‹ Les artistes français a l'étranger (volume 3)Chapitre 12 sur 456 · MOYEN AGE. XXIII · texte numérisé non relu

MOYEN AGE. XXIII

En i253^ saint Louis avait envoyé en ambassade auprès du Khan des Mongols le cordelier Guillaume de Rubniquis * . Arrivé à Tune des résidences de Mangou Khan en 1254, Rubruquis rencontra d'abord une femme de Metz en Lorraine , nommée « Paquette » , qui avait été prise dix ans auparavant en Hongrie par les Mongols. Elle lui donna avis qu'il rencontrerait à Karakoroum, capitale de Mangou, un orfèvre parisien a nommé Guillaume Boucher, dont le père s'appeloit Laurent, et qu'elle croyoit qu'il avoit encore un frère nommé Roger qui demeuroit sur le grand pont à Paris b. Paquette apprit à Rubruquis que Guillaume Boucher avait un fils « qui estoit un très -bon interprète 0 et qu'il était occupé à faire un grand ouvrage d'orfèvrerie pour le Khan , lequel lui avait donné à cette fin beaucoup d'argent et cinquante ouvriers.

Guillaume Boucher fut d'une extrême utilité à Rubruquis pendant son séjour parmi des populations barbares; aussi ne l'appelle-t-il que « nostre bon orfèvre » et entre-t-il volontiers dans les détails qui le concernent. Il nous apprend d'abord que maître Guillaume avait été pris à Belgrade en Hongrie, lorsque les Mongols étaient venus ravager ce pays (1241-43); il avait été donné ensuite à la mère de Mangou « qui désiroit grandement de l'avoir à son ser>ice » ; enfin, à la mort de cette princesse , il était passé au service du Khan, qui lui faisait faire des ouvrages d'orfèvrerie. « Maistre Guillaume le Parisien » était en assez belle position à la cour du Mongol; employé par le souverain, il était devenu l'ami intime de son chanceher.

Guillaume avait a quelque connoissance des bonnes lettres » ; il était marié; sa femme était fille d'un Sarrasin et était née en Hongrie; et ce qui est touchant, c'est que cet homme, perdu dans les steppes de l'Asie centrale, à 2,500 lieues de son pays, apprend le fiançais à son fils et à sa femme; a elle parloit bon françois et coman. b

D y avait en Mongolie, auprès de Guillaume, des chrétiens emmenés prisonniers de Hongrie et de Pologne ; Guillaume avait foit ff pour ces chrestiens du pays » une image de la Vierge en sculpture^

■ Rnbrn^k a écrit une très- curieuse relation de son voyage; elle a été traduite en francab par Bergeron; i vol. petit in-8; Paris 1634. C'est cette traduction que nous reproduisons ici. — Voir aussi sur les relations des rois de France avec les emperenn mongols^ le mémoire d'Abel Rémusat, t. VI des Mémoires de l'Académie des Inscriptiona et beflet-lettrcs.

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