‹ Les artistes français a l'étranger (volume 3)Chapitre 22 sur 456 · RENAISSANCE. XL · texte numérisé non relu

RENAISSANCE. XL

Aussi y au xv« siècle , Fart, qui est toujours l'expression des formes sociales, se transformait partout comme les sociétés elles-mêmes. Un mouvement remarquable s'accomplissait en Flandre, sous la féconde impulsion des ducs de Bourgogne, en Allemagne et en France , aussi bien qu'en Italie et en même temps. On constate dans ces quatre pays, des efforts nationaux et indépendants pour se dégager des formes et des typé^ gothiques et pour atteindre à un idéal nouveau.

Van Eyck, Jean de Bruges, Mabuse et Memling, en Flandre ; — Jean Fouquet, Jean Bourdichon, peintre de Louis XII *, Jean Perreal, Colin d'Amiens ^, Simon du Mans, les frères Claux ^ et Michel Colombe, en France*, — Lucas de Kranach, Holbein, Martin Schœn , Albert Durer, en Allemagne, — les Bellin, Masaccio, Mantegna et le Pérugin, en Italie, tous s'efforçaient de frayer des voles nouvelles à la peinture. Ils conservent encore beaucoup de traces du passé, mais ils forment la transition et préparent les grands novateurs. Ces maîtres ont déjà quelques-uns des caractères des artistes du XVI* siècle; ils s'affranchissent autant qu'ils le peuvent de l'obligation d'imiter des types consacrés , et se rapprochent de la nature qu'ils étudient avec soin et dont ils cherchent à reproduire l'infinie variété.

Cette première renaissance se faisait à peu près parallèlement dans les quatre pays que l'on vient de nommer, lorsque Léonard de Vinci, puis Raphaël, Michel -Ange et les maîtres Vénitiens donnèrent à la peinture italienne un éclat si grandiose que les renaissances française, flamande et allemande furent arrêtées et englouties dans le mouvement italien qui déborda sur toute l'Europe. L'art français se fit italien sous l'impulsion des rois et de leurs ministres; les

1 Un portrait de laint François de Paule, peint en 1513 par Bourdichon , fut entoyé au pape par François l*' et placé au Vatican : ce portrait a été gravé par Michel Lasne. Voyez les archives de l'Art français, t. IV, p. 2.

s Voyez sur cet artistes la Renaissance de M. de La Borde.

> Sculpteurs de Dijon ; ce sont les auteurs du puits de Mol^ et des tombeaux des ducs de Bourgo<{ne, à Dijon.

' Tours a été le centre principal de ce mouvement , de cette renaissance française. En effet, Fouquet, Bourdichon, Michel Colombe, Jean Juste étaient de Tours et travaillaient dans cette ville. Mais de toutes les parties les plus inconnues de l'histoire de l'art français, ce qui regarde ees vieille» éooles provinciales est le plus ignoré, en même temps que ce serait le plus utile à connaître. À cette époque, l'école de Rouen avait aussi une importance de premier ordre.

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