigner il n’y a pas à immobiliser le malade plus longtemps, mais nous croyons que le délai pourra être sensiblement plus long (3 à 6 mois).
Si l’on craint une très longue durée d’immobilisation, si les deux fragments du greffon ont bougé et ne sont plus en contact, il est légitime de réintervenir et de placer un nouveau greffon tibial au contact du premier et après avivement, comme on le fait dans la pseudarthrose (obs. 22).
Dans un deuxième ordre de faits la hanche étant par elle-même peu mobile au moment de la fracture du greffon celle-ci peut passer inaperçue, la conséquence en est la formation plus difficile du cal qui peut donner au membre le temps de se placer en adduction, ou même on peut voir survenir une pseudarthrose du greffon, nécessitant une nouvelle intervention. Nous n’avons pas observé des faits de cet ordre.
On peut envisager enfin la possibilité de fractures du greffon plus tardives survenant chez un malade dont la coxalgie est guérie et qui ne nécessiteraient alors aucune thérapeutique spéciale, soit que la hanche fût le siège d’une ankylose osseuse articulaire, soit au contraire que le peu d'importance des destructions et la persistance de mouvements étendus permettent de considérer ce résultat comme supérieur à l’arthrodèse. Rappelons qu’Albee chez un de ses opérés a supprimé volontairement le greffon pour permettre au malade de retrouver la mobilité de sa hanche. Il ne paraît pas que des cas de ce genre puissent être bien fréquents ni que lindication
Arthrodèses de la hanche. n
L'ARTHRODÈESE DE LA HANCHE
de la suppression du greffon se posera bien souvent en pratique.
Il nous semble que ces résultats éloignés de l'arthrodèse paraarticulaire sont extrêmement favorables malgré les incidents que nous venons d'étudier. Cette intervention pratiquée dans les conditions et sur les indications que nous avons précisées a rendu de grands services aux malades à qui elle a été faite ; elle leur a assuré une guérison d'une rapidité et d’une qualité auxquelles ne peut prétendre le traitement orthopédique.