MAITRE CLAUDE, verrier. t
MARCILLAT {Guillaume)^ appelé par erreur Guillaume de Marseille, verrier,
né à Verdun en 1475^ mort à Arezzo en 1537.
MAITRE JEAN, miniaturiste et peintre à la fresque.
Avant tout rétablissons le nom de Marcillat; « Vasari ayant écrit tantôt Marcilla, tantôt Marzilla, on a pris le nom de famille de Tartiste pour le nom de sa ville natale, et Ton a conclu de là que Guillaume était Marseillais. Une pièce portant la signature du maître lui-même, et transcrite par le P. Marchese dans ses Mémoires sur les artistes dominicains , rétablit 1 orthographe authentique de ce nom, et nous fait savoir par surcroît que le prétendu Provençal était né dans le diocèse de Verdun 2, »
Le nom rétabli, passons à la vie de Guillaume Marcillat; Vasari, son élève, nous en fournit tous les éléments '. « Il était, dit- il. Français de naissance, mais son séjour constant à Arezzo nous donne le droit de dire que cette ville fut la patrie de son choix; ce fut un des grands peintres du grand siècle. Il avait cultivé le dessin en France dans sa jeunesse et s'était occupé, en même temps, de Fart de peindre sur verre. Sa couleur était aussi agréable et aussi harmonieuse que celle des plus habiles peintres à l'huile. » Un meurtre commis par quelques-uns de ses camarades et auquel il assista, To-
' Giulini, Memorie Spcttanti alla Storia... di Milano,t. XI, p. 458 et sufv. — Bulletin du comité, t. Il, p. 186. — Revue britannique, 4« série, t. XVIIÏ, p. 135.
^ //. Delabordef La peinture française et son histoire, dans la Revue des Deui Mondes, 15 septembre 1854, note de la p. 1124.
' Nous nous servons de la traduction du Vasari par MM. (.. Leclancbé et Jealirofl.
bligea, pour se soustraire à la justice^ de se -l'aire moine dominicain; a mais il n'abandonna point les études de son art ; au contraire^ il s'y appliqua davantage et atteignit une grande perfection, d Ainsi notre grand verrier s'est bien formé en France.
Bramante^ chargé par Jules II d'orner de verrières les fenêtres du Vatican^ cherchait un artiste pour les faire^ a lorsqu'on lui apprit qu'il y en avait en France plusieurs qui faisaient des choses vraiment merveilleuses.» Bramante ayant vu une de leurs œuvres dans le cabinet de l'ambassadeur de France à Rome^ fit offrir à ces artistes des appointements considérables pour les attirer à Rome. On s'adressa à 0 Claude y le plus grand maître de cet art en France » et à Guillaume Marcillat. Guillaume, mécontent des procédés des moines, ne demandait qu'à quitter son couvent; il partit donc avec maître Claude 9 arriva à Rome et changea le froc de saint Dominique pour celui de saint Pien-e.
Les deux artistes firent beaucoup de verrières au Vatican; toutes ont été détruites., o tout admirables qu'elles étaient», pendant le sac de Rome^ afin d'en tirer les plombs pour en faire des balles. Il en reste une cependant., dit Vasari , dans la chambre à feu de Raphaël à la tour Borgia. Cette peinture représente des anges qui soutiennent les armes de Léon X-.
Nos deux Français firent, pour la chapelle de Sainte -Marie du Peuple, deux fenêtres placées derrière la Madone et représentant divers sujets tirés de la vie de la sainte Vierge. «Ces ouvrages furent très-admirés par les connaisseurs et acquirent à leurs auteurs autant de profit que de gloire.» Mais maître Claude, a désordonné et gros mangeur, comme les gens de sa nation , chose funeste dans le cb'mat de Rome, tomba malade d'une fièvre si grave qu'il en mourut le sixième jour ». Après la mort de son compagnon, Guillaume Marcillat fit un vitrail dans l'église des Allemands, Santa- Maria de
Anima, à Rome : puis le cardinal Silvis l'emmena à Cortone où il fit un vitrail pour la maison de ce cardinal et un pour la grande ch.v pelle de la paroisse de Coilone. Le premier était une grisaille représentant les fondateurs de Cortone; il avait peint sur le second la Nativité du Christ et l'Adoration des Mages.
