BOURSIER, peiotre
^ On voyait au palais Zambeccari les pèlerins d'EmmaBs de Dournier, très-beau tableau^ de bonne et agréable couleur, dit Cocbin \
§ 4.— FtORExNCE
548. JEAN DE BOLOGNE, sculpteur, né à Douai en 1524, mort à Florence le 14 août 1G08 à 84 ans. Élève de Jacques Beuch, sculpt. et In^én, *.
De bonne heure, Jean de Bologne, qui voulait voir les belles œuvres de l'Italie, vint à Aome; il y séjourna deux années, pendant lesquelles il connut Michel -Ange et travailla beaucoup. 11 se proposait de revenir à Douai, « lorsque le ciel qui l'avait destiné à embellir notre Italie de ses ouvr^es,Y> le fit passer par Florence oii il rencontra le fameux maître Bernai!d Vecchiettt^ qui , après avoir observé les études faites par Jean de Bologne à Rome, lui donna des éloges mérités et le fit demeurer à Florence où il travailla d'après Michel -Ange et d'autres grands maîtres. Vecchietti vint en aide au jeune Flamand, qui était fort pauvre; il le logea, le mit en position de faire ses études , et bientôt son protégé devint assez habile pour exciter Tenvie des Florentins '. La première œuvre de Jean de Bologne fut une Vénus en marbre, si belle que Vecchietti se crut obligé de la faire voir au prince François, fils du grand-duc de Toscane Côme le Vieux; le prince se déclara le protecteur de rartiste ^
On était aloi^ sur le point de faire la fontaine de la place; beau-
« Voyage dlUlie, t. Il, p. 157.
* Cette notice est une traduction un peu abrégée de Baldinucci.
' Je%n de Bologne demeura trois ans chez Bernard Vecchietti. — Fantozzi, Nouveau Guide de Florence, traduit par madame d'Estre, p. 451.
^ Parmi ses premier» ouvrages, on cite le^ ornementa du balcon d« Tbôtel du mar- ^au Ricardi. ^ Fantozzi, p. 884.
coup d'artistes et des plus illuçtres^ propo^rent leur modèle. Parmi les concurents étaient B. Âmimanati ^ Benvenuto Cellihi, Vincenzp Danti et le jeune Jean de Bologne^ dont le modèle fut hautement jugé le meilleur; il aurait été chargé d'exécuter la fontaine^ si ce n'eût été la crainte du Grand-Duc de perdre un aussi gros bloc de marbre dans lequel on devait sculptev la figure de Ij.eptupe; car tout habile qu'il était ^ Jean de Bologne n'avait pas eoçon^ dc^np la preuve qu'il était capable de tailler le marbre *.
£n attendant mieux ^ il s'exerçait à faire des statues pour des amateurs de Florence. C'était en 1558, et Jean de Bologne avait trente-quatre ans^ lorsque le grand-duc Gôine prit la résolution de transporter sa résidence au Monte -Comune de Florence; Jean de Bologne, k cette occasion, sculpta les armes du Grand-Duc , que l'on voit au-dessous de la porte du salon quand oii a monté les deux escaliers; ces armes en pierre furent achevées en 1559. Le grand-duc Françcûs lui fit faire pour son Casino, le groupe de Samson terrassant un Philistin f que l'on mit sur la fontaine du Gortile de' Semplici, où il fit encore des monstres marins qui sui^fMirteQi la vasque. Jean de Bologne se 'Surpassa dans cette statue ùb SaïQSOo, car il sut éviter un c^^in maniéré qui se trouve dans plusieurs de ses œuvres. Un beau modèle tie cet ouvrage, fait en terre, fut acquis par Jean-François Grazini, gentilhomme fprt amateur de aculptoie. Cette bdle fontaine fut ensuite envoyée en présent par le grandr duc Ferdinand au duc de Lerme, premier ministre du roi d'Espagne ^. .
La réputation de Jean de Bologne était alors établie par toute Fltidie; les Bolonais le demandèrent au Grand-Duc pour faire la fontaine de Neptune , sur la piazza n^ggtore.
