HORLOGERIE
Les Leroy. — Les Lepaute. — Les Berthoud. — Bréguet.
L'histoire de l'horlogerie a été trop complètement négligée pour qu'il soit possible de la suivre dans son origine et ses progrès. Tout ce que nous savons, c'est que, dans l'antiquité, on n'avait pour marquer les heures que des «adrans solaires, et que les premiers essais en horlogerie furent des clepsydres ou horloges d'eau , auxquels furent substitués plus tard les sabliers. Les horloges à régulateur mécanique ne commencèrent à paraître que dans le dixième ■ou le onzième siècle , et ne reçurent leur entier perfectionnement que beaucoup plus tard. On sait qu'il en fat envoyé une a Charlemagne ■par le calife Aroun-al-Raschid. L'Espagne eut
sa première horloge à Séville en 1400, Moscou €11 1404, Lubeck en 1405. La première que l'on établit à Paris fut celle du Palais-de- Justice. Son exécution est due à Henri de Vie , que Charles Y avait fait venir d'Allemagne vers 1370. Sens, Auxerre, Dijon et Strasbourg possédèrent aussi de bonne heure des horloges remarquables par leur mécanisme, et il n'est personne qui n'ait entendu parler de ces hommes de fer ou Jacquemart placés sur les tours, au sommet des clochers et des édifices les plus hauts pour sonner les heures.
Les horloges usitées dès le seizième siècle pouvaient donc déjà suffire aux besoins de la vie civile; quelques-unes même allaient au delà de leur destination, surprenaient les curieux par divers artifices de mécanique , indiquaient le mouvement de quelques corps célestes j mais toutes avaient besoin d'être remises assez fréquemment avec la véritable mesure du temps , le mouvement de rotation de la terre; et les écarts auxquels on ne savait point remédier provenaient de l'imperfection du régulateur. Enfin les pendules furent trouvés, et il paraît con-
stant que ce fut le grand Galilée qui conçut le premier la possibilité d'en faire l'application aux horloges , quoiqu'on fasse généralement honneur de cette invention à l'Anglais Huyghens, qui, en effet, la répandit et l'accrédita.
S'il faut en croire les biographes de l'illustre mathématicien italien , cette importante découverte lui fut révélée par la simple considératiot d'un fait qui aurait paru insignifiant à un observateur ordinaire; mais l'homme qui avait inventé le thermomètre, le télescope, le microscope, et qui le premier avait proclamé que le soleil est placé immobile au centre du monde et que la terre tourne autour de lai , était doué de trop de persévérance pour abandonner un problème avant d'en avoir obtenu la solution. Ayant remarqué un jour dans l'église métropolitaine de Pise le balancement réglé et périodique d'une lampe suspendue à la voûte et mise en mouvement fortuitement, Galilée observa l'égale durée de ses oscillations , et comprit aussitôt comment ce phénomène pourrait servir à procurer une mesure exacte du temps. Plus de cinquante années après , c'est-à dire en 1633 , cette remarque
le dirigea dans la construction d'une horloge destinée aux observations astronomiques.
L'heureuse idée de Galilée excita l'émulation parmi les horlogers les plus distingués de l'Europe. Ceux de France ne furent pas les derniers à suivre l'impulsion donnée à leur art ; mais leurs travaux ne méritent pas ici une mention spéciale. Ce ne fut que vers 1713 que le premier des Leroy, de cette famille dans laquelle le talent semble être héréditaire, préluda par de nouvelles découvertes en horlogerie à l'illustration de son nom.
