‹ Les Arthropathies Tibétiques SupuréesChapitre 12 sur 21 · LE VAS TERRE · texte numérisé non relu

LE VAS TERRE

chaude et tendue; la palpation de la région est douloureuse et donne une sensation de fluctuence. On a nettement l'impression d’une collection purulente. On ponctionne et il s'écoule, en grande quantité, un pus jaunâtre et épais où l'examen bactériologique révèle la présence de pneumocoques. On fait alors localement, une injection de sérum antipneumococcique.

La suppuration cesse peu à peu et un mois après, la malade est apyrétique. Mais en juillet, la température s'élève de nouveau, la hanche droite redevient douloureuse ,chaude et rouge. Trois ponctions sont successivement pratiquées, qui ramènent chaque fois du pus. Après la dernière s’installe une fistule qui donne pendant quelque temps du pus de plus en plus grumeleux. La fistule fermée, la température ne tombe pas et continue à osciller autour de 38.

Un an après, en août 1924, nouveaux phénomènes inflammatoires, fièvre à 39, et formation d’une collection purulente qu’on ponctionne. La température, après guérison de l’état local, présente de grandes oscillations entre 38 et 39 et persiste ainsi pendant quatre mois.

L'examen complet de la malade décèle des signes manifestes de tabès; les reflexes tendineux sont abolis aux membres supérieurs et inférieurs. Il n’y a pas de signes de Babinski. |

L'étude de la sensibilité objective révèle une hypoesthésie assez marquée aux déux membres inférieurs.

La malade n’a jamais ressenti de douleurs fulgurantes.

L'examen de l’ataxie est impossible aux membres inférieurs, à cause de la double arthropathie des hanches qui

permet à peine quelques mouvements. Aux membres su-

périeurs, il n’y a pas d’incoordination; la malade travail- } le et est adroite de ses mains. :

LCR Les troubles de la sensibilité profonde semblent peu marqués : il n'existe pas de perte de la notion de position des membres. La sensibilité osseuse-tst diminuée aux jambes mais non abolie.

Pas de troubles sensoriels de l’odorat, du goût, de loue. L'acuité visuelle n’est pas diminuée. Les pupilles sont régulières et égales. Mais le signe d'Argyll-Robertson : existe.

L'auscultation du cœur ne révèle pas d’aortite. L’appétit est capricieux. Les selles sont fréquentes et souvent diarrhéiques. Il n’y a pas de troubles de la défécation. La sensibilité vésicale est conservée; mais la malade perd souvent ses urines. Depuis 18 mois, elle n’est plus réglée. L'examen des articulations, coxo-fémorales, permet de sentir de chaque côté, l'extrémité supérieure du fémur, pivotant suivant les divers mouvements imprimés à la cuisse. On n'entend pas de craquements et on a l’impression qu’il n’y a plus de surfaces articulaires en contact. L'atrophie musculaire est très marquée et l’hypotonie permet les mouvements les plus variés sans aucune dou- . leur. | Sur la face externe de la cuisse droite, à ro cm. environ au-dessous de l’épine iliaque antéro-supérieure, on voit une cicatrice de fistule; la palpation permet de sentir à ce niveau, une pelite masse peu profonde, présentant de la crépitation osseuse, et probablement, d’origine ostéophytique. <

La radiographie de la hanche droite montre de grosses

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lésions du fémur. La tête fémorale a disparu, ainsi que le col. L'extrémité supérieure du fémur présente de la raréfaction osseuse, de même que la cavité cotyloïde dont les rebords sont flous. 4

On se trouve donc en présence d’une tabétique qui, après avoir eu une arthropathie de la hanche gauche, présenta une arthropathie de la hanche droite qui, quatre mois après, suppura spontanément, Le pus contenait du pneumocoque. L'évolution se fit par poussées successives, évacuant chaque fois du pus en abondance. Actuellement la fistule est cicatrisée, mais la température persiste entre 38° et 39°.

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