«t Cette fontaine, dit De la Luide^, est une des plus beUes de Fttalie ; l'architecture a été exécutée sur les dessins de Thomas Laureti, sicilien. Toutes les figures sont en bronze et du célèbre Jean jde Bologne qui finit cet ouvrage en i563. On y voit Neptune debout, un pied sur un dauphin, tenant d'une main son trident et étendant l'autre main ; quatre enfants sont assis aux encoignures du {dinthe
^ La fontaine en question est à la place du vieux palais; le Neptane ett d'Airtmanati. ' Il serait intéressant de savoir où elle est actuetlement.
* Voyage en Italie, 9 vol. in -12, Paris, 1786. Les observations sur les arts sont de l'abbé Gougenot qui voyagea en Italie en 1775 avec Greuze ; — t. H, p. '2S5.
sur lequel pose Neptune; ils tiennent des dauphins jetant de l'eau. Au bas des angles du piédestal on voit quatre sirènes assises sur des dauphins ; elles pressent leurs mamelles d'où elles font sortir des Jeti d'eau. «Le Neptune est superbe, d'un grand caractère, jmais un peu maniéré, au dire de Cochin*; les sirènes sont gracieuses^ d'un beau* dessin , et leurs attitudes sont i)aturelliss. Mais le piédestal étant trop petit , il y a trop de sculptures et un peu de cout ihsion. »
En ce nîéme temps, reprenons- nous avec Baldinucci^ Jean de Bologne coula en bronze un Mercure, qui, ^vec d'autres bronzes dq loi, ftit envoyé en présent à l'empereur d'Allemagne ; le Grapd-Duc donna au duc de Bavière une statue de marbre représentant une petite fille assise. Le ^rand-duc François lui fit faire aussi qne figure de cina brasses représentant la ville de Florence foulant un prisonnier '; on la plaça dans le salon royal du palais vieux en face de la statue de la Victoire de Michel- Ange; Jean de Bologne fit lemodèloet Tœuvre^ mais l'œuvre fut inférieure au modèle.
Au jardin de Boboli, notre sculpteur fit une belle fontaine; sur nne immense vasque de granit, dont le pied est très -beau., sont placés trois fleuves assis, le Nil, le Gange et l'Ëuphrate, qui versent de l'eau dans la vasque figurant TOcéan; les bas-reliefs de la base représentent des sujets maritimes; la fontaine est terminée par un Neptune, qui d'après le Baldinucci, fait l'admiration de tout le inonde.
Dans une grotte de ce jardin , Jean de iBologne sculpta une statue de femme posée sur la vasque d'une fontaine ^.
A ff On voit à la piazza inag^iore una fontaine publique, dont la sculpture est de Jmd de Bologne. 11 y a tant de iculpture, en peu d'espace, à cette fontaine, qu'elle eu parolt un peu confuse et trop chargée. Le Neptune de bronze, qui fiti dessus, est beau, d'un caractère grand et ressenti; mais il parolt un peu maniéré et avoir peu de finesse. L'attitude semble trop écartillée; ce qui esta inviter en sculpture. 11 y a quatre femmes en bas, assises sur des poissons et jettant de l'eau par les mamelles qu'elles pressent de leurs mains'; elles sont fort belles, dans des attitudes gracieuses, mais un peu trop voluptueuses. Au reste, elles sont bien modelées et d'une nature simple; les enfants sont maniérés et formés comme des hommes; ils n'ont pas les grâces ni le^ vérités enfantines. » — Cochin, Voyage d'Italie, t. II, p. 134-5.
s Ce doit être le groupe que Fantozii, p. 51, appelle la Vertu qui triomphe du Vice.
> C'est sans doute la Vénus sortant du bain , qu'indique fantozzi , p. 625. Suivant eet auteur,' il y aurait encore au Boboli la statue d^ ('Abpi^dji^nce^ de fe^i 4? 9^9^^ ichevèe par Tacca et Seb. Salvini.
