LX L'ART FRANÇAIS
sculpteurs de Dijon et surtout avec Michel Colombe^ en pleine voie de transformation spontanée, lorsque la Renaissance vint entraîner nos tailleurs d'images et nos huchiers. La réaction s'exerça d'abord sur Tornementation ; la statuaire n'y fut soumise que plus tard.
Pendant la première renaissance , celle de Louis Xll, la sculpture française produisit le tombeau de François H, duc de Bretagne % chef-d'œuvre de Michel Colombe et de la renaissance française; — les stalles de la cathédrale d'Amiens, sculptées ^ par Antoine Avemier, Jean Trupin, Amoul Boulin et Alexandre Huet, composées dans le pur style flamboyant et décorées de quatre cents bas-rehefs et des plus riches ornements dans le goût français; — le tombeau des cardinaux d'Amboise^, admirable ouvrage de Rouland Leroux, qui conserve la capricieuse fantaisie et la richesse originale de composition de l'école française , mais où l'on sent Finfluence italienne dans quelques ornements; — même remarque pour les belles boiseries sculptées de la cathédrale d'Évreux ; — les saints de Solesmes *, œuvre trop peu connue dans cet indifférent pays, sont de deux époques et de deux styles; une partie de ces sculptures est de 1496 et du plus beau style français de Técole de Tours; l'autre partie est de 1553, et offre quelques-uns des caractères de la sculptiu^ itahenne *.
On observe dans l'histoire de la sculpture les mêmes évolutions que nous avons déjà remarquées dans l'histoire de l'architecture :
* A la cathédrale de Nantes, s De 1508 à 1522.
* A la cathédrale de Rouen.
^ A l'abbaye de Solesmes dans le Maine.
> Nous regrettons que la gravure ou la photographie n'ait pas encore popularisé ce chef-d'œuvre ; on voudra bien nous pardonner la description un peu longue que nous en donnons. On appelle « les Saints de Solesmes » une suite de bas-reliefs et plus de cinquante statues^ la plupart de grandeur naturelle, placés dans les bras de la croix de l'église abbatiale de Solesmes, et encastrés dans la plus merveilleuse ornementation française. Cette sculpture a été exécutée en 1496 et en ir>o3; par qui? on l'ignore. Au bras droit de la croix, il y a, à gauche de l'autel, un saint Pierre, statue bien française et dans le plus beau style de l'école de Tours. A l'extrémité du bras, est l'Ensevelissement du Christ, belle composition de figures en ronde bosse, de même style français et de même date, 1496, que le saint Pierre. Au bras gauche de la croix, il y a deux étages de sculpture sur chacune des faces du bras ; elles représentent Thistoire de la Vierge. Les sculptures d'en haut sont d'un style tout différent non-seulement de celui des bas» reliefs d'en bas, mais de celui du bras droit de la chapelle. Dans Tigno-