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CHAPITRE II

© Etude clinique

Les arthropathies tabétiques suppurées se présentent, en clinique, avec des allures très différentes, selon qu’elles relèvent ou non d'une infection de l’arthropathie par le bacille tuberculeux.

Nous allons étudier leur aspect dans l’un et l’autre cas.

Les arthropathies tuberculisées sont exceptionnelles. On peut se demander pourquoi le bacille de Koch, qui touche souvent les arthrites inflammatoires chroniques, telles que les blennorragiques, les scarlatineuses et même les arthrites traumatiques, respecte ainsi les arthropathies nerveuses. Les tabétiques, cependant, deviennent souvent tuberculeux pulmonaires durant leur séjour à l'hôpital.

Les deux arthropathies tuberculisées, que nous connais-

sions en détail, siègent aux genoux. I s'agissait d'anciens

tabétiques qui, depuis depuis deux ou trois ans, présentaient une arthropathie classique : indolence absolue, grosse déformation de la jointure; marche relativement facile. Des symptômes de tuberculose pulmonaire sont déjà observés à l’auscultation.

Chez un malade, l'articulation devient subitement douloureuse, puis rapidement la marche est impossible; l’état général est mauvais et une pneumonie emporte le sujet.

Dans l’autre cas, insidieusement et sans signes généraux, des abcès apparaissent en différents points de l’articulation. Mais le malade commence à tousser et un an après il succombe à une tuberculose pulmonaire.

A l’autopsie de ces deux malades, on trouve. dans l’articulation du genou, du pus verdâtre, contenant de nom-

‘breux grains riziformes. L'examen bactériologique révéla la présence du bacille de Koch.

On se trouve donc en présence de aeux tabétiques tuberculisant leur arthropathie deux ou trois années après son apparition. Ces malades étaient déjà porteurs de lésions pulmonaires tuberculeuses. Dès que l’articulation est touchée par le bacille tuberculeux, l’état général, jusqu'alors satisfaisant, s'aggrave, et une affection pulmonaire emporte le malade.

Nous ne connaissons que trois cas d’arthropathie tabétique tuberculisée et chaque fois l’issue a été fatale à brève échéance. Peut-être d’autres cas sont-ils passés inaperçus où la nature tuberculeuse de l'infection n'’a-t-elle pas été reconnue. Aussi Simon et Hoche font-ils remarquer qu’il est nécessaire d'avoir présente à l'esprit la possibilité d’une tuberculisation, quand on voit suppurer à bas brüit une

arthropathie tabétique; une intervention chirurgicale pourrait, d'après ces auteurs, prolonger l'existence du

malade s’il n’y a pas de lésions viscérales en évolution. IT ARTHROPATHIE TABÉTIQUE SUPPURÉE NON TUBERCULEUSE.

Des quelques cas connus d’arthropatie tabétique suppurée, nous ne pouvons pas tirer une statistique; il est cependant intéressant de rechercher si certaines articulations sont plus susceptibles de suppurer que d’autres.

Nous voyons que toutes les jointures habituellement atteintes d’arthropathie tabétique peuvent devenir purulentes : hanche, genou, tibio-tarsienne et tarse, épaule et coude. Et l'on peut constater que ia proportion des cas suppurés de chaque articulation est à peu près la même que celle des arthropathies simples. Nous trouvons, en effet, quatre cas du genou, dont deux tuberculeux, trois de la hanche, trois de la tibio-tarsienne, deux de l'épaule, deux du coude. C’est l’ordre que nous remarquons dans la plupart des études anciennes ou récentes consacrées aux arthropathies tabétiques classiques.

. Il faut observer toutefois que si certains malades voient suppurer la seule articulation touchée par le tabes, d’autres sont atteints de multiples arthropathies, dont une seule s’infecte, telle notre première malade, présentant depuis plusieurs années une arthropathie des deux genoux, qui brusquement fit une arthropathie de la tibiotarsienne suppurée, et notre deuxième observation où les deux hanches sont successivement atteintes et la dernière touchée, seule, dévient purulente. Dans un cas de Ray-

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