Jean de Bologne alla ensuite travailler à Lacques; il tit à l'autel de 1^ cathédrale plusieurs statues colossales*. Revenu à Florence, il exécuta la statue en marbre du grand-duc Côme I^ et beaucoup d'autres ouvrages que Baldinucci néglige de nous faire connaître , pressé d'arriver au groupe de Tenlèvement des Sabines. Ce groupe colossal en marbre représente en réalité un jeune hoimne qui enlève une belle jeune fille des bras d'un vieillard qu'il a foulé aux pieds. Sur la base du piédestal, il y a un bas- relief de bronze, où est représenté l'enlèvement des Sabines. Le groupe est placent la Loggia. Grande fut la joie du peuple florentin, à la vue de ce chef-d'œuvre; le recueil des poésies faites en son honneur forme un volume. La réputation de son auteur augmenta; les travaux lui furent commandés de toutes parts; son atelier devint irès-fréquenté, et Jean de Bologne devint alors sculpteur du- Grand-Duc et chef d'une importante école de sculpture.
Le Grand-Duc fit travailler alors à ^a villa royale de Pratolino, près de Florence, Jean de Bologne qui sculpta diverses statues en pierre, surtout le merveilleux colosse de Jupiter -Pluvius, appelé on ne sait pourquoi l'Apennin ^; c'est un géant assis au-dessus d'une inunense vasque. Le sculpteur fut aidé dans ce travail par un grand nombre d'ouvriers et d'élèves.
Ensuite, il fit beaucoup de. figures en bronze placées dans la grotte du château qu'on appelle la Villa de' Serenissimi. A ce moment, il se mit à exécuter des modèles de crucifix et de figures gracieuses, qui coulés en bronze et retouchés par ses élèves, se répandirent dans tous les pays. Il sculpta pour Simon Gorsi, gentilhomme florentin, la statue en marbre du grand-duc François. Il fit pour la société des juges et notaires, un l^aint Luc en bronze, placé à Or San Michèle (10« niche); puis le fameux Mercure en bronze, placé aujourd'hui à la galerie de Florence *.
De retour à Florence, après son second voyage à Lucques, il fit une statue représentant une femme qui se peigne, pour la villa de'
* Le Christ ressuscité, saint Pierre, saint Paul. — Quelques années après (après le Mercure)^ il retourna à Lucques; il y Gl alors deux chapelles avec plusieurs statues.
> Si le colosse était debout, il aurait 21 mètres.
' Avec deux petits modèles en bronze de cette statue, 6 petites statues en brooxe, représentant : une divinité marine, Junon, Thctis, Vulcain, Vénus, Apollon, et deux belles copies de l'enlèvement des Sabines.
FLOUENCE. 269
• Serenissimi^ et pour la grotte de cette villa plusieurs oiseaux de bronze; — puis, pour Jean-Georges Cesarino, une Vénus sortant du bain, en marbre, à laquelle on donna tant de louanges, qu'une nuit, elle fut volée , sans doute par un amateur ; — pour Tarmoire d'ébène de la galerie royale, une série del)as-rçliefs en or, représentant rhistoire du grand -duc François *; — pour cette même galerie, une série de bas- reliefs en argent, représentant les travaui d'Hercule.
Pendant Tannée 1580, Jean de Bologne fut appelé à Gènes par le seigneur Luca Grimaldî pour sculpter les ornements de sa chapelle de la Sainte-Croix, dans l'église de San-Francisco di Castelletto. Il emmena avec lui son élève Francheyille; ils firent six ligures de ronde bosse, grandes comme nature^, sept basreliefs représentant Tbistoire de la Passion de N. S., et six enfants assis sur des corniches. Tous ces ouvrages furent exécutés en bronze, et on doit dire que pour ce qui regarde la fonte, il avait peu d'égaux ^.
Le grand-duc étant mort en 4587, son frère Ferdinand 1, qui lui succéda, ordonna à Jean de Bologne de modeler la statue équestre en bronze de Côme 1, leur père; cette statue coulée en 1591 fut érigée le 14 mai 1594 sur la place du Vieux-Marché; le piédestal est en marbre et orné de trois bas-reliefs de bronze, également de Jean de Bologne. Ils représentent le couronnement du Grand-Duc, son entrée victorieuse à Sienne, et les ha))itants de Siepne lui prêtant le serment de fidélité *-, le quatrième côté porte un beau cartel de bronze avec Tinscription.
