‹ Les artistes français a l'étranger (volume 2)Chapitre 33 sur 452 · C.XXVII · texte numérisé non relu

C.XXVII

XVII*, XVIII*, XIX* SIÈCLES

posés, et on regrette de voir Desbrosses faire un tel emprunt à l'architecture italienne

Le dôme de la petite église des Carmes , de la rue de Vaugirard, suivi bientôt du dôme de l'église de la Sorbonne (1635-î»3), construit par Lemercier, et de celui du Val-de-Gràce (lti.'it-Oo), bâti pur Leinuet, sont une nouvelle importation italienne.

Enfin quand Louis XIV veut achever le Louvre, c’est au Cavalier Eemin qu’il s’adresse. On lui demande d’abord des projets, qu’il envoie; on y fait des corrections qui le scandalisent1; enfin on se décide à le faire venir à Paris (16tio). Pour vaincre les résistances du Cavalier, Louis XIV lui écrivit de sa main ; pendant son voyage en France, il reçut des honneurs extraordinaires. Puis, quand le Bemin eut arrêté ses projets , le tout se trouva laid , incommode, manquant de goût et de bon sens1; on ne pouvait exécuter les plans du Cavalier, qu’à la condition de détruire l’oeuvre de Pierre Lescot. On aurait eu beaucoup de peine à se débarrasser du ISernin si la rigueur de l’hiver ne fût venue en aide à Colbert et à Perrault. Bemin partit pour l’Italie avec un brevet de 12,000 livres de pension; il est le dernier grand artiste italien appelé en France avec apparat; mais on tomba de Bemin en Perrault. La colonnade du Louvre , espèce de placage sms fenêtres, reposant sur un immense soubassement, couronné d’un simple cordon de balustres à jour, avait mille défauts; d’abord elle consacrait le triomphe de l’ordre colossal ; elle faisait disparaître pour la première fois notre vieux système de toiture *, et ce que les architectes italiens du xvi* siècle avaient respecté était détruit « par un médecin de 1a faculté de

1 Voyez les Etudes d'architecture en France, par M. Léon Yaudoycr, dan. le Ma^azin pittoresque, 1845.

1 (tome, 2 décembre 16G4; le duc de Créquy à Colbert :

» Monsieur, je fus jeudy dernier chez le cavalier Bernin cl estant entré avec luy en discours sur lo nouveau dessein que vous m’avez mandé que le roy souhaitait qu'il fist pour le Louvre, il me parut extrêmement scandalisé de la manière dont on avoil trailté . crluy qu'il a déjà envoyé. Il me dit mesme ces paroles que I on y avoil fait plus d observations et trouvé plus de défauts qu'il ne falloit de pierres pour le baslir... » ( Lettres de Coller t, collection verte, Bibl. impér. )

1 Voyez dans Blondel , Arcbit. franc, t. IV, tous les details de cette affaire, avec les plans et élévations des projets de Perrault, de Bernin, de Lemercier et de Marol. Les projets de Bernin sont d'une étonnante laideur.

• Blondel ( Arcli. tram; . IV, 87 ), dira plus lard que dans la décoration d'uu palais «les combles apparents sont contraires à la bieuséaucc».

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