XXII L'ART FRANÇAIS
sculpture en bois y pratiquée dès le xiii* siècle en Allemagne^ ne parait avoir été exercée en grand de ce côté -ci du Rhin qu'à partir des Valois'.
La serrurerie produisit aussi de remarquables omTages : grilles^ croix, reliquaires, portes de tabernacles, pupitres, coffrets, plaques de serrures. Le chef-d'œuvre de cet art au moyen âge se trouve à Notre-Dame de Paris : nous voulons parler des ferrures de la porte Sainte -Anne dont les enroulements sont un véritable modèle de bon goût français et d'élégance ^.
Il ne faut pas oublier de parler dans cette revue générale, des plombs repoussés et dorés qui recouvraient les toitures des cathédrales, entre autres celle de Notre-Dame de Ghàlons.
Orfèvrerie.
Dès le xiii* siècle, l'orfèvrerie française avait la célébrité que nous lui trouvons dans les siècles suivants. Elle faisait pour les églises des châsses ', des croix, des crosses, des reliquaires, des vases et des calices, des bâtons cantoraux, des paix, et à Tusage des rois ou des grands seigneurs, des ornements pour leurs a vêtements gallandés », des chandeliers, des flacons, des nefs , des plats, des assiettes armoriées, des aiguières, des coupes, des images de saints pour porter au chapeau, etc. *•
L'histoire de Guillai:iie Boochbr, orfèvre de Paris, qui devint l'orfèvre du Khan des Mongols et s'établit dans sa capitale, au centre de l'Asie, mérite d'être connue.
1 i?. Folkestone WiUiam, An historical Sketch of tbe art of Sculpture in wood, 1 vol. in-8; 1835. — Monteil, Histoire des Français des divers états.
* Ces ferrures sont «gravées dans l'Architecture de M. Gailhabaud.
' Voyez dans les Mélanges d'archéologie, par A. Martin et Gh. Cahier, les gravures de la châsse de saint Taurin, à Évreux, un des chefs-d'œuvre de l'orfèvrerie religieuse du xiii« siècle.
^ On doit rattacher à l'orfèvrerie la dinanderie. On appelle dinanderie les grandes œuvres de chaudronnerie historiée. Cette orfèvrerie de cuivre se fabriquait surtout à Dinant en Belgique et à Lyon. On exécutait au marteau les 6gures et les personnages dont on décorait les plats, les bassins et les coquemars. Après le sac de Dinant, par Charles le Téméraire, les habitants de cette ville vinrent en France; ils se répandirent dans les provinces; et nos chaudronniers d'Auvergne et de Normandie, déjà artistes et bons imitateurs de Dinant, se dirent dès lors « dinandiers de Dinant. » Michelet, Hist, de France, VI, i36, 171, 202. — Monteil, Hist. des Français des divers états, III, 230; IV, 450; VI, 285.