1 Placés au Cabinet des gemmes.
* Jean de Bologne fit pour Luca Grimaldi , six statues en brome de grandeur naturelle : la Foi, l'Espérance, la Charité^ la Justice, la Force et la Tempérance; — six en- Cantsen bronze; — sept bas -reliefs aussi en bronze, représentant J.-C. amené devant le grand prêtre; J.-C. flagellé à la colonne; J.-C. couronné d'épines; J.-C. montré au peuple; J.-C. condamné à mort; J.-C. conduit au Calvaire; J.-C. mis au sépulcre. Ce dernier bas- relief qui sert de devant d'autel, est le plus beau. l\ fit aussi pour l'auiel de cette admirable cbapelle un crucifix de bronze. — Soprani, Vita de' pittori, •cultori ed architetti genovesi; 2« édit. publiée par Ratti, in-4o, Gênes, 1768.
* La description de Gènes par Ratti dit que nos deux artistes décorèrent le salon de rUniversilé destiné aux fonctions académiques, et qu'ils firent à l'église de Saint Jérôme, jointe au palais de l'Université, des bas-reliefs de bronze et six statues colottalet en bronze, la Foi, l'Espérance, la Charité, la Justice et deux autret Vertus*.
* Fantozzi donne une autre explication de ce bas- relief.
« Le bas-relief à droite représente, dit Fantozzi *, Cosrae aux pieds du pontife assis sur Un trône ; il reçoit de ses mains la couronne, la chlartiydé et le sceptre. Cet événenient eut lieu le 5 mars 1370, A gatlche du piédestal le même prince entre victorieux à Sienne ; dans la troisième partie il est représenté lorsque le sénat le créa duc de la Patrie. Le mouvement du cheval indique le commencement du trotj la pose du cavalier est noble, g^acieuse et naturelle^ son vôtèinèmt tieiit le juste -tallîeuètïtre le costume du temps et les convètltioitf adoptées par la sculpture. L'homme et le cheval ont un étiseititilë parfait, n
Jean de Bologne travailla ensuite à Téglise du côuvëùt de Saîiit-3 Marc, à FlôrèUce, dans la chapelle destinée à recevoir les reliqued de saint Antonin, évéque de Florence. Il exécuta, avec l'aide dé Fraftcheville, la statue du saint évoque coUché sUr la châsse, quatre anges, plusieurs bas-relieft, le tout en btonie, et les belles statues fle marbl*e ^.
PUîs, 11 fit le modèle de renlèvemetit de Défanli^e, qui n*a pas êiS coulé en bronze; — les modèles de plusieurs belles statues dé ëêli^ taUi^Sé
EU i59*i le Grand-Duc lui fit Thonneûr de visiter SèSf atelier^ *.
Jean de Bologne termina en 1599 le fameux groupe eil mari)l€ d'Hercule tuant le Centaure; Franchevillô l'aida dans ce tratail, l^ùfi des chefs-d'œuvre du maître, placé aujourd'hui à la galerie Aêi Lansquenets oU d'Orgagrta, à Florence.
il exécuta ensuite, avec l'aide de Tacca, trois statues de marbre pôui* lès tombeaux de la chapelle royale, efl en 1601, il alla à fiée avec Francheville. Baldinucci dit seulement qu'il y fit deux anges flé
* Fantoxii, p* 393 "OS^ indl^tie, eommé àyatit été faits à Saiot-Marc, les ouvingfi !taftâMs : detix aukels de pierre sereine et d'ordre ionique^ exécutés en 1580 sur Im deilstns de J. de Bologne : — une statué de S. J^énobi : — le dessiii de la chapetle dû S.-Anlonih; la ^tue de ta t&itH, en habits pontificaux et donnant sa bénédiction; — les six Statues de marbre Ont été exécutées par Francheville, sous la direction de Mm niiïirt; elfes fe()résent(;ht : S. Jean -Baptiste, S. Philippe, S. Thomas d'A([ain, S. Antoine l'abbé, S. Êverard, S. Dominique (1989).
