INDICATIONS
De nombreux résultats d’arthrodèse de la hanche dans les coxalgies anciennes ont été publiés. Ils ont presque toujours paru très favorables et l’arthrodèse a conquis dans ces cas droit de cité. Elle est devenue une intervention courante dans les séquelles de la coxalgie. On a eu l’occasion de la pratiquer très souvent à hôpital maritime de Berck. Nous avons recherché ces anciens opérés dans le but de voir si l'intervention avait bien donné chez eux ses promesses et si aucun incident ne s'était produit. Nous avons pu ainsi retrouver 38 opérés anciens, dont l'intervention remonte à plus de 2 ans et beaucoup même opérés depuis 4 ou 5 ans, l'opération la plus ancienne datant de 8 ans. La statistique globale comportait 48 cas.
Comme nous l’avons fait pour les arthrodèses de la hanche dans les coxalgies en évolution, nous allons indiquer rapidement dans quel esprit et suivant quelles règles générales ces interventions ont été faites et quelles indications ont été retenues, dans quelles conditions ont été opérés les malades et avec quelles techniques. Nous ne pensons pas qu'il y ait lieu de faire ici une séparation formelle entre les enfants et les adultes, nous signalerons simplement chemin faisant les points différents chez les uns et chez les autres. Nous donnerons ensuite les 38 observations (23 enfants, 15 adultes) revues par nous dans ces derniers temps, commentant ensuite leurs résultats et signalant les incidents que nous avons pu relever.
On sait que les modes de guérison de la coxalgie sont loin d’être toujours favorables au point de vue fonctionnel et que les séquelles peuvent en être extrêmement gênantes. Ces faits sont bien
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connus. Le rapport de P. Mathieu au Congrès d’orthopédie en 1926 a mis parfaitement au point le traitement des séquelles. C’est à cette occasion qu'il a repris les arthrodèses de la hanche et qu'il a donné à cette intervention l’essor que nous lui voyons aujourd’hui.
Nous ne voulons donc pas revenir sur cette étude des séquelles. Nous voulons rappeler simplement quelques points sur lesquels M. Sorrel a attiré à juste titre notre attention.
Il semble que devant l’excellence des résultats de l’arthrodèse dans les coxalgies anciennes et la vogue de cette intervention certains médecins ou chirurgiens aient pensé qu’une coxalgie en dehors des ankyloses osseuses, ne donnait pas une guérison suffisante et qu'une arthrodèse s’imposait fatalement sur toute hanche dont le foyer était guéri avec conservation de mouvements. Ceci paraît être une erreur monumentale et elle n’a jamais été dans la pensée des premiers protagonistes de l’arthrodèse.
Nous avons signalé dans la première partie de ce travail les recherches de Delahaye sur les résultats du traitement classique. Elles n’apportaient rien que l’on ne sût autrefois, mais il était bon de les reprendre à l'heure actuelle et par comparaison avec les résultats opératoires. Il est indiscutable, et il faut le rappeler, qu’il existe des coxalgies bénignes guérissant avec des mouvements très étendus et des lésions très peu marquées. Il serait fou de songer à les ankyloser. Il existe d’autres coxalgies où la destruction est un peu plus marquée, d’autres où il y a pseudarthrose extra-cotyloïdienne. Toutes ces hanches ont conservé des mouvements, faut-il les ankyloser systématiquement ? Non, certainement. On ne peut que répéter ce que dit M. Sorrel et qui est la logique même : « nombre d’anciennes coxalgiques marchent d’une façon satisfaisante non seulement avec une pseudarthrose intra-articulaire mais même avec une pseudarthrose extra-articulaire et une hanche réellement ballante » et 1l ajoute cette remarque que « la valeur foncüonnelle d’un membre ne dépend pas uniquement de son squelette, l’état des muscles en particulier joue un rôle important. Ce n'est ni Vexamen clinique, ni l'examen radiologique qui ‘permettront de savoir si l'opération est opportune, c’est à l’usage seul, si nous osons employer cette expression, qu'on pourra s’en rendre compte ». Ainsi donc on n’a retenu à l'Hôpital Maritime, sous la direction de M. Sorrel, comme indications à l’arthrodèse de la