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XVII", XVIir, XIX* SIÈCLES.
Il ne faut pas oublier parmi les causes principales du développement de l’école du xvii* siècle , l’établissement de l’Académie royale de peinture et de sculpture. L'Académie sc constitua en 1648, sous l'influence de Le Brun et d’Errard, avec Sébastien Bourdon, Laurent de La Hire, Sarazin, Michel Corneille, François Perrier, H. Beaubrun, Le Sueur, Simon Guillain et les Flamands Juste d’Egmont et Gérard Van Opstal. L’art, jusqu’alors enchaîné par les règlements de la Maîtrise devint libre sous la protection du roi, et cette véritable révolution inaugura une nouvelle époque 3.
De même que le cardinal Richelieu, la reine Anne d’Autriche protégea les arts; elle fit construire le Val -de- Grèce et employa à sa décoration les Anguier et les deux Champagne; Le Sueur peignit son appartement des bains au Louvre et Le Brun fit pour son ora-
bel hAtel Lau/un, dans l’Ilc Saint-Louis. Il reste bien peu de chose aujourd'hui de toutes ce* spendeun, de toutes ces belle* maisons et de leurs peinture*.
Nous ne pourrions, sans une extrême injustice, omettre dans cette note, le* œuvre* importante* exécutée* pour les églises et le* couvent*; il faut bien dire, au moins, que Le Sueur peignit pour les Chartreux, pour Saint-Germain-l’Auxerrois, Saint-Gervai* et Saint-Martin de Tour*; — La Hire et Le Brun pour le* Capucin* de Pari*. Le* Carmélites et les Minime* employèrent aussi un grand nombre d'artistes, et de toute* part* on sculpta de nombreux tombeaux.
1 L’Académie de Saint-Luc de Paris ou la Maîtrise des peintres de Paris, créée en 1391, avait de* règlements, des jurés, et était organisée comme les corps de métier*; elle jouissait du droit d'empêcher de travailler tou* ceux qui n'étaient point de la communauté. Elle « tourmentait cruellement le* peintre* et le* sculpteurs qui voulaient jouir de la liberté et de la franchise qui appartiennent naturellement aux arts et qui ne leur ont jamais été contestées ailleurs qu’en France.» L'Académie de Saint-Luc, vaincue en 1618, fut détruite en 1776, après quatre siècle* d’existence. Son histoire est absolument inconnue; nous croyons cependant pouvoir affirmer que c’est elle en partie qui a conservé, à Paris, les traditions et le goût français pendant tout le xvi* siècle et le commencement du ivii*. Le Sueur et Lo Brun furent d’abord membres de l’Académie de Saint- Luc; un des premiers tableaux de Le Brun « le Bénédicité, » si différent de ce qu’il fit ensuite, doit évidemment représenter les inspiration* qu’il avait puisées dan* le corps de la maîtrise. Les archives et les collections de l’Académie de Saint-Luc furent dispersées en 1776. Un contemporain déplore « l'anéantissement d’une école où se formèrent autrefois ces artistes fameux, l'honneur et l’élite de* artiste* français, la dispersion des tableaux précieux où le jeune artiste puisait des lumières, l'extinction de» moyens qui annonçaient leur talent. »
9 Voir le* Mémoires pour servir a l’histoire de l'Académie royale de peinture et de sculpture, 2 vol. in 12; publiés par >1. A. de Montaiglon, en 1853, dans la Bibliothèque El/évi tienne. — Voir aussi les registres mss. de l’Académie conservés à l’Ecole impériale des Beaux-Arts.
L'A H T FRANÇAIS
toi fo If Crucifix aux anges. Pendant ce temps, Mazarin appelait d’Italie les derniers peintres de ce pays qui vinrent en France; Itomanelti et Grinialdi peignirent les plafonds de son hôtel (aujourd’hui la Ribliothèque impériale). On transformait aussi le vieux château de Vincennes en une liellc résidence à la mode nouvelle, et Philippe de Champagne ôtait chargé de l’omhellir.
Le surintendant Fouquet exerça .sur les arts une influence trèsconsidérable. Son premier peintre, car il eut un premier peintre comme Louis XIV, et le môme, fut Le Brun , qui avait « la conduite des ouvrages du château de Vaux et qui y prit la conduite des décorations ingénieuses de plusieurs fêtes galantes et pompeuses que M. Fouquet y fit faire pour le divertissement de toute la cour '. « Comme Louis XIV, Fouquet eut la passion des grands travaux et des l’êtes pompeuses; comme le Roi il accorda aux lettres une protection éclairée et pleine de goût. Le mouvement qui s’accomplit autour de Fouquet forme la transition entre l’école sévère du cardinal de Richelieu et l’école fastueuse de Louis XIV.
Le rôle que la France avait eu avant le xvie siècle recommença lorsqu’il y eut de nouveau une école française. Nos artistes furent employés souvent au dehors, en Ita’ie principalement, où la peinture et la sculpture commençaient à décliner s.
Fréminet, en I(i03, avait beaucoup travaillé pour le duc de Savoie; mais, Simon Vouet ouvrit à Rome même une école qu’il dirigea de 1012 à 1027. Avec lui nous trouvons aussi à Rome, Charles Errard, qui eut comme décorateur une tri-s- grande célébrité en France et ft l’étranger; Valentin; Stella; Charles Mellin, François Pcrricr; Pierre Mignard; Guillaume Courtois; Jacques Courtois, dit le Bourguignon; Poussin et Claude Lorrain; il n’y a
1 (juillet de Satnt-Georges, Vie de Le Brun, t. 1, p. 20 ; dans le« Mémoires sur les membres de l’Acad. roy. de peint, et de srulpt.
* Au moment où Louis MU appelait Poussin h Paris, M. Des Noyers voulait faire venir d'Italie des peintres, des sculpteurs et des architectes. Poussin écrivait, à ce propos, K M. Lemaire ( 1639 ) ;
« Vous devez avertir Monseigneur Ue Noyers, pour son honneur, concernant les peintres italiens que l’on mande pour aller en France, qu’il n’y en fasse point aller de moins suffisants que les François qui y sont ; car j’ai bien peur que les bons n’y aillent pas, mais quelques ignorants à l'é.qard desquels les François s'abusent asfez grossièrement ; et Dieu veuille à ce qu’au lieu d'y faire connoitre la vraie peinture, il n’arrive tout le contraire... »
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XVII*, XVIII*, XIX* SIÈCLES
^aiment plus que des Français, el des plus illustres, qui peignent à Rome. — A Turin, c’est lUanchard; — à Venise, ce sont deux paysagistes importants , Monsti Giron et Noël Cochin, et Michel Sobleau; — en Pologne, nous trouvons La Hire, le père ; — en Suède, Sébastien llourdon. — Jacques Sarazin et Anguier, sculptaient en Italie et en Angleterre ; — Callot faisait ses premiers chefs -d’ueuvre à Florence; Mellan gravait à Rome les portraits du Pape Urbain VIII (1031, in-V“), du cardinal Bentivoglio et du marquis Justinien, des titres de livres et bien d’autres œuvres importantes 1 ; — Thomassin tenait école de gravure à Rome.
Les étrangers commencèrent déjà à venir se former à Paris; par exemple, Sebastien Bourdon fut le maître de Théodore Van der Schuur 3.