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de Giocondo. Récemment , tous les comptes de dépenses de la construction de Gaillon ont été publiés 1 avec les détails les plus minutieux. On a les noms de tous les artistes et ouvriers qui y furent employés, et le nom de Giocondo n’est pas une seule fois mentionné dans les registres des trésoriers du cardinal d'Amboise. Le château de Gaillon est l’œuvre tout entier d’architectes et de sculpteurs français; les Italiens n’y furent occupés qu'à des travaux secondaires et de simple ornementation : « C’est un fait qui restera désormais acquis à l’histoire de l’art et à celle de l’école française. 1 »
Gaillon a été bâti de 1502 à 1510 par plusieurs architectes; chacun d’eux a élevé une partie de l’édifice, et, si le plan général souffre un peu de la variété des aspects, l’originalité et la perfection de chaque partie compense amplement cet inconvénient. Les architectes de Gaillon, sont Guillaume Senault « maître maçon des œuvres du cardinal d’Amboiseà Gaillon» ; Pierre Fain, l’auteur du portique que l’on a placé dans la cour de l’école des Beaux-Arts1; Pierre Delorme, architecte et sculpteur; Colin Byart de Blois; Pierre Valence de Tours, qui est à la fois, comme tous les grands artistes de ce temps, architecte, sculpteur et peintre , et de plus hydraulicien, charpentier et émailleurde carreaux.
Deux architectes italiens figurent dans les comptes, le Génois Bertrand de Meynul, qui était aussi sculpteur, et Geraulme Pacherot ; mais ils n’ont été occupés qu’à la fontaine du château.
Les sculpteurs employés à Gaillon sont : Michel Colombe, qui a fait le bas - relief en marbre, représentant S. Georges, pour le dessus d’autel de la chapelle *, et Antoine Juste. Le sculpteur Demugiano, de Milan, envoya plusieurs bustes et une statue de Louis XII 5. Les quarante peintres mentionnés dans les Comptes, et qui ont considérablement travaillé, sont tous de la corporation de Rouen , à l’exception de maître André Solario, de Milan, qui n’a peint que la chapelle. Les
1 Comptes de dépenses de la construction du château de Gaillon , publiés d’après le» registres manuscrits des trésoriers du cardinal d’Amboisc, par A. Deville ; I vol. in-4°, avec planches, 1850. — Dans la Collection des documents inédits sur l’histoire de France.
* Deville , Comptes de Gaillon, p. XII I.
* Pierre Fain a aussi élevé le palais archiépiscopal de Rouen, pour le caidinal.
k Ce bas-relief est actuellement au Louvre.
* Le torse de cette statue est aussi au Musée du Louvre.