‹ Les artistes français a l'étranger (volume 2)Chapitre 318 sur 452 · BERTHELOT ou BERTOLOT (Guillaume), sculpteur · texte numérisé non relu

BERTHELOT ou BERTOLOT (Guillaume), sculpteur

Berthelot vint de Paris à Rome pour y étudier et y lit. un long séjour. Il a exécuté : la statue en bronze doré de la Vierge, qui est placée sur une colonne corinthienne en marbre blanc que l’on voit à la petite place qui est à l’angle de la grande place de Sainte-Marie- Majeure : — les modèles de deux grands anges de bronze pour l’autel de la chapelle Paolo, à Sainte-Marie Majeure : — la statue de saint Paul, à la tribune de la porte principale du Monte -Cavallo; — à la porte de la chapelle de ce palais , l’ange de droite qui soutient les armes du pape: — le crucifix en bois qui est au-dessus du tableau du grand autel de l’église neuve (Sainte-Marie de la Valicella). Berthelot restaura plusieurs statues antiques, le Narcisse en marbre de la Vigne des Borghèscs, et en fit un autre de métal 1.

670. PERR1ER (François), peintre et graveur, né à Maçon vers 1590, mort à Paris en 1650.

Étant allé à Rome pour se perfectionner dans l’art du dessin , il y eut d'abord bien de la peine à subsister. La réputation de dessinateur expert le fit connaître de Lanfranc, de qui il tira d’excellents principes pour son art et qui l’employa beaucoup. Ensuite il travailla pour lui- même, et fit plusieurs ouvrages à Tivoli dans le palais du cardinal d’Este 3. Après un assez long séjour à Rome; il revint dans sa patrie et fut mis en réputation par Vouet. En 1635, Perrier retourna en Italie et y séjourna jusqu’en 1645. Ce fut durant ce second séjour qu’il grava la majeure partie de ses planches, surtout les suites des statues antiques et des bas-reliefs, qu’il dessina lui-même. Ces gravures sont exécutées avec beaucoup de facilité; mais comme elles manquent de précision, elles ne rendent guère que les attitudes et les mouvements des figures.

* Traduit de Najjler. — Voir aussi Félibien et Robert Dumesnil , t. II, p. 2.

* Baglione , p. 338. Vasi, rit*, Lalande, t. IV, p. 398. Deieine. — Voir aussi Saitvat, t. I, p. *67.

* Ces belles peintures ont été livrées depuis à un cruel abandon.

ITALIE

On lui doit : les statues antiques, 100 planehes petit in-folio, publiées à Rome en 1638.

Les bas-reliefs de l’ancienne Rome, suite de 55 planches, publiées à Rome en 1615.

Les angles de la Famésine ou de la galerie du petit Famèse , 13 pièces d’après Raphaël.

Le plafond de la Farnésine ( les noces de Cupidon et de Psyché et l'assemblée des dieux), d'après Raphaël, 2 pièces, publiées sous le nom de Paria.

La Communion de saint Jérôme, pièce fameuse que Lanfranc lit graver à Perrier, dans le but de nuire au Dominiquin , qui avait traité le même sujet; grand in-folio.

Perrier a fait quelques compositions qu’il a gravées lui-méme ; il a certainement gravé à Rome, Vénus avec les Amours et les Grâces, au milieu des Tritons et des animaux marins, pièce qu’il a signée Fr. Paria Borgog ' .

671. GELLEE (Claude), dit CLAUDE LORRAIN, ne au château de Chanugnc, dans le diocèse de Toul, dès lors à la France, en ltiOO, mort le 21 uov. 1082, â Home. Elève de son frère Jean, graveur sur bois.

Claude Lorrain vint jeune à Rome, puis alla passer deux ans à Naples où il étudia la peinture du paysage sous Gotfredo, qui était alors en grande réputation; il revint ensuite à Rome et étudia sous Agostino Tasso, peintre de paysage et d’architecture; il travailla avec lui jusqu’en 1625, puis voyagea, alla à Venise, en Bavière, à Nancy, revint en Italie en compagnie de Charles Errard, et arriva à Rome le jour de Saint-Luc, 1627. Il s’y fit aussitôt connaître par un grand nombre de tableaux faits pour divers amateurs romains et étrangers; il travailla à des peintures murales au palais du cardinal Crescenzio, sur la place de la Rotonde; dans le palais des Muti, sur la place des Saints-Apôtres, et dans une maison de la famille des Muzi , à la Trinité du Mont.

