‹ Les artistes français à l'étrangerChapitre 10 sur 202 · PRIX DE DEUXIEME* CLASSE · texte numérisé non relu

PRIX DE DEUXIEME* CLASSE

Musique d'opéra-comique,

Joseph (Mehul) Les Deux journée» (Chérubini).

L'Auberge de Bagnères (Catel).

Gravure en taille-douce.

L'Enlèvement de Déjanire, d'après le Guide.

Gravure en médaillée.

Feu Rambert-Dumarest. — Galle.

Gravure en pi&rres fines.

JeuffiroY.

1 Le 9 octobre 1780, Prud'hon fut admis à l'Académie comme élève protégé par Pierre. (Registres d'admission.}

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décoloré. Après Géricault, Delacroix exposa en 1852 son tableau du Dante et s'efforça de renouer le fil de la tradition brusquement coupé par David. Les deux Johannot, Roqueplan, Léopold Robert, Schnetz, Paul Delaroche, Horace Vernet, Ingres et le sculpteur David, le comte de Forbin, Granct, Marilhat et Cbarlet, qu'il ne faut pas oublier, travaillèrent, chacun dans sa ligne, à créer une nouvelle école française et à retrouver nos traditions, en même temps qu'avait lieu le brillant mouvement littéraire de la Restauration contre ce que Ton appelait alors la littérature classique.

À l'exposition universelle de 4855, notre école moderne, qu'on avait appelée longtemps l'école romantique, brillait d'un incomparable éclat. Ingres, Delacroix, Horace Vernet, Decamps, Meissonier, Théodore Rousseau, Diaz, Philippe Rousseau, Leleux, Troyon, M1U Rosa Bonheur, Raffet, maintenaient, dans tous les genres, l'ancienne splendeur et la glorieuse influence de la peinture française. Nous avions repris, à la chute de l'école de David, nos vieilles traditions d'originalité, de distinction, de modération, d'élégance et de bon goût, et nous y avions gagné la couleur1.

David eut autant de réputation et d'influence à l'étranger que pas un des grands peintres français qui l'avaient précédé. « La nombreuse école de David, dit M. Delécluze en rendant compte de l'Exposition universelle de 4855*, se composait non-seulement d'élèves français, mais de ceux qui vinrent de toutes les parties de l'Europe pour recevoir les leçons et se pénétrer des principes de ce maître. Vers 1800 on voyait dans son atelier Kraft le Suédois *, Skwekle et Frédéric Tieck, l'un Allemand, l'autre Prussien, ainsi que deux peintres espagnols, Àparicio et Don José Madrazzo, et le sculpteur Alvarez, qui se sont fait un nom dans leur pays en y reportant les principes qu'ils avaient puisés à l'école du maître français. Serangeli de Milan, Bartolini, le sculpteur Florentin4, étaient aussi des élèves distingués de David, et parmi les Belges on compte Grégorius, Odevaere, Navetz, Pœlinck, Moll, Stapleaux et Madou. Ceux qui viennent d'être nommés, sans tenir compte de beaucoup d'autres dont les noms sont moins célèbres, ont concouru à répandre dans les différents pays de l'Europe les principes que David professait en enseignant son art...» A ces artistes nous pouvons ajouter le Grec Bulgari ; les Genevois Reverdin, Auriol, Agasse; le Milanais Appiani; le peintre de Stutt-

1 Que mes bons amis E. Soulié* et Ph. de Chennevières me permettent, en finissant cette partie de l'histoire de la peinture, de les remercier de tout ce qu'ils lui ont donné.

* Les Beauœ-Arts dans les deux mondes en 4S55% p. 1 .

* Devenu plus tard professeur à l'Académie de Stockholm.

* Voyez 1 article de M. H. Delaborde sur Bariolini, dans la Revue des Dena> Mondes, 1855.

gart G.-F.-Ë. de Vaechter, qui séjourna quatorze ans à Paris avant d'aller à Rome, en 4795, et devint professeur à l'école des Beaux- Arts de Stuttgart; le graveur en médailles Brandt, de Berlin; le peintre prussien Guillaume Wach, devenu plus tard le chef de l'école de peinture de Berlin; le sculpteur prussien Louis Wichman, etc.

« En donnant, dit encore M. Delécluze, un aperçu de l'état actuel de l'art de la peinture en Europe, j'ai insisté, en commençant cet examen, sur l'influence qu'a eue et qu'exerce encore l'école fondée en France par Louis David. L'Espagne, plus que tout autre pays peut-être, y est restée soumise, et il suffît de parcourir le livret espagnol pour s'assurer que la plus grande partie des professeurs qui ont formé les élèves aujourd'hui dans la force de l'âge, ont étudié vers 1800 à l'école de David. Joseph Aparicio, MM. Antoine de Ribera, Joseph Madrazzo et le sculpteur Alvarez ont enseigné la plupart des artistes qui tiennent en ce moment le premier rang à Madrid. En outre, on voit que de nos jours la disposition favorable des artistes espagnols à l'égard de l'école française subsiste encore, car parmi ceux qui ont envoyé à l'Exposition universelle, plusieurs. d'entre eux se sont fait inscrire comme élèves de MM. Ary Scheffer, Paul Delaroche, Calamatta et de M110 Rosa Bonheur. On pourrait même dire qu'en ce moment l'école espagnole a une propension à imiter trop complaisamment celle de France, surtout dans la peinture de portraits1. Et, en effet, à cela près du costume des personnages, de celui des femmes surtout, qui retient encore quelque chose de national, les portraits espagnols qui figurent en ce moment à l'exposition ont un air de famille avec ceux de MM. Dubufe et Winterhalter. »

