ARCHITECTURE
XVIIe siècle.
Lorsqifen 1893, Henri TV résolut d’achever la galerie du Louvre *, «nos grands artistes du xvi* siècle, les plus nobles représentants de la Renaissance française, étaient tous au tombeau. La génération qui les suivait n’avait ni cette sûreté de goût, ni ce grand fonds d’imagination ou d’originalité qui jusque là nous avait garantis de la contagion italienne. Nous devenions plus enclins à chercher nos exemples au delà des monts, à mesure que les progrès du mal y devenaient plus rapides. Les deux seuls architectes qui se fussent montrés fidèles aux traditions de l’antique et du xv' siècle, et qui eussent tenté, au moins en théorie, d’y ramener l'Italie, tout en les reniant trop souvent dans leurs oeuvres, Vignole et Palladio, avaient cessé de vivre. Madcme régnait seul, et le terrain se préparait pour les ambitieuses folies de deux hommes alors au berceau : le Bemin et le Borromini3. #
Jusqu’à Mansart l'influence étrangère pesa de plus en plus sur notre architecture. On introduisit dans la décoration de la grande galerie du Louvre, élevée sous Henri IV3, l’ordre colossal, «une des plus grandes licences du seizième siècle italien *, » et notre architecture pervertie lit un pas de plus dans la voie funeste de l’imitation servile d'une architecture en décadence. Le palais du Luxembourg , bâti par Ltcsbrosscs* pour Marie de Médicis est, au moins dans sa décoration, une imitation du palais Pitti à Florence. Le portail de Saint-Gervais (HHC), œuvre du même architecte, est emprunté aux portails de l'cglise du Jésus et de Saint-André-della- Valle,à Rome; on blâme justement la superposition de trois ordres dans la façade d'un édifice dont l’intérieur n’a pas d’étages super-
1 Entre le pavillon Lesdi<juières et les Tuileries; l'autre partie est du temps de Henri II.
* Vitet. Le Louvre, dans la Ilevue contemporaine, t. III, p. 390. 1HT»2.
3 Peut-être par J. -B. Ducerceau.
k Vitet, loc. cil.
' Salomon Desbrosses et non pas Jacques.