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L’A HT FRANÇAIS
vingt et un « menuisiers » on sculpteurs en bois sont également de Rouen 1 . Parmi les artistes qui ont sculpté l’admirable décoration des stalles, lambris, dais, chaires, plafonds et portes de la chapelle et du palais 2, on peut citer Richart Guerpe, Colin Castille, qui était aussi architecte *, Richard Taurigny que nous retrouverons plus tard travaillant en Italie, Pierre Comedieu, Jean Dubois , Richart Delaplace \
On voit, par un exemple, ce qui reste des traditions sur le xvi' siècle, lorsque la critique entreprend de les discuter.
En même temps, l’architecture nouvelle produisait la façade orientale du chîlteau de Blois que Louis XII faisait bâtir par Colin Byart « tout de neuf et tant somptueusement que bien sembloit œuvre de roi ». A Blois, comme à Gaillon, la sculpture et l’ornementation sont bien plus italiennes que l’architecture.
En même temps aussi , d’illustres architectes conservaient purement et simplement le style flamboyant; c’est à peine si , çà et là, ils rajeunissent ou dissimulent certaines formes un peu vieillies. Les beaux exemples de constructions dans ce genre cl de ce temps sont l'hôtel de la Trémouille 5, à Paris, bâti en même temps que Gaillon; c’était un monument du meilleur gofit; l’architecte qui l’avait construit ne s’était pas inspiré de la renaissance italienne , il avait lutté contre elle avec le style français auquel il fit produire lin nouveau chef-d’œuvre. Il faut aussi citer sur la même ligne, les hôtels de ville de Compïègne, bâti en 1 199, de Saumur, de Ncvcrs, de Saint- Quentin ; le palais de justice de Rouen, bâti par Roger Ango et par Rouland Leroux , l’hôtel du Bourgthcroulde, à Rouen, le château de Mcillant, construit pour le cardinal d’Amboise, les roses et les fenêtres de la cathédrale d’Auch.
1 Tous ccs détails attestent combien l'école de Rouen était importante a ce moment.
* Un conserve à Saint -Denis quelques débris de ces belles boiseries. Un y voit à la chapelle d’hiver des chanoines, les dossiers des stalles; à la sacristie des chantres, une porte ; à la chapelle saint Eugène, quelques boiseries.
s Castille est désigné dans les registres sous le nom d’architcclor ; M. Deville signale ce titre nouveau jusqu’ici.
4 Gaillon fut vendu en l’an v comme propriété ecclésiastique ; l’ingénieur eu cher du département, en réponse fa ceux qui demandaient la conservation de ce monument, déclara que « tout cela ne pouvait être considéré comme un chef-d’œuvre de l’art dont on dût ordonner la conservation;. . . que « c'était d'une architecture gothique .» Un vendit S la bande noire qui démolit.
4 Actuellement détruit.
RENAISSANCE. LV
Irf1 * jubé de l’église de la Madeleine, à Troyes, est bien en style flamboyant dans tout son ensemble; mais Gaylde, qui l’a élevé en 1501, y a mis quelques détails d’ornementation italienne. On fait la même remarque en observant la maison dite d’Agnès Sorel, à Orléans, et l’élégant hôtel de ville d’Orléans , élevé par Viart.
Ainsi, sous Louis XII, notre architecture nationale persistait. Mais la réaction fit de nouveaux progrès sous François l" qui appela Serlio 1 avec quelques autres architectes italiens pour substituer définitivement la manière italienne et les ordres antiques à notre vieille façon de bâtir. Dominique Cortone construisit en 1533, l’ancien hôtel de ville de Paris ; mais Fontainebleau fut le théâtre principal où s’exercèrent les étrangers et le modèle que François 1" offrit aux courtisans. Serlio ajouta à l’œuvre des Français, ses prédécesseurs, les bâtiments situés autour de la cour ovale , construits dans un style qui conserve cependant quelques-uns des caractères importants de l’architecture française.