1 En 1527.
^ Nouf ne savons si celle verrière csisle encore.
a Guillaume MarciDat possédait à fond Tentente^ le génie et la pratique de son art. H était tellement mattre de sa couleur et comprenait si bien Teffet^ que nul autre ne sut mieux que lui mettre chaque chose à son plan. Il y a une telle harmonie et une telle science dans ses vitraux , que les figures s'y détachent du fond des fabriques ou des paysages avec autant de force que dans les meilleures peintures à Thuile. Ses compositions sont riches et bien ordonnées. Son intelligence était ÂnfMt remarquable dans la ma* nière dont il savait éviter les inconTénients qui résultent naturellement de la division de tant de morceaux de verre sur lesquels il per gnait^ genre de difficulté bien fait pour étonner et arrêter ceux qui n'auraient point eu une habileté semblable k la sienne. Cependant il s'en jouait en quelque sorte ^ disposant si bien son travail que les armatures de plomb et de fer venaient toujours se dissimuler dans les ombres ou les plis de ses draperies , de façon que ces lignes ^ nécessairement obscures^ au lieu de traverser disgracieusement ses figures et de les couper en tous sens^ venaient donner plus de précision k ses contours et plus de nerf à ses ombres. La brosse n'eAt pas été plus heureuse sur la td)le. C'était certes ce qui peut s'appeler faire de nécessité vertu.»
a Lorsque Guillaume arriva à Rome^ quoique très-habile dans toutes les parties de son ai^ll n'était pas cepéndaitt très-bon dessinateur; mais en ayant bientôt recéhnu rinôonvépbent^ il se mit à étudier sérieusement^ et quoique déjà âgé, il fit de véritables progrès; ses derniers ouvrages comparés è ses premiMt^nstatent ces progrès, n
ï)e Cortone^ Marcillat alla se fixer à Arezzo où il fit un grand nombre d'œuvres fort belles; Vasari cite : une sainte Lucie et un saint Sylvestre; — le baptême de Jésus-Christ; — la résurrection du Lazare; — saint Mathieu abandonnant ses richesses et son comptoir pour suivre le Christ; ce vitrail est regardé par Vasari, comme le chef-d'œuvre de Marcillat; — il fit encore pour le baptistère de Tévêché; saint Antoine^ saint Nicolas, le Christ chassant les vendeurs do temple et la femme adultère, a Ces vitraux sont réellement magnifiques^ dit Vasari. »
a Les Arétins remplis d'admiration pour le mérite et les travaux de Marcillat le récompensèrent dignement; » il se fit alors naturaliser citoyen d'Arezzo.
Regardant la peinture sur verre comme trop peu durable et peu
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propre à conserver longtemps la mémoire du peintve qui l'exerce^ Marcillat voulut peindre à fresque; On le chargea de décorer trois grandes voûtes. 11 fut d'abord effrayé de la grandeur de ces voûtes et de la dimension des figures qu'il se mit à peindre, dans le goût de la chapelle de Michel-Ange -, mais il eut une volonté si forte^ qu'il se surpassa lui-même dans ce coup d'essai. Il paraît avoir été aidé daiis «6 grand ouvrage par un de ses compatriotes^ maître Jbam^ sur lequel il n'y a d'autre renséiglMnent que celoi-cî. «Ëffirayé de la grandeur des voûtes qu^il avdl^à peindre ^ dit le Vasan, et n'étant nullement habitué à la fresque, Marcillat envoya cberdier à Rome Maître Jban, miniatiu4ste français, qui, arrivé à Areszo,, peignit à fresque un Christ et una bannière que Ton' porte dans les prooeasions. Ces ouvrages lui avaient été procurés par 6ui§Kune; il les termina avec beaucoup de soin.)»