« L'école académique de David déborda entièrement sur l'Allemagne pendant les premières années du xix* siècle, » dit Raczinski. Cette influence cessa quand la réaction politique contre la France napoléonienne commença. L'Allemagne se souleva alors contre l'école française; on opposa YAltdeutsch au style français, et, en 1814, les frères Boisserée détrônèrent le style de David, en popularisant le goût du vieux style gothique allemand. .

Les grands élèves de David n'eurent pas moins d'action et d'influence que leur maître. J. Gorbitz, Norvégien, Bégas, Prussien, et l'anglais Bonnington furent les élèves de Gros. Sparrgren, miniaturiste suédois, se forma à l'école d'Isabey. Schirmer, peintre de paysages de Dusseldorf, Louis Krevel, peintre de portraits de Cologne, Camuccini, de Rome, se sont formés à Paris ; on pourrait encore grossir cette liste, si elle n'était déjà trop longue.

1 « Aujourd'hui, sans l'écusson semé de lions et de tours, on confondrait aisément les peintres d'Espagne avec les nôtres (au palais de l'Exposition universelle) ; c'est le cas d'appliquer le mot si connu : ■ Il n'y a plus de Pyrénées ». — Th. Gautier.

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L'influence de notre école augmenta après le triomphe des romantiques. Les étrangers vinrent en grand nombre étudier la peinture, surtout à Tatelier de Paul Delaroche; les sculpteurs et les architectes ne furent pas moins nombreux.

Il nous reste maintenant à parler des peintres français qui ont travaillé à l'étranger, ou pour l'étranger, pendant la Restauration et le règne de Louis-Philippe. Nous aurons à citer en première ligne, David, qui se retira en Belgique et y exerça une action toute puissante sur l'école flamande ; Gérard, Isabey et Gros, qui ont fait beaucoup de portraits, t C'était une faveur que d'être peint par Gérard ', et les tètes couronnées elles-mêmes se sentaient honorées de la condescendance qu'il leur témoignait \ »

Toute une colonie d'artistes alla au Brésil ; elle se composait de Lebreton, N.-A. Taunay, Debret, A.-M. Taunay, sculpteur, Grandjean de Montigny, architecte, F. Taunay, peintre de paysages. — En Russie, nous trouvons Swebach, directeur de la manufacture impériale de Saint-Pétersbourg, Benner, miniaturiste, Horace Vernet, Laduraer, Eugène Pluchard; — en Angleterre, Francia, peintre d'aquarelles. Si l'école anglaise, par son originalité absolue, rejette tous nos artistes, elle appelle en revanche nos décorateurs, nos orfèvres, nos ornemanistes; ce sont les orfèvres Yechte, Bisson, Morel, qui ont donné la victoire à l'orfèvrerie anglaise aux expositions universelles de Londres et de Paris. — Nous trouvons encore en Italie : Fabre, à Florence ; Pecquignot, à Naples ; Chauvin, Boguet et Ingres à Rome ; Joseph Colignon, directeur de l'Académie de Sienne.

Beaucoup d'autres ont travaillé pour l'étranger. M. Brascassat, le peintre d'animaux, a fait de nombreux tableaux pour la Belgique, la Hollande et l'Allemagne. Nos verriers, MM. Lobin, Claudius Lavergne et Ed. Fiot, par leurs travaux pour l'Angleterre et pour Rome ont Tendu à la peinture sur verre sa vieille renommée européenne. Nos orfèvres (Froment-Meurice) , nos fabricants de bronze (Denière), nos potiers (Avisseau), nos sculpteurs avaient la même renommée à l'extérieur.

Nous ne pouvons mieux terminer ce chapitre qu'en reproduisant l'appréciation du Moniteur* sur la peinture à l'exposition universelle de 1855.

t L'exposition ne présente, à proprement parler, que quatre divisions : la France, l'Angleterre, la Belgique et l'Allemagne ; et encore, à l'exception de la galerie anglaise, un grand nombre de toiles qui

1 Le prix de ses portraits en pied (figure seule) était de 10,000 francs, à très-peu d'exceptions près, et n'a jamais dépassé 12,000 francs pour les souverains comme pour les particuliers.

* JLenormant, Vie de Français G&ard.

1 22 novembre 1895.

figurent dans les galeries de rAutriohe, de la Bavière, du Danemark, de PHspagne, de la Norvège, de l'Amérique même, ont été déjà vues à Paris aux précédentes expositions. Nos livrets ont déjà cité les noms de leurs auteurs. La plupart nous appartiennent, les uns par la naissance, les autres par leurs études ou leur séjour à Paris, les autres aussi par les récompenses que la France leur a déjà décernées : tous sont venus chercher en France le goût, l'inspiration, le talent. »

cwumiw.

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