‹ Les artistes littérairesChapitre 106 sur 160 · Livre III · texte numérisé non relu

Livre III

comme à Faccomplissemenl de ses plus chères espérances. C'est donc bien un abîme qui sépare les deux civilisations, alors même qu'elles semblent se toucher. Avant que la soif du non-être ait commencé à passer de l'une dans l'autre, il faudra des siècles et des siècles, et, de nos jours seulement, nous aurons des poètes tels qu'Alfred de Vigny, pour proclamer l'existence « un accident douloureux entre deux sommeils infimis * » ; des métaphysiciens tels que Schopenhauer, pour résumer leur système dans le mot rien ^ ; des artistes tels que M. Leconte de Lisle, pour découvrir une source d'inspiration artistique dans les mornes déserts du nihilisme.

On sait combien sont clairsemés dans l'œuvre de celui-ci les fragments à forme personnelle; or, comme si toutes ses préoccupations intimes n'avaient été continuellement tournées que vers un objet unique, presque toujours chaque morceau se termine par un appel à l'immobilité et au vide du trépas, une invocation à « la nuit qui n'aura point d'aurore » .

Et toi, divine Mort, où tout rentre et s'etlacc, Accueille tes eufants dans ton sein étoile ; Affranchis-nous du temps, du nombre et de l'espace, Et rends-nous le repos que la vie a troublé ".

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