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LE MAITRE BOULANGER

Jean Caillât et sa femme, Marguerite Finot, habitent, rue de la Petite-Tannerie, une petite maison qu'ils ont achetée 320 1. en 1625. La chambre basse sur la rue leur sert de boutique. Us étalent leurs pains sur une « monstre de bois » et le pèsent au moyen de trois pesons à « flèche de bois » ou d'une paire de balances. Dans le fond de la pièce se trouvent deux grandes « maies de chêne à boulanger. » Cette chambre sert aussi de cuisine. Dans les soirées d'hiver, un chandelier de fil de fer sert à l'éclairer.

Le ménage et ses trois enfants logent dans une chambre basse,

qui correspond d'un côté avec la boutique, de l'autre, avec une petite cour. Le lit est couvert de « serge rîollée » ou rayée de différentes couleurs. Le linge de table, consistant en deux nappes et trois douzaines de serviettes, est empilé dans un coffre de chêne. Le long des murs, sur deux « vieux rasteliers à mettre armes, » sont étalés « une arquebuse à rouet, un vieil pistollet, deux épées, un épieu, un morion, un poignard et deux viels fornimentz. » Le boulanger fait partie de la milice bourgeoise, comme son père et peut-être son aïeul, de qui proviennent sans doute une grande partie de ces armes.

Le costume de la femme est simple. La serge noire est employée en corsage et en garde-robe. Les jours de fête, elle met une cotte de drap vert passementé ou de damas figuré, une chemisette de serge rose, un devantier de serge noire et un chaperon de drap de même couleur.

La famille couche dans la chambre basse, sans doute humide et obscure. La chambre haute sert de blutoir. Il s'y trouve « un moulin à bluter garni de ses ustancilles. » Une chambre basse contient deux petits saloirs et un cent et demi de fagots.

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