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ponction un liquide séro-purulent; dans d’autres cas on
ramenait du sang. Au sujet de l'observation de son élève Bourceret, à la Société Anatomique, en 1875, Charcot disait : « L’irrégularité que l’on observe ici, c’est la présence de pus; pourtant M. Ball en a déjà présenté un cas, j'en ai observé un autre à la Salpêtrière et celui-ci est le
‘ troisième sur une cinquantaine d'observations que je connais. »
Déjà, à cette époque, où l’on rassemblait avec intérêt toutes les observations d’arthropathie tabétique, la présence de pus était considérée comme une exception. Nous verrons que c’est encore le cas actuellement. = Pierre Marie (1), dans ses Lecons sur les maladies de la moelle, en 1892, dit que l’épanchement des arthropathies tabétiques est en général « séreux, transparent et filant, d’un jaune clair; parfois il contient des flocons fibrineux, rarement du pus ». Et parmi les complications des arthropathies, à côté de la douleur, assez rare, de l'issue des extrémités osseuses à travers la peau, exceptionnelle, il cite la suppuration. « Elle est, continue-t-il, une complication bien peu fréquente et que vous n'aurez guère à craindre. Cependant, je pourrais vous en citer quelques exemples : à la suite d’une ponction imprudente, au cours d'une maladie générale, ou sans cause connue. ‘C’est une pure exception. »
C'est Chipault (2) qui, le premier, décrivit avec plus
(1) P1ERRE MARIE. — Lecons sur les maladies de la moëlle, 1892, page 238.
(2) A. CHipauzT. — Les arthropathies tropho-infectieuses. — Æevue de Chirurgie, 1891, page 1049. — Les arthropathies trophiques au
point de vue chirurgical. — Nouvelle Iconographie de la Salpétrière, 1894, page 299.
de détails les arthropathies tabétiques suppurées (1891- 1894). Son étude portasur les arthropathies nerveuses, par troubles re et et infectées, chez des:
syringomyéliquestet' dès: ataxiques. |
Parmi les arthropathies tropho-infectieuses, il! considéra trois types:
1. L’arthropathie tropho-nécratique, siégeant surtout sur les petites articulations, particulièrement au tarse; le plus souvent due à l'ouverture de l’ articulation par une ulcération “Hhapique: aboutissant à l’élimination de débris osseux. C’est, en somme, une complication du mal perforant: Nous ne la retiendrons pas.
L'arthropathie tropho-luberculeuse. Cette infection tuberculeuse d’une articulation trophique est très rare. Chipault ne cite encore aucune observation certaine; il s'agissait plutôt, comme il le reconnaît lui-même, d'arthrite tuberculeuse chez un tabétique. -
3. L’arthropathie tropho-suppurée. Elle peut siéger sur. n'importe quelle articulation déjà atteinte de troubles tropiques; parfois elle ne s’accompagne d'aucune réaction locale ou générale, mais beaucoup plus souvent on observe les symptômes des arthrites suppurées ordinaires, encore aggravés par la cachexie médullaire. La porte d’entrée de l'infection est, d’après Chipault, facile à retrouver : il s’agit alors d’une plaie, d’une éruption, d’une ulcération trophique siégeant soit à l'extrémité du membre, soit sur la peau même qui recouvre l'articulation; ou bien il existe des lésions viscérales (uréthrite, cystite, pneumonie) et l’arthropathie s’infecte par localisation de
différents germes au cours d’une infection généralisée.
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Cette conception des arthropathies trophiques suppurées par infection secondaire paraissait admise par les différents auteurs qui citaient ou étudiaient les complications infectieuses des arthropathies tabétiques, lorsque MM. Lemierre, Léon Kindberg et Deschamps (1) publièrent, en 1921, une observation d’arthropathie tabétique aiguë, inflammatoire, d'aspect franchement pseudophlegmoneux, mais n'ayant pas suppuré. Ces auteurs ne retinrent des observations qui avaient déjà été publiées que celles où l'examen bactériologique du pus” avait été fait, et ils constatèrent que, dans les formes inflammatoires et fébriles, lorsque l'articulation contenait du pus (ou même seulement un liquide séro-purulent), celui-ci était stérile. (Cas de Fort, de Barré, de Brissaud, Bauer et Gy.) | :
Ils reconnurent que, dans leur cas, l’aspect phlegmoneux du membre donnait « l'impression qu’une infection aiguë, septique, surajoutée au tabes, s'était localisée secondairement à une articulation déjà compromise du fait de l’affection médullaire ». Pourtant, disaient-ils « cette -interprétation ne résiste pas à l’analyse des faits. La description des arthrites tabétiques banales, déjà existantes, qui s’infectent après s'être fistulisées ou après une ponction insuffisamment aseptique. Elles n’ont donc rien de commun avec celle que nous décrivons dans ce travail ».
Et plus loin, parlant du cas de Mossé, où une arthropa-
(1) A. LEMIERRE, M. LÉON-KinpBEerG et P. N. DEescHAMPs. — Un cas d’arthropathie tabétique aiguë inflammatoire. Etude clinique et natomo-pathologique. — Soc. méd. des Hôp., séance du 8 Juillet 1921.
— Les arthropathies tabétiques aiguës inflammatoires. Gaz, des H6p., 1921, p. 904.