Né à Tours , en 1686 , de Pierre-Julien Leroy, qui y exerçait lui-même la profession d'horloger , Julien Leroy montra , dès sa plus tendre enfance , un penchant irrésistible pour la mécanique. Dès qu'il eut atteint sa dix-septième année, son père l'envoya à Paris, où son talent trouva, plus qu'en province, les occasions de se développer. En peu d'années, il acquit une grande réputation d'habileté , et en 1713, à l'âge de vingt-sept ans , il fut reçu maître horloger. Avant lui, les horlogers anglais, à qui le célèbre Huyghens avait ouvert la carrière,
avaient un immense avantage sur les ouvriers français. Leroy ne tarda pas à l'emporter sur eux, et ce fut à celte occasion que Voltaire dit un jour à l'un des fils du célèbre horloger : « Le maréchal de Saxe et votre père ont battu les Anglais. » Mais les victoires de la nature de celle qu'avait remportée l'ingénieux ouvrier sont plus utiles que celles des grands capitaines.
On peut lire dans les Êlrennes chronomé triques de 17()0, rédigées par Pierre Leroy fils, l'analyse des travaux de notre célèbre horloger et le détail des découvertes dues à son esprit exact et inventeur. Ce fut lui qui fixa l'huile au pivot des roues et du balancier des montres, réduisit le volume des montres à répétition , inventa un excellent mécanisme de compensation pour annuler les efforts de la chaleur et du froid sur le pendule , donna le modèle des horloges publiques dites horizontales , et enrichit la gnomonique de plusieurs découvertes. Graham, le plus célèbre horloger de l'Europe, après avoir vu une des montres à répétition à grands mouvements de Julien Leroy, dit à lord Hamilton, qui la lui montrait : « Je voudrais être moins
âgé, afin d'en pouYoir faire une sur ce modèle. »
Le désintéressement et la générosité de Leroy n'étaient pas moins remarquables que ses lumières et son habileté. Quoique le cardinal de Fleury l'eût pris en grande affection , la seule faveur qu'il accepta fut, en 1739, un logement dans les galeries du Louvre. Il prodiguait aux jeunes artistes ses conseils et sa bourse , et il était heureux, quand un ouvrier l'avait satisfait, de lui payer son travail au delà du prix convenu .
Julien Leroy mourut le 20 septembre 1759, et son plus bel éloge fut le concours nombreux d'ouvriers qui accompagnèrent en pleurs sa pompe funèbre , en répétant qu'ils avaient perdu leur père et leur appui.
Pierre Leroy, l'un de ses quatre fils, horloger comme son père et héritier de son talent, porta la confection des montres marines à un point qui lui mérita le prix de l'Académie des sciences. Il fut bon astronome et bon physicien. On distingue parmi ses ouvrages l'Exposé des travaux de Harrisson et de Leroy dans la re-
cherche des longitudes en mer, ainsi que son Précis des recherches pour la détermination des longitudes par la mesure artificielle du temps.
Aujourd'hui deux autres Leroy, se rappelant qu'ils ont la réputation de leurs ancêtres à soutenir, sont encore à la tète de l'horlogerie parisienne.
La famille de Lepaute s'est également acquis dans l'horlogerie une réputation aussi étendue que méritée. Jean-André, né à Montmédy en 1709, vint, jeune encore, à Paris, où il ne tarda pas à se concilier l'amitié du célèbre astronome Lalande. En 1753, il construisit, pour le palais du Luxembourg, une horloge horizontale : c'était une idée de Julien Leroy qui n'avait pas encore été réalisée. Une invention qui appartient en propre à André , c'est celle de l'échappement à chevilles, qui a toujours été regardé comme excellent. Ce fut Lepaute qui construisit la plupart des horloges
qui décorent nos édifices publics. Jean- André Lepaute rendit de grands services à son art ; il fut du petit nombre des artistes qui savent joindre à la pratique la théorie des sciences physiques et mathématiques. Son frère Jean- Baptiste Lepaute fut son aide et son émule. Il soutint dignement un nom illustre et sut lui donner un nouvel éclat. Le morceau capital sur lequel se fonde sa réputation est l'horloge de l'Hôtel-de-Ville de Paris.
