RIGAUD (Hyicinthe)^ peintre de portrails
né à Perpi<)n«n, le 20 juillet 1659, mort le 27 décembre 1T43, à Paris.
Élève de ron père.MathiasRigaud, de Peietet de Ranc.
Rigaud est le premier artiste français que nous trouvions en rela^ tions directes avec l'Autriche. Il peignit à Pari^ les portiaits de deux personnages autrichiens. En 1698^ il fit celui du comte de Harrach ^ ambassadeur d'Autriche à Madrid; en 1701, il peignit Philippe-Louis^ comte de Zinzendorf, pendant le premier séjour que ce seigneur fit en France en qualité d'envoyé de l'empereur. (Ce portrait a été gravé par B. Picarl. ) En 4729, Rigaud fit un nouveau portrait du comte de Zinzendorf^ figure jusqu'aux genoux^ avec Thabit de cérémonie de l'ordre de la Toison. (Gravé par a. Drevet,n30*.)
* Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des membres de l'Académie royale de peinture et de sculpture, publiés d'après les Mss. de cette Académie, conservés à l'École des beaux-arts, par MM. L. Dussieux, E. SouUé, Ph, de Chenneviéres, P. Mantx, A. de MontaigUm, 2 vol. in-8«, 185#. -> T. 11, p. 168, t82, 197.
2. DE COTTE (Robert), premier architecte du roi^ direct, de l'Acad. d'Architect., né à Paris en 1656; mort à Paris le 15 juillet 1735.
Élève et beau-frèrp ie J.-H. Mansart.
Le comte de Zinzendorf nous paraît être le premier personnage autrichien qui ait fait connaître et propagé en Autriche l'art français. Aiosi deus Ibis (L s^ fait peindre 'par Rig^d*^ pendant ses deux séjours à Paris; nous le trouvons au^si demandant des plans à Robert de Cotte pour un château. On )it dans « l'inventaire des dessins et autres papiers renferoiéfi àm^ les portefeuilles de M. Robert de Cotte ^ » Tindication , sans autre détail ^ de trois plans d'un château pour le comte de Zinzendorf^ sous les numéros 1204^ 4205^
3. GHABRT (lUrc)^ peintre et ftculpteur^ né à Barbentane en 1660^ mort à Lyon^ le 4 août 1727. Élève de Puget.
L'empereur Léopold i*' levait aj^lé auprès de lui en 1705; mais la mort de ce prince l'obligea de revenir à Lyon. Il fit en passant à Mayence le poitnit da Télecteur ^.
4. DORIGNY (Louis)^ peintre d'histoire et de portraits, né k Paris en 1654, mort à Vérone en 1742. Élève de Lebrun. — Voir n» 821.
Nous croyons que Dprigny est le premier artiste français qui ait travaillé en Autriche. En 1711, le prince Eugène, ami et protecteur des arts, appela Dorigny à Vienne *; il se trouvait alors à Paris et avait acquis une grande réputation par les grands ouvrages qu'il venait de faire en Italie. Le prince Eugène le chargea de décorer son palais, et Dorigny employa treize mois à ce travail. Il repfëliâita Thistoire d^Icare au plafond du grand escalier ; il peignit les pt8Â)nd6 des deux chambres suivantes ^ ainsi que celui de la grande galerie, représentant l'Enlèvement d'Orythie par Borée. On rai doit encore le Conàeil des Dieux, grande peinture exécutée à la salle de la chancellerie de Bohême. Dorigny a peint aussi à Prague un plafond dont le sujet est Junon dans son char suivie de ses nymphes*. «La partie de ce peintre étoit l'invention. Il avoît un génie extrêmement fadie, et il réussissoit principalement dans les
' \\ s'est fait peindre aussi par LargilUére ; ce portrait est à la galerie ^e Darmstadt. s Cet inventaire est au cabinet des estampes de la Bibliothèque impériale (Yc. 29). > Abbé Fontenai, Dietioanaire des artistes.
^ WArgenSf eiameo critique dés différentes écoles de peinture, i vol. petit in-8», Berlin, 1768, p. 387.
. ^ lïArgehviUe, Abrégé de U vie clés plos Cameux peiatrci, etc., 4 vol in^^ 1762.
AUTRICHE. a
grandes compositions Il étoit devenu si grand praticien qu'il
n'avoit presque jamais besoin de faire des desseins pour les ouvrages qu'il avoit à peindre, même ceux qui étoient les plus composés. La plus légère esquisse lui suffisoit. De là il partoit, et, le pinceau à la main, il composait et rédigeoit sur le mur ce qu'il vouloit exprimer. Ce qu'il a peint à Vienne chez le prince Eugène n'est pas ce qu'il a fait de plus beau; ri y a toujours du feu^ mais le ton de couleur en
est d'une fadeur insupportable et est entièrement foax ^ »
5. PAKHOGEL (I^ifnace), peiptrc de batailles, né à Avignon vers 1688; mort à Hoîis en 1722. Élève de son oncle Joseph Parrocel.
a Ignace Parrocel, neveu de Jpsepb et son élève, a suivi de près sa manière de peindre les bataillds} il % beaucoup travaillé en Italie où il a fait plusieurs voyage^, à Vienne en Autriche pour le prince Eugène, et, pour le prince d'Areniberg, à Mons dans les Pays-Bas, où il est mort en 1722 ^. » Il a travaillé à Vienne pour l'empereur, mais surtout pour le prince Eugène, On voyait en 1784, dans l'ancien palais du prince, six grands tableaux de batailles placés dans la salle à gauche de la principale entrée du Belvédère inférieur. I)s représentaient les batailles de Zentha, de Hochstett, de Cassano; la levée du siège de Turin (20 pieds six pouces), qui est indiquée comme le morceau capital de cette suite par la grandeur > Immense
quantité de figures et les détails infinis du terrain; la bataille d'Oudenarde et celle de Malplaquet ^. Le musée du Belvédère possède deux tableaux de Parrocel : un grand camp et une bataille contre les Turcs. Nous ignorons les dates qui fixent le séjour de P^nrocel à Vienne ; nous savons sculetnent par Mariette qu'il était dans cette ville en 1719. « Je l'ai connu, dit-il, à Vienne, en 1719. C'étoit un bon homme, mais il s'en faut beaucoup qu'il eût les talents de son oncle *; »
< jkfarie^te, Abecedario et autres noies inédites^ ouvrage publié par MH. Pli* deChennetières et A. de Montaiglon^ t. 11, p. 115. Cette importante publication n*est pas encore terminée. — Nous avons rectifié, d'après le Mi. de ce précieux ouvrage, conservé au cabinet des estampes de la Bi6l. impér., la dernière ligne de notre citation.
* Mém. sur les membres de TAcad. de peint, cl de se, t. II, p. 45. — D*Argenville.
* Chrétien de Mechel, Catal. des tabl. de la galerie impér. de Vienne, Bâle 1784, 1 vol. in-8o. — Cette galerie est établie dans l'ancien palais du prince Eugène; mais la date de 1724 assignée par Mechel à la construction de ce palais n'est pas exacte.
^ Abccedario. — Mariette ajoute que ces tableaux avaient été peints pour la grande salle du palais.