Le cardinal Bentivoglio commanda à Claude deux tableaux qui eurent un immense succès; sa réputation fut alors complètement établie; son atelier était très-fréquenté « et la rue encombrée de gens qui se portaient chez lui pour acheter ses peintures. » Les

1 Hubert l Bus/, t. Vil, p. 68-10. — Robert Dumrsnil, t. IV, [I. i 59. — Mémoire* sur U vie et le» ou\ra;[cs de» membres de l'Académie, t. !,p. 127.

ROME

figures qu’il mettait dans ses paysages étaient médiocres; aussi disait-il qu’il vendait ses paysages et qu’il donnait les figures par dessus le marché ; il les faisait faire quelquefois par Philippe Lauri, célèbre paysagiste romain.

Après avoir admiré les tableaux du cardinal Bentivoglio, le pape lîrbain VIU voulut voir l’artiste, et lui commanda quatre peintures: une marine, le port di Marinella, une danse et une pastorale. Puis le roi d’Espagne lui fit faire huit tableaux. Dès lors Claude travailla pour les cardinaux, les princes romains, le pape Alexandre VU, qui lui portait beaucoup d’intérêt, le pape Clément IX, et pour les amateurs de toute l’Europe.

En analysant les précieuses notes du Livre de Vérité ', on constate, d'une manière approximative, qu’il a peint quatre tableaux pour le pape, vingt -neuf pour les princes et les cardinaux romains, six pour Naples, un pour Venise, un pour Turin, un pour Palerme; trente-sept pour la France; six pour l’Espagne ; un pour la Bavière; un pour Liège, deux pour Anvers, un pour Ypres; deux pour l’Angleterre; un pour le Danemarck.

Parmi les trente -sept tableaux que la France acheta à son grand paysagiste, Claude en fit un pour Montpellier, qu'il regardait comme son meilleur ouvrage; on y voit représentée Esther suppliant Assuérus pour le peuple hébreu.

Claude Lorrain avait beaucoup de dignité et de moralité ; son influence fut considérable, dit Baldinucci; il donnait des préceptes et des conseils à tous ceux qui lui en demandaient, surtout pour la perspective où il excellait; Viviani et Swaneveit furent ses principaux élèves1.

Smith et Vasi nous apprennent que l’on trouve encore à Rome les tableaux suivants du Lorrain.

Au palais Doria : Mercure volant les troupeaux d’Admète.

Le Mariage d’Isaac et de Kebecca.

Des prêtres conduisant un taureau au temple d' Apollon, pour le sacrifice.

Céphale et Procris.

Paysage avec une Diane chasseresse.

Le fameux tableau du Moulin.

1 Voy. p. 179.

9 Cette biographie est traduite (uu peu abroger d'après le Baldinucci.

Paysage avec un repos en Égypte.

Au palais Rarberini : une marine.

Au palais Sciarra : le lever et le coucher du soleil.

A l’Académie de Saint-Luc : une marine.

Au musée du Capitole : trois paysages non désignés.

672. D UFR ESN 0 Y (Charles -Alphonse), peintre, ne a Pari» eu 1611, mort à Yilliers-le-Rel en 1665.

Dufresnoy vint à Home à la fin de 1633 ou au commencement de 1634, et s’y lia avec Mignard ; on les appelait les deux inséparables. Il resta vingt ans à Rome, fit quelques tableaux pour des amateurs italiens et français, et composa son poème de la peinture. Après un séjour de vingt ans, Dufresnoy se rendit à Venise avec Mignard; il y fit une Vénus couchée, pour un seigneur vénitien, nommé Marc Paruta, et une Vierge à mi-corps. 11 revint il Paris en 1636 '.

673. WUIBERT ou WIBERT (Remy!, peintre et graveur; on le croit né à Paris vers 1607. Elève do Youet.

NVuibert parait avoir passé presque toute sa vie à Rome, où il fut l’ami du Poussin, dont il a gravé d’une façon remarquable plusieurs compositions; il a gravé aussi d’après Raphaël, et plusieurs de ses estampes ont été faites d’après ses propres compositions2. Quelquesunes de ses gravures, faites à Rome, portent la date de 1635.

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