‹ Les artistes français a l'étranger (volume 2)Chapitre 13 sur 452 · WW, XVII*, XIX* SIÈCLES. I.XX11I · texte numérisé non relu

WW, XVII*, XIX* SIÈCLES. I.XX11I

listes français, surtout dans son admirable portrait du cardinal de Richelieu.

A côté de ces maîtres viennent bientôt se placer quelques élèves de Vouet, Le Sueur, François Perrier, Le Brun, Blanehet *, Sébastien Bourdon. En même temps, llorissaient nos excellents émailleurs de Blois, Jean Toutin , Robert Yauquer, qui découvraient de nouveaux procédés et créaient une peinture de portraits sur émail toute nouvelle, longtemps avant que Pefitot vint les continuer; — les sculpteurs : Guillain, Sarazin et Anguier; — les graveurs : Callot, Morin , Mellan, Daret, Abraham Bosse; — les architectes; François Mansart, Antoine Lepantre, Lemercier , Levait , Lemuet; — les décorateurs ; Errard et Jean Lepantre. a C’étoit Errard qui donnoit tous les dessins des ouvrages qui se faisoient chez le roi pour la sculpture, la menuiserie, la serrurerie, et généralement pour tout le travail qui dépend du dessin. 1 2»

Il nous est impossible dans celte rapide histoire d'apprécier chaque maître en particulier; nous devons nous contenter de présenter des caractères généraux et de parler seulement des hommes les plus illustres.

Avec Poussin, la peinture se distingue par l’élévation du style, la sévérité du goôt, la beauté et la poésie des types. Elle est sérieuse, philosophique; elle parle surtout h l'esprit et à l’Ame; elle s’inspire de l’antique, tout en conservant une complète originalité. Mais, le grand peintre de cette époque, en France, c’est Le Sueur; ses tableaux nous offrent le type le plus parfait de la peinture vraiment française ; son dessin est d’une pureté exquise et toutes ses (ouvres respirent une poésie qui arrive it l’élévation , à force de simplicité et de suavité; dans ses compositions, à la fois si savantes et si naturelles a tout est dirigé vers l’expression, tout est au service de l’esprit, tout est idée et sentiment ’. »

Une des causes les plus puissantes de la renaissance de l’art

1 Se* belles peintures de l’hAtel de ville de Lyon ne sont pas assez connue*.

1 Voyez la biographie d’Errard, par Guillet de Saint- George*, dans les Mémoires médita sur la vie et les ouvrage* des membres de l’Académie royale de peinture et de sculpture, publié* d’après les manuscrits provenant de cette Académie, par MM. Dustieui, Soulié, Ph. de Chennevière*, Mantz et A. de Montaiglon; 2 vol. in-8®. 18M.

* Voyez le* Nouvelles recherches sur la vie et les ouvrages d’Eust.Lesueur, publiées par nous, chez Dumoulin, 1 vol. in-8®. 1H52, — Voyez surtout la leçon X dans l’ouvrage déjà cité de M. Cousin et l’Etude de M. Vitet sur Lenteur

L’ART FRANÇAIS

français, de son développement et de son éclat, à l’époque de Vouet, se trouve dans le nombre considérable des hôtels et des châteaux que la noblesse , la magistrature , les financiers et les ministres firent construire Les vieux châteaux- forts et les maisons du moyen âge disparaissaient de tous côtés et on les remplaçait par des habitations élégantes et commodes. 11 fallut les décorer de peintures, de plafonds, de lambris et de sculptures; tous les peintres et les sculpteurs de l’époque y furent employés, mais les principaux décorateurs du temps furent Vouet , Errard et Jean Lepautre.

Richelieu encouragea ce grand mouvement; Anne d’Autriche et Fouquet l’imitèrent, et Louis XIV, plus tard, ne fit que suivre l’impulsion qu’ils avaient donnée 2.

1 Voyez le t. I des Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des membres de l’Acad. royale de peint, et de sculpt. publiés d’après les mss. de cette académie; 2 vol. in-8° 1854, — et le Palais Ma/arin, par M. le comte L. de La Borde.

* Nous plaçons en note les noms des artistes qui ont travaillé dans les châteaux et les hôtels construits au milieu du XVIIe siècle.

Richelieu les occupa tous, sans négliger le Poussin, h ses châteaux de Rue! et de Richelieu et au Palais-Cardinal. — Des Noyers, le surintendant des bâtiments, faisait peindre par Errard la galerie de son château de Dangu. — Vouet décorait l’hôtel Séguier. — Le marquis d'Effiat, surintendant des finances, employait Vouet et Perrier au château de Chilly. — Sarazin sculptait, à Yidcville, chez M. de Bullion , autre surintendant des finances, qui faisait peindre deux galeries par Blanchard cl par Vouet dans son hôtel à Paris. — La galerie de l’hôtel de la Vrillière était confiée à Perrier, par M. dePhélippeaux , président de la chambre des comptes. — Le président Lambert de Thorigny employait Le Brun , Le Sueur, Perrier et le paysagiste Patel à décorer sa somptueuse demeure. (L'hôtel Lambert est aujourd'hui a M. le prince Czartoryski ; la plus grande partie de ses peintures est actuellement au Louvre; mais la galerie de Le Brun existe encore. Voyez le volume de gravures publiées par Duchange, 1 vol. in-fol. 1740. ) — MM. de Ficubel et de Guénégaud, trésoriers de l'épargne, le président Briçonnet et le prince de Condé firent beaucoup travailler Le Sueur. — M. de Nouveau, général des postes, fit peindre par Le Sueur et par Le Brun plusieurs plafonds à son splendide hôtel de la Place-Royale; (c'est aujourd'hui la mairie du huitième arrondisaemenl; les deux plafonds de Le Brun, qui ont été décrits par Sauvai, et les bas-reliefs de Van Opstal sculptés dans la cour, existent encore; les plafonds de Le Brun représentent le Point du jour et la Réception de Psyché par Jupiter). — Le commandeur de Jars, le fameux bauquicrJabach, le duc d’Aumont, M. de la Bazinière, trésorier de l'épargne, chargèrent tous Le Brun de décorer leurs hôtels. — M. de Bretonvilliers, président de la chambre des comptes, employait Vouet, Bourdon, C hanneton et Baptiste à la décoration de son hôtel.

A ce que nous venons de mentionner, l'on peut ajouter : le cabinet dit de Sully, à la bibliothèque de l'Arsenal, décoré sous Louis XIII et non pas à l’époque de Sully, et le

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