ARCHITECTURE GOTHIQUE
Après les rois normands^ la maison d^ Anjou régna à Naples environ deux siècles. Il était naturel de penser que ce qui avait été fait par lés Normands pour le roman et le gothique primitif, la maison d'Anjou l'avait fait pour le gothique^ c'est-à-dire que ce style avait été introduit dans leurs nouveaux domaines par les rois angevins. En effet, M. Renouvier* a parfaitement mis en lumière rinfluence évidente de la maison d'Anjou et du style Ogival français à Naples. Ce style a une tournure particulière dans cette ville; il s'y distingue par de grandes qualités et aussi par quelques défauts de celui qui -règne dans les autres parties de Tltalie.
Ce n'est pas seulement à Naples et en Sicile^ mais dans tout le reste de la Péninsule, que nous retrouvons de nombreux édifices gothiques. M. Didron, qui a bien voulu nous permettre de puiser dans seâ notes d'un voyage en Italie , a constaté que les grandes basiliqueà de Rome, celles de Saint-Jean de Latran^ de Saiiltei-lilarie ifajeure, l'ancien Saint- Pierre^ là basilique de Saint- PauP et un grand nombre d'églises^ entre autres Ara-Cœli^ construites du xii« au xiv"^ siècle , étaient de style ogival y mais italianisé ^ si l'on peut ainsi parler.
La ville de Sienne tout entière^ églises^ maisons et palaiS^ est en Style gothique. A Florence, à Viterbe , à Tivoli , le nombre des édifices gothiques est aussi très-considérable.
En 4300, Hardouin, architecte français, construisit Tégllse de Sàinte-Pétronè de Bologne, achevée plus tard par Palladio *.
i ?oj. Huillard'Bréholle9 et V» Bal tord. Recherches sar lei monam» et l'hitl. déi Normands et de U mtison de Souabe, dans l'Italie mérid., 1 vol. in- fol. avec plinches, Paris, 1844.
èèira ai Patcd, Del duomo di Monreale e di altre chiese Sicalo-NcirÉiatiÀ'é, I vol. tar^tol. tveo planches, Palerme^ 1838.
Hittorffei Zanth, Architecture moderne de la Sicile, 1 vol. in -fol. avec planches, Ptfia. 1835.
^ Note sur les monuments gothiques d«,<(uel(tuM villes dltalSe> dàni le BoHetin do Comité, t. 11, p. U et 12.
' Aujourd'hui brûlée.
« QpUetia du comité, 1. 11| ^» i86.
Kii i388, Philippe Bonaventi re fut appelé do Paris pour diriger les travaux de la cathédrale de iMiliiii; la permission de sortir de France pour cet objet lui fut accordée le 8 juin 1389, et pendant huit ans Bonaventurc fut le maître de l'œuvre du dôme de Milan. En 1399, Jean Campanosen et Jean Mignot, son élève, tous deux Normand3, succédèrent à Bonaventure et travaillèrent au dôme jusqu'en 1402 •. Le plus magnifique édifice ogival de l'Italie est donc dû à des Français.