* La maison oft demeurait J. de Bologfie et où étaient ses ftieliefs lui Malt été donnée par le 6fand-Doc; c'est aujourd'hui Is maison de MM. Bellini, au borjo Pinti, n« 6815* on voK, Au-dessus de U porte d'OniréOi bU buste ta mnhté du jituld-dhiè François I«, éctAfM pftf I. dé Bologne.
bronze pour le dôme. Pandolfo Titi * entre au contraire dans de gfaiids détails sur les ouvrages faits à Pîse par Jean de Bologne et son élève. En 1601, dît-il, ils remplacèrent les fameuses portes du dôme de Plse, du sculpteur pisan Bonammi, brûlées dans l'incendie dé 4595*. — A Tùn des deux bénitiers du dôme, se trouve un groupe dé Jeatl de Bologne Représentant le baptême du Christ, fondu en bronze par felice Palma de Florence^; — au maltre-autel, posé à là façoti totnaine ait riiîlieu du chœur, se voit un très -beau crucifix avec déilx aiiges, te tout de tronze, fait et modelé par Jean de fiologtiè *. — Sur la place des Chevaliers est une fontaine avec une statilè eri marbre de Côme I; le masque (juî jette Teau et le monstre iilarin qui supporte la vasque furent faits par FranchIevillê, et les registres de dépense de Tordre militaire -iJe Saint- Etienne, qui fît feîre cette fontaine accolée à son palais, montrent qu^elle fut exécutée dé 15Ô»1 S 1608 i^. -1-Sur le côté du palais ducal, en f^ce de là rué de Sànta-Mdrfa et du côté de TArno, est placée sur un piédestal là stàtilé de Ferdinand I" relevant la ville de Pise représentée par Utïè félnmê accompà^riée de deux enfants; elle est de Fràngueville, d'après le modèle dé Jean de Bologne, ainsi que le témoigne cette inscrif^tion : Ex archetypo Joan. Bonon. Éclg, Petrùs a PhANCAVttLA caméracehcis fecii Pisls A. D. l5Ôlt*.
Après les travaux de Pîse, continue Baldinucci, il fit pour Giovanni Vittorio Soderini une tête colossale de Jupiter et un jeu d'échecs (i^une grandeur extraordinaire dont Téchiquier était le pavé d'une graride salle. Alors Jean de Bologne travailla pour son bienfaiteur Bernard Vecchietll ; il fit le dessin de la façade de sa maison de la rue des FcrravDcchi ; les ornements de cette maison et le ravissant petit satyre de bronze, qui est à l'angle de la rue, sont de sa main''.
Jean de Bologne cîcéciita ensuite une statue du grand-duc Ferdinand, en marbre, pour la place d'Arezzo. En 1599, il fit faire pour lui-même, à l'église de la Sainte-Annoncîade des Pères Servîtes, une
' Guida per il passegierc dilcUatile di pittura, scullura e architetlora nclla cita di Pisa; Lucquos, 1751, 1 vol. petit in-S®. «P. 6el7.
ip.ielë.
» t». n et 18.
^ Celle maison est àûjoiifd'hii! ThMel âé m. âe CdHmt; t^ùntoM, p. 4SI.
un ITALIE.
chapelle dite de Bon-Secours*^ destinée à sa sépulture et à celle des grands sculpteurs et architectes flamands; les ornements de cette chapelle ont été exécutés sur ses dessins; il y fit, avec Taide de ses élèves, des statues de marbre, des bas-reliefs de bronze représentant la Passion; pour l'autel, un crucifix de bronze, grand comme nature, et au pied du crucifix une N.-D. de Bon -Secours. Son tombeau est dans cette chapelle; il est orné dp deux statuettes d'enCeudts tenant des flambeaux renversés; ses élèves y ont aussi travaillé.
De 4601 à 4605, Jean de Bologne fit la statue éque^^ en bropze du grand-duc Ferdinand pour la place de la Sainte-Annonciade. Qaldinucci réfute Topinion qui Tattribue à Tacca. En 160i, il commença le cheval de bronze pour la statue de Henri IV, mais il nV cheva pas ce travail^. Enfin en 1606, il commença aussi un cheval de bronze avec là statue de Philippe 111, roi d'Espagne; Tacca termina le cheval et la statue, qui furent envoyés en Espagne en 16i&
Jean de Bologne fut le chef d'une nombreuse écqle; on ci€e parmi ses élèves : Piôrre Francheville, de Cambrai; Anzir^velle, Allemand; Adrien Frisio, Allemand'; Antonio Susini; Frajdcesco deUa Bella, Guasparri, son frère, Florentins; Pietro Tacca, de Carrare; le Moca.