Un digne rival des Lepaute fut Ferdinand Berthoud, qui s'est continué dans ses descendants. Cet artiste, né en Suisse, et dont les premières études avaient été dirigées vers l'état ecclésiastique, ne put résister au penchant qui l'appelait à la pratique de l'art de l'horloger; il vint donc à Paris dans l'intention de s'instruire aux leçons des artistes les plus célèbres en ce genre , et depuis cette époque il ne quitta plus
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la France. Il y acquit promptement une grande réputation par deux ouvrages qu'il publia sur la théorie des machines destinées à mesurer le temps relativement à l'usage civil, h l'astronomie et à la navigation. Plusieurs horloges marines qu'il exécuta furent soumises à des épreuves sévères, et le savant Borda constata que ces horloges pouvaient faire connaître la longitude en mer à un quart de degré près, ou cinq lieues au plus, après une traversée de six semaines, et que la régularité de leur mouvement n'avait rien à redouter de l'explosion du canon. En récompense des progrès qu'il fit faire aux sciences , soit par ses découvertes , soit par ses belles expériences, Ferdinand Berthoud fut créé membre de l'Institut et chevaher de la Légion d'honneur.
Louis Berthoud, neveu et élève de Ferdinand , fabriqua des chronomètres dont la précision et la beauté furent appréciées de tous les savants, qui lui valurent le titre d'horloger de la marine,
La famille Berthoud, comme celle des Lepaute , a conservé pendant plusieurs généra-
lions l'éclat dont elle avait brillé dans les fastes de l'horlogerie.
Les noms que nous venons de citer occupent une grande place dansl'histoire de l'horlogerie; mais leur célébrité s'efface devant celle de l'artiste dont les découvertes honorent le plus notre époque, deBréguet, qui, après avoir commencé par être simple ouvrier , devint l'horloger des gouvernements et des rois.
Abraham-Louis Bréguet naquit à Neuchtàtel , en Suisse, en 1747, d'une de ces nombreuses familles protestantes qui avaient quitté la France après la révocation de l'édit de Nantes. Dans leur nouvelle patrie, ses parents virent d'abord leurs entreprises prospérer; mais une succession de revers anéantit peu à peu leurs ressources , en sorte que le jeune Bréguet apprit de bonne heure qu'il ne devait compter que sur le produit de son travail , et qu'il devait être
l'artisan de sa fortune et de sa gloire. Il est à remarquer, dansl'histoiredes hommes spéciaux, hommes si utiles et si rares, que presque toujours une occasion, un incident, un fait inattendu , vient tracer leur carrière et révéler leur vocation. Ils se trouvent tout à coup, et à leur insu , dans l'élément qui leur convient ; leurs facultés se développent, et le germe qui était en eux ne tarde pas à se féconder et à porter des fruits. Tel futBréguet. Placé au collège à l'âge de douze ans , il n'y apprit rien , et ses maîtres conçurent une assez mauvaise opinion de son intelligence. Pendant qu'il perdait son temps à mal apprendre le latin et le grec, son père mourut, et sa mère se remaria avec un horloger. Celui-ci fit quitter le collège à Bréguet, et l'appliqua , sous sa direction immédiate , à l'horlogerie. L'enfant ne se hvra qu'avec une extrême répugnance à un travail aussi sédentaire , et ses progrès dans l'ateher ne furent pas plus rapides qu'ils ne l'avaient été sur les bancs du collège.
Une circonstance imprévue vint secouer la torpeur de ce génie si lent à s'éveiller, et opérer en lui une de ces métamorphoses presque pro-
digieuses qu'on ne saurait trop recommander à l'attention des travailleurs. Son beau-père étant venu à Paris , le jeune Bréguet fut placé chez un horloger de Yersailles qui lui fit faire un apprentissage régulier. De ce moment seulement son intelligence sembla sortir de la torpeur dans laquelle elle avait langui jusqu'alors. Les secrets de sou art semblèrent se révéler à lui tout à coup et pour la première fois. Le travail prit pour lui un charme encore inconnu, et il ne tarda pas à montrer une singulière aptitude pour des opérations qu'il avait faites jusqu'alors avec dégoût. Ce changement vint sans doute de ce que l'élève avait enfin rencontré un instituteur comme il le lui fallait.
