XII INTRODUCTION
gnons s les maitres artisans, les domestiques. C'est leur existence individuelle que nous cherchons surtout à dépeindre ; nous avons étudié ailleurs leur rôle municipal; nous ne prétendons pas refaire, à l'occasion des artisans, Phistoire des corporations qui a déjà été écrite par des écrivains compétents et à laquelle on apporte tous les jours des matériaux nouveaux 2; nous parlerons seulement quelque peu de l'influence que le système corporatif a pu exercer sur la prospérité personnelle du travailleur. Notre but, ce sera de le montrer dans son intérieur, dans son atelier, dans sa famille; d'étudier sa condition matérielle, morale et sociale; de le montrer tel qu'il était, avec ses besoins et ses aspirations. Le point de départ de notre travail sur les artisans, nous l'avons trouvé, comme pour quelques-uns de nos travaux antérieurs, dans les archives de l'Aube; les nombreux inventaires que renferme leur section judiciaire nous ont fourni les documents les plus précis
^ Le mot de compagnon ne s'applique pas ici aux initiés au compagnonnage, dont nous parlons plus loin, et sur lequel on trouvera plus de détails dans l'^^ttrfe historique et morale sur le compagnonnage, par G. G. Simon, 1853, in-8<> de 166 p. et dans \ Histoire des classes laborieuses en France, par M. Levasseur.
2 Voir la Bibliographie des corporations ouvrières avant 1879, par M. Hippolyte Blanc, 1885, in-S" de 102 p.
INTRODUCTION. xiii
sur la condition matérielle des diverses classes de la population de la ville de Troyes aux deux derniers siècles. Des études comparatives avec ce qui se passait ailleurs, notamment dans la ville de Saint- Denis, sur laquelle les Archives nationales nous onti* fourni des documents analogues, nous ont confirmé dans la pensée que la condition des personnes, à la même époque et dans des professions semblables, était à peu près la même dans toute la France. Si l'on reprochait à notre point de départ d'être trop restreint, nous pourrions rappeler que c'est surtout aux archives d'Indre-et-Loire que Tocqueville a emprunté les éléments inédits de son beau livre sur V Ancien régime et la Révolution; nous rappellerions aussi qu'Alexis Monteil, qui a eu le mérite d'entrer le premier dans Tétude de la vie individuelle et sociale de nos pères, avait placé le théâtre du volume, qu'il a consacré au quinzième siècle, dans la ville de Troyes, mais en y introduisant des personnages et des incidents fictifs, qui, dans ce volume comme dans les autres, nuisent à l'autorité de son œuvre.
Après les documents manuscrits que nous avons cités, il nous a fallu interroger les documents im-