Un grand nombre de réductions faites d*après les œuvres de Jean de Bologne, ont été exécutées par lui-même et aussi par son élève Antoine Susini et par François Susini, neveu de ce dernier; Baldinucci cite parmi ces réductions si connues : des crucifix, des animaux, le groupe des Sabines, l'Hercule qui tue le centaure, le centaure qui enlève Déjanire, le cheval tué par le Upn, le taureau tué par le tigre, la femme endormie que regarde un satyre, le Mercure volant, le petit chdval qui se cabre, le cheval qui marche, le paysan avec une lanterne, la femme qui se lave, les quatre travaux d'Hercule, le lion qui marche*.
En outre des œuvres citées précédemnient diaprés Baldinucci, on trouve dans les auteurs qui ont écrit sur lltalie, Fantozzi et
^ La quinzième; elle est derrière le chœur.
' Tacca, en 1611, termina la statue équestre de Henri IV qui fut envoyée à Kirie de Médicis, à Paris, par le grand-duc de Toscane, en 1614 (voir le Mercure do France de 1614). Francheville fit le piédestal avec ses statues et ses bas- reliefs.
^ Paroletti, Turin à la portée de l'étranger, p. 9.
* Les frères Alinari, photographes, à Florence (Maison Bardi) ont exécuté de remarquables photographies des œuvres de Jean de Bologne.
de Lalande^ de nombreuses, indications que nous croyons devoir ajouter pour compléter ce travail. Fantozzi mentionne à Florence • une statue en marbre et en pied de Côme I", tenant le sceptre en main^ placée aux bureaux royaux : — Un portrait de Michel-Ange, en bronze^ d'une ressemblance parfaite, à la seconde salie de la maison des Buonarotti : — L'église de la Confrérie de Saint-Nicolas du Ceppo, bâtie en i561 sur les dessins de Jean de Bologne. Les proportions de la principale porte sont fort belles, mais les montants font trop saillie et sont trop durs; l'intérieur est d'prdre composite, d'une grande élégance, quoique simple en même temps et de belles proportions : — A l'église des Angiolini»ou Petits Anges, au bénitier: un saint Jean-Baptiste : — A la place de la Sainte-Annonciation : une statue équestre du grand- duc Ferdinand I", en bronze, érigée en décembre 4608; cette statue, faite dans les quatre dernières années de la vie de ^artiste, est une œuvre de vieillesse et considérablement moins boile que ses autres ouvrages : — A la basilique de Saint- Âmbroisa: une statue en bronze, de Côme II: — A l'hôtel de la Ck)mme::de Castiglione (ancien hôtel Corsi), au-dessus de la porte : le buste du grand-duc François I", que Simon Corsi commanda à Jean de Bologne : — A l'église du Castello, près de Florence : un crucifix en bois.
De Lalande ^prétend que les statues de la fontaine de la place Mattei, à Rome, sont de Jean de Bologne.
549. PIERRE DE FRANCHEVILLE, sculpteur, né à Cambrai en 1548, mort vers 1618. Élève de Jean de Bologne.
Piefre de Francheville ou de Franqueville • vint à i6 ans étudier la sculpture h Paris; il y resta deux ans, puis alla en Allemagne et demeura six ans à Inspruck faisant de la sculpture en bois; il s'y fit connaître de l'archiduc Ferdinand, qui goûta ses vastes connaissances et sestafents, et lui remit des lettres de recommandation pour Jean de Bologne, lorsqu'il partit pour l'Italie (1572).
En i574, l'abbé Antoine Bracci voulait orner de statues la cour et les jardins de sa villa de Rovezzano, à deux lieues de Florence; il
s Sur l'orthographe de son nom, voir les Archives de l'art français, t. III, p. 40. Les contemporains l'appellent Frangueville, et en Italie Pietro Francavilla.
prit cjes mains de Jean de Bologne, son élève Francl^evill^ , en janvier 1574, et remploya, à raison de cinq écus d'or par mois et la nourriture, à faire les statues en marbre, du Soleil, de la Lune, de Cérès, Baccbus, Flore, Zéphire, Pomone, Vertumne, Pan, Syrinx, de la Nature, de Protée, et une Vénus tenant de la main droite un petit Satyre, qui signifie le plaisir, et de la gauche une petite femme qui représente la génération.