Le temps de l'apprentissage expiré , le maître ne put s'empêcher d'exprimer à l'apprenti combien il avait à se louer de lui. Mais le jeune homme se jugeait lui-même avec beaucoup plus de sévérité : il se reprochait de n'avoir pas toujours bien employé le temps dont le produit devait payer h^s soins et les leçons qu'il avait reçus de son bienveillant instituteur; aussi demaiida-t-il comme une grâce de continuer en-
core trois mois sans salaire. Cette requête d'une nature si extraordinaire , et peut • être sans exemple, contribua à resserrer les liens de la tendre affection qui unissait le maître et l'élève,
A peine sorti d'apprentissage, Bi éguet, ayant perdu son beau-père et sa mère , se trouva sans fortune et sans appui avec une sœur à soutenir. Il accepta avec résolution la charge que la Providence lui imposait. Cependant il s'en fallait de beaucoup que son instruction fût complète, et il sentait fortement le besoin d'apprendre les mathématiques. Dans cette circonstance , il montra ce que peut l'homme armé d'une volonté courageuse. Tout en travaillant avec assiduité pour sa sœur et pour lui , il trouva le moyen de suivre régulièrement le cours public que l'abbé Marie faisait alors au collège Mazarin. Le professeur remarqua bientôt , parmi les centaines d'auditeurs qu'attiraient ses leçons, le jeune horloger et son ardeur pour l'étude. Il le prit en amitié, l'encouragea , et fmit par l'adopter comme son élève de prédilection.
L'étroite amitié qui s'était formée entre deux hommes si dignes l'un de l'autre fut bientôt
hrusqnemenl rompue par la tourmente révolutionnaire. Poursuivi , comme tous les ecclésiastiques , par la violente injustice de ces monstres à figure humaine qui couvraient alors la France de sang et de décombres , l'abbé Marie , pour éviter l'échafaud, fut contraint de quitter la France , et ne vécut pas longtemps sur la terre d'exil. Quand ces mauvais jours arrivèrent , Bréguet avait déjà fondé l'établissement qui depuis produisit tant de chefs-d'œuvre d'horlogerie et de mécanique, et son nom commençait à sortir de la foule. Tout en surmontant les difficultés de sa position , l'artiste avait reculé les bornes de l'art. Ses ouvrages étaient déjà renommés dans toute l'Europe. Une de ses montres étant tombée sdus les yeux du célèbre Arnold , qui passait pour le premier horloger de Londres, celui-ci, frappé de l'heureuse conception de ce chef-d'œuvre et de la parfaite exécution de toutes les pièces, ne put d'abord se persuader que ce fût l'ouvrage d'un ouvrier français ; mais, lorsqu'il en eut acquis la certitude, il se hâta de venir à Paris uaiquement pour se mettre en relation avec son habile confrère. Le cœur expan-
sif de Bréguet allait au-devant de toutes les nobles amitiés ; l'horloger anglais y occupa bientôt une place, et lorsqu'il retourna dans sa patrie, Bréguet ne crut pas pouvoir lui donner une plus grande preuve d'estime et d'affection que de lui confier son fils, afin qu'il le formât pour l'art qu'il exerçait avec tant de distinction.