Il est essentiel de constater que les Italiens qui ont travaillé en France ont beaucoup modifié leurs idées et qu’ils n'ont pas construit un seul édifice complètement italien. L’architecture française a eu sur leur manière autant d’influence qu’ils en ont eu sur la nôtre, et de cette transaction est résultée une architecture tout originale qui a produit en totalité ou en partie, les châteaux de Chambord 3, de Saint-Germain , de la Muette, de Chenoneeau , dans lesquels le caractère français est dominant, et les châteaux de Chantilly ”, de
1 « Et encore? pour ce iourdhuy suons nous en ce Royaume de France vn messire Sébastian Serlio, lequel il assez diligemment escrit et figuré beauconp de choses selon les régies de Vilrure et a esté le commencement de mettre teles doctrines en lumière au Royaume. Toutesfois i en congnois plusieurs autres qui sont capables de ce faire, néantmoins il z ne s'en sont encores mis en peine : et pourtant ne sont dignes de petite loucnge. Entre ceula la ce peut compter le seigneur de Clagny Parisien { Pierre Lescol), si faict aussi maistre Philibert de l'Orme...» — Jean Goujon , sur Vilruve ; a la fin de : Architecture ou Art de bien basltr de Marc Vilruve Pollion... mis de latin en françoys par tan Martin... pour leroy très chrestien tlenri II. Paris, 1547, in-folio; orné de belles gravures sur bois, dessinées par Jean Goujon.
1 Bâti , en 15*26, par Pierre Nepveu, dit Trinqucau, architecte de Blois, qui avait travaillé au château de Blois sous Louis XII. Jean Marchant, d'Amboise, a travaillé aussi a Chambord.
a Nous voulons parler des façades intérieures du grand château de Chantilly, aujourd'hui démoli.
ülois', d’Azai- le -Rideau, de Madrid et de NantouiUet, dans lesquels le style italien est prépondérant J.
Jusqu’alors, l’architecture civile avait seule subi l’influence étrangère et l’on continuait à construire les monuments religieux dans le style gothique , qui semblait consacré et hors d'atteinte. En effet, pendant tout le temps qu’avait duré la lutte que nous venons de raconter, on élevait de tous côtés les plus remarquables bâtiments , dans ce style flamboyant que l’on veut faire passer pour une décadence. Le Flamand Louis Van Boglem construisait Notre-Dame de Brou ; Jean Texier, la flèche septentrionale de la cathédrale de Chartres ; les frères Jacques et Rouland Leroux, le portail de Notre-Dame de Rouen et l’église de Saint -Maclou, à Rouen. D’autres architectes inconnus bâtissaient la flèche centrale et la tour a de beurre», à la cathédrale de Rouen ( 1 307 ) ; l’escalier de l’orgue de l’église de Saint- Maclou (1518) ; la chapelle de l’hôtel de Cluny, à Paris; la tour de Saint-Jacques-la-Boucherie, à Paris ; les flèches de Saint-André de Bordeaux, deSaint-Jcan de Soissons, l’église de Notre-Dame de Lépine, la chapelle du château de Vincenncs. On avait bâti les chapelles des châteaux de Chcnonceau , de Blois, de NantouiUet J, sur l’ancien plan gothique, et sauf leur décoration, qui est de style renaissance, ces édifices sont encore gothiques.
Philibert Delorme compléta la révolution : en 1532, il construisit la chapelle du château d’Anet en style renaissance, sur un plan différent des plans gothiques et l’édifice fut surmonté d’un dôme *.
Ce fut alors que Jean Wast et François Maréchal, en 1555, firent à Beauvais, une généreuse protestation contre l’architecture étrangère. « Ayant ouï parler du dôme de Saint-Pierre de Rome, et voulant faire voir que leur gothique pouvoit monter aussi haut que les ordres grecs de Michel- Ange, ils élevèrent , sur le milieu de la croisée de la cathédrale , une pyramide 4 de vingt- quatre toises sur une base de huit , qui étoit percée à jour des quatre côtés , ornée de vitres de toutes couleurs ; et comme sa base étoit vide , on en voyoit toute la
1 II n'y a qu'un côté du ch&leau de Blois qui soit de François 1er.
* Voyez ccs divers bâtiments dans l'ouvrage d’Androuet Ducerceau : Les plus cicellents bastimenU de France.
3 La chapelle d'Ëcoiien est encore bâtie de la même manière.
1 Cette chapelle existe encore.
1 Une flèche.
HEN AISSANCE.