Après avoir . achevé ces ouvrages, avec l'approbation de son maître, Francheville alla à Rome; il y étudiai beaucoup et rapporta plusieurs modèles à Florence, entre autres le torse du Belvédèreil aida Jean de Bologne dans Texécution des Sabines et de Tpercule tuant le Centaure. En 4585, il fit pour Lucas Grimaldi, noble génois, deux statues colossales de Jupiter ^t de Janus, placées dan^ la cour de son palais. Il fit, pour la chapelle de Matt^o Seqarega^ dans la cathédraJe de Gênes^ six statues de marbre, les quatre Évangélistes, saint Ambroise et saint Etienne protomartyr'. A son retour à Florence, les Niccolini lui firent faire dans leur chapelle, à Sainte- Croix^ les statues de Moïse , (l'Aaron , de l'^uniilité^ la Virginité et la Prudence^.
En 4589, il exécuta, d'après les modèles de Jean de Sologne^ à Téglisé de Saint-Marc des frères prêcheurs, six grandes statues de marbre, citées p. 370, note 2. Le 30 avril de la n^éi)[ie'4di|ée^ à l'entrée de madame Christine de Lorraine^ femme du 'gi*àiidHluc Ferdinand I«r, il fit , pour décorer la façade de la cathéd^le, six grands colossp$ dp terre, de plâtre et ^e ^tuc, fiont trois furent ensuite mifi à rentrée de l'église , savoic : saint Zanobi , saint Poggio, évoques (le Florence, et saint Miniato.
n sculpta, pour les Zançliini, une statue en marbre de Jason tenant la toison d'ôr'; — pour Averardp Salviati, un Apollon; — unp statue de marbre représcnlant le Printemps;, placée sur la culée du pont de la Sainte-Trinité.
Francheville fut ensuite envoyé à Pise par lé grand-duc Ferdinand pour y exécuter la statue de Come V^ (voir p. 27i); il y fit encore la statue de Ferdinand I" (voir p. 271 ) et le modèle du châ-
* Sopranty t. I, p. 423.
^ Ces statues, dit Fantozzi, p. 202, sont d'une grande beauté; l'exécution en est d'une hardiesse étonnante en m^me temps que d'un soigné extrême.
* Cette statue est encore dans l'hôtel de la famille Ricaaoli-Zanchiiit, è Florence.
t(MU des Prieurs, pour l'ordre des chevaliers de Saint-Éiienne. Francheviile demeura plusieurs années à Pise; il y travailla beaucoup Tanatomie , fit plusieurs modèles d'écorchés en terre cuite, très-employés par les artistes d'alors, et divers modèles d'anatomie,
assez semblables, nous parait-il, à ce qu'a fait de nos jours M. Auzou. (4 ville de Pise pour le récompenser de ses travaux lui donna le ()roit de cité.
pevemi encore ^ Florence, il fit pour Duccio Mancim> une statue de Mercure, placée plus t^rd m jardin BoboU; t- pour les Miche-: Iq?::^!, à leur villa de Bellosguardo, une statue en marbre 1 que FantQz^i * dit être la Pitié; 1-* pour la ville d'Are^zo, il sculpta, peut-être 4'après le modèle de Jean de Bologne, la statue de marbre du grand* dwc Ferdinand !"*•
Ayant fait une statue d'OrpIiée, en marbre, pour flérâniQ da Qondy, établi en France^ et Henri IV ayant vu cette statue', le roi de France voulut s^attacher Francheviile, qui passa à son service en 1 601 . Avant de quitter Florence, il sculpta deux statues de marbrCi la vie active et la vie contemplative, que l'on voit dans la chapelle de Notre-Pame de Bon-Secours, dans Téglise de la Sainte^Annonciade^,
Fantozzi ajoute h cette listé des œuvres de Francheviile plusieurs b^ux bustes placés au cloître de la sacristie du couvept (le Sainte- Marie de$ Anges; — un Mercure tuant Argus, au palais Pitti '.