Lorsque Arnold eut satisfait aux devoirs de l'amitié, il rendit son élève à son père, et celui-ci trouva enlui un collaborateur capable de le seconder. Mais bientôt la révolution vint menacer sa fortune et sa vie. Le grand artiste, quoique totalement étranger à la politique, devint suspect au parti dominant. Parce qu'il n'approuvait pas les excès de cette époque déplorable , il fut dénoncé , et ne dut son salut qu'à la protection de quelques personnages influents. Obligé de quitter la France, il se rendit en Angleterre, où il ne cessa de se livrer à de nouveaux travaux dans le but de perfectionner encore l'art qu'il avait déjà porté si loin. Revenu en France , après deux ans d'exil qui avaient considérablement augmenté l'étendue de ses connaissances ,
il y trouva son établissement détruit ; mais les secours de ses amis et les nouveaux éléments de succès qu'il rapportait lui eurent bientôt permis de le relever et de l'agrandir. Depuis ce jour , il ne cessa d'améliorer toutes les branches de l'art et d'accroître sa réputation, qui finit par être sans rivale. Du reste, nul incident remarquable ne varia sa longue et paisible carrière ; la vie fut pour lui une continuité non interrompue de succès , de jouissance et d'honneurs. Il devint tour à tour horloger de la marine , membre du bureau des longitudes , et enfin membre de l'Institut, en remplacement de Garnot. Il fit partie, en 1823 , du jury chargé de l'examen des produits de l' industrie ; mais cette distinction fut la dernière qu'il reçut. Le 17 septembre de la même année , la France perdit cet homme qui avait tant illustré son industrie. Comme le mathématicien Euler, il expira sans douleurs et sans avoir senti les approches de la mort, au moment où il mettait en ordre un grand ouvrage sur l'horlogerie , dans lequel toutes ses découvertes devaient être consignées, et que son fils, héritier de son talent et de sa gloire , a promis
de compléter et de livrer à la publicité. Plusieurs discours furent prononces sur sa tombe, et l'un de nos poètes , Népomucène Lemercier , consacra des vers à sa mémoire.
Il nous serait impossible de faire ici l'énumération de tout ce que le génie de Bréguet a créé pour le perfectionnement des diverses parties de son art. Il nous suffira de dire que rien n'est plus délicat et plus ingénieux que ses divers échappements, qui tous témoignent de la fécondité de son génie et de la variété de ses plans : l'échappement naturel , qui peut se passer d'huile , et dont la théorie fut quelque temps un secret pour le public ; l'échappement à force constante et à remontoir indépendant, le mei.leur de tous ceux que l'on connaît ; réchappem3nt à hélice , l'échappement à tourbillon, et le double échappement, qui est simplement uns montre double pourvue de deux échappements et de deux balanciers pour la régler. C'est à lui qu'on doit l'usage commode des montres perpétuelles qui se remontent d'elles-mêmes , pourvu qu'elles soient portées et même légèrement ébranlées. Quelques-unes de celles qu'il a exécutées ont
marché huit ans sans avoir été rouvertes et sans éprouver la moindre altération. Mais ce qui fait son plus beau titre de gloire, c'est la régularité qu'il a su donner aux chronomètres de la marine. Grâce à sa conception hardie , aujourd'hui toutes les inégalités de position de cet instrument sont pour ainsi dire égalisées, et un chronomètre peut éprouver un choc ou même tomber à terre sans que son mécanisme en éprouve le moindre dérangement. Pour satisfaire toutes les exigences du luxe et de l'opulence , Bréguet savait créer et multiplier les chefs-d'œuvre. Aussi ses ouvrages étaient -ils avidement recherchés des gens du monde , des souverains même , pour leur élégance et leur beauté , témoin la fameus^e pendule sympathique qu'il fabriqua pour Napoléon , et que celui-ci envoya à l'infortuné sultan Sélim III.
On n'aurait qu'une idée imparfaite de Bréguet si nous n'aj{)utions qu'à ses rares talents il joignait les plus aimables qualités sociales. Il était recherché dans les premières classes de la société, où il comptait plusieurs amis. Il conserva jusqu'à seii derniers moments la naïveté
de la jeunesse et même celle de l'enfance ; il voyait tout en beau , excepté ses ouvrages j en lui , tout était égal , uni , simple ; il était timide, sans être jr\raais embarrassé ^ il y avait chez lui quelque chose du bon La Fontaine ; jamais il ne voulut quitter sa petite et modeste maison , où la fortune était venue le trouver. Pour achever de le peindre par un dernier trait, nous dirons qu'ayant été ouvrier lui-même il était le protecteur de tous les bons ouvriers ; il les cherchait partout, même à l'étranger, les perfectionnait en grand maître et les traitait en bon père.
iilBUS ISÎP DIIÉWniEIBSo