Guillaume exécuta encore le vitrail circulaire de la façade de l'église de Saint-François, où il représenta le pape dans le Consistoire , les cardinaux et saint François, a H montra dans cette œuvre qu'il était vraiment né pour peindre sur verre, et que jamais on ne pourrait l'égaler en ce genra. En(pl Dot^re yille d*Arezzo est pleine de chefs-d'œuvre de sa main. » R<a fait pour l'église de la Madona délie Lagrime une Assyu^ptiqo et upë AmioDcifttièti | aux deux roses) et un saint Jérôme; — pour San GirqpuDno, une Nativité. Toutes les villes voulaient avoir dès '«ruvres de Marcillat; aussi travailla-t-il IMMif CMtiglione del l«8go, pour Florence , pour Pjérou^e et pour diverses autrai^pîl|iBs des environs d'Arezzo.
11 voulut peindre à l'huile et fît un beau tableau pour la chapeUe 4» h Conception , à S^n Frapcesco d'Arezzo. II js'occupa aussi d'architecture et fit beancoup^e dessins d'on^pyents et p^usijmns «M^uetipns pour les Arétins, entre autr^J^ 4eux pprtes en pierre de San Roceo, et rornement dont on enjtou^ Jle tableau de Ibestro Luca, k San Girolamo. Marcillat composa encore deux autres ornements, le premier pour l'abbaye d'Anghiari, et le second IKHir la confrérie délia Trinità, à la chapelle du Crucifix; puis il dessina un lavabo très«riche pour la sacristie^ qui fut parfaitement exécuté par le sculpteur Santi.
D n,e pouvait se pardoimer safuite de çbe^ les Dominicains; aussi fit- il pour le couvent de Saint- Dominique d'Arezzo | uof b^ verrière représentant l'arbre allégonipiê de rOtdrp i^roduisant une
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grande quantité de saints frères y sous Tallégorie d'une vigne s'élevant du corps de Saint-Dominique. Il refusa le prix de. cette admirable peinture, aGn de s^acquitter de ce qu'il devait à son ancien Ordre ' .
Marcillai avait obtenu le bénéfice d'un prieuré. C'était un honune très-honorable, de bonnes mœurs et très -pieux. Il se plaisait à cultiver le jardin d'une maison de campagne qu'il avait achetée. M^s l'excès d'un travail sans rel^ohe^ dans des lieux humides et malsains, le tua. U mourut en 1537^ à 62 ans. U forma plusieurs élèves verriers, Pastorino^, BenedettoSpadari, Battista Borro d'Arezzo, qui firent de belles verrières. Yasari reçut les premiers principes <cde ce gi*and maître,». comme il l'appelle.
(( C'estliij^dit encore Vasari, qui porta dans la Toscane l'art de colorier les verres , avec cette habileté et cette finesse qui le distinguent et qui lui méritèrent de si grands éloges, d
§ 3. .^«OLOGNE
5IS. JEAN DE BOLOGNE (voirie no 548). 546.' DAUPHIN, ou DQFIN ( Olivier )^peintre, mort i Sassuolo eo 1683.
Olivier Dauphin (Dolfîno et Delphinus) neveu de Jean Boulanger de Troyes , s'était établi à Bologne ; il a gravé plu8i«ars pièces d'après les Carraches '.
M. Robert Dumesnil (viii^ 251 ) donne sur cet artiste une biograpi^ie toute différente, que nous reproduisons :
(c Olivier Dofin on Dauphin y né en Lorraine au commencement du xvn« siècle, mort à Modène, en 1679, élève de Vouet.
a Cet artiste a passé toute sa vie en Italie, qui est richement dotée
^ Fantozsi, Nouveau guidé de f lorence, p. 585^ dit que les armoiries de la famH)e Gapponi, à la «hapelle Gapponi de Féglise de Sainle- Félicité, sont de Guillaume Mar cillât.
* Pastorino di Giovanni Micheli, de Sienne, habile verrier, qui a fait la rose audessus du portail de la cathédrale de Sienne, en 1549; — t. III, p. 277 du Voyage en Italie par de Lalande.
« Marieite, U U, p. It4. — Heimfm,
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de ses œuvres; il travailla longtemps au palais du duc de Modène. « Il a gravé le Christ descendu de la croix; la Vierge^ l'enfant Jésus et saint Jean^ d'après A. Garracl^; les quatre éléments^ d